ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Marche de protestation des
enseignants et chercheurs
"Si vous
trouvez que l'école coûte cher, essayez donc
l'ignorance"
Les enseignants et chercheurs
n'ayant pas été reçus au Sénat et à la
Primature, ont décidé de geler les cours
jusqu'au mercredi 14, date de la prochaine
assemblée.
LES
enseignants et chercheurs, membres ou non du
Syndicat national des enseignants et chercheurs
(Snec) et de la Force de réflexion et d'action
pour l'enseignement supérieur (Frapes) ont,
hier, battu le bitume, ainsi qu'ils l'avaient
annoncé.
Il faut dire que c'est une
procession lus que réussie, au regard dé la
mobilisation des enseignants: près de 254
marcheurs qui ont parcouru, sans problèmes,
l'itinéraire.
Si les responsables du palais
Omar Bono (Sénat) et du 2-Décembre (la
Primature) ont affiché un mépris sou
verain à l'endroit des
universitaires, ceux du palais Léon Mba
(Assemblée nationale) ont eu de la considération
pour les enseignants et chercheurs. Et c'est le
premier vice-président de cette institution
constitutionnelle, le Pr Daniel Ona Ondo qui a
écouté la déclaration des marcheurs. Ironie du
sort ?
Le président du Snec,
Jean-Rémy Yama l'a informé de ce que le 1er
février de l'année en cours, un enseignant a été
agressé sur le campus de l'Université Omar Bongo
(UOB), par une horde d'étudiants surexcités.
Cet acte odieux, selon le
président du Snec, a conduit les enseignants de
l'UOB à suspendre, le lendemain, toutes les
activités pédagogiques et de recherche. "Face
à cet acte inqualifiable,les enseignants et
chercheurs des Universités, Grandes écoles et du
Cenarest expriment leur indignation et leur
colère", a-t-il dit, avant de rappeler que
d'autres enseignants ont été, dans un passé
récent, victimes d'humiliations, d'injures, de
menaces de mort,
d'agressions au pétard et au
cocktail molotov.
Les auteurs de ces actes,
a-t-il signalé, sont souvent restés impunis, et
ont pour certains entre eux, été promus aux
hautes fonctions de l'Etat dans l'Exécutif et le
Législatif.
Cette violence qui tend à
s'installer, a-t-il ajouté, est l'expression
d'un malaise au sein des Universités et traduit
une déconsidération pour la fonction
d'enseignant-chercheur. Alors qu'on demande aux
universitaires l'excellence. Cherche t-on
l'excellence lorsqu'on donne 300 millions aux
étudiants pour l'achat des livres en lieu et
place de ceux qui sont qualifiés pour le faire ?
Lorsque l'Exécutif est indifférent face au
traitement peu amène réservé aux enseignants des
Universités et aux gestionnaires de ces
Institutions du savoir ? Lorsque des étudiants,
anciens bagnards, font des dons d'antennes
paraboliques aux autres étudiants ?
Les enseignants, à travers
leur porte-parole, ont exigé des hommes
politiques qu'ils fassent cesser immédiatement
ces agressions, en mettant en place les mesures
devant assurer la sécurité dans les Universités
et en interdisant qu'elles soient politisées.
Autrement dit, l'Exécutif doit tout faire pour
que l'on respecte et applique la Constitution, à
cause de ce qu'elle garantit la protection de la
personne humaine.
Par ailleurs, ils ont demandé
que des mesures tendant à revaloriser la
fonction d'enseignant-chercheur soient prises.
Car, c'est à ce prix qu'on peut avoir une
Université gabonaise compétitive.
Signalons que l'attitude de
mépris affiché par la Primature fait peser
l'incertitude quant à la fermeté des sanctions à
prendre à l'encontre des étudiants coupables
d'agression. En ce qu'elle est venue gêner la
position des universitaires, ces derniers ont
décidé du gel des cours jusqu'au mercredi 14
février, date de la prochaine Assemblée
générale. "Si vous trouvez que l'éducation
coûte cher, essayez donc l'ignorance". Cette
boutade du Président Abraham Lincoln est plus
que jamais d'actualité.