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Le quotidien l'Union du 10 et 11 Février 2007

 

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Marche de protestation des enseignants et chercheurs

"Si vous trouvez que l'école coûte cher, essayez donc l'ignorance"

Les enseignants et chercheurs n'ayant pas été reçus au Sénat et à la Primature, ont décidé de geler les cours jusqu'au mercredi 14, date de la prochaine assemblée.

LES enseignants et chercheurs, membres ou non du Syndicat national des enseignants et chercheurs (Snec) et de la Force de réflexion et d'action pour l'enseignement supérieur (Frapes) ont, hier, battu le bitume, ainsi qu'ils l'avaient annoncé.

Il faut dire que c'est une procession lus que réussie, au regard dé la mobilisation des enseignants: près de 254 marcheurs qui ont parcouru, sans problèmes, l'itinéraire.

Si les responsables du palais Omar Bono (Sénat) et du 2-Décembre (la Primature) ont affiché un mépris sou

verain à l'endroit des universitaires, ceux du palais Léon Mba (Assemblée nationale) ont eu de la considération pour les enseignants et chercheurs. Et c'est le premier vice-président de cette institution constitutionnelle, le Pr Daniel Ona Ondo qui a écouté la déclaration des marcheurs. Ironie du sort ?

Le président du Snec, Jean-Rémy Yama l'a informé de ce que le 1er février de l'année en cours, un enseignant a été agressé sur le campus de l'Université Omar Bongo (UOB), par une horde d'étudiants surexcités.

Cet acte odieux, selon le président du Snec, a conduit les enseignants de l'UOB à suspendre, le lendemain, toutes les activités pédagogiques et de recherche. "Face à cet acte inqualifiable,les enseignants et chercheurs des Universités, Grandes écoles et du Cenarest expriment leur indignation et leur colère", a-t-il dit, avant de rappeler que d'autres enseignants ont été, dans un passé récent, victimes d'humiliations, d'injures, de menaces de mort,

d'agressions au pétard et au cocktail molotov.

Les auteurs de ces actes, a-t-il signalé, sont souvent restés impunis, et ont pour certains entre eux, été promus aux hautes fonctions de l'Etat dans l'Exécutif et le Législatif.

Cette violence qui tend à s'installer, a-t-il ajouté, est l'expression d'un malaise au sein des Universités et traduit une déconsidération pour la fonction d'enseignant-chercheur. Alors qu'on demande aux universitaires l'excellence. Cherche t-on l'excellence lorsqu'on donne 300 millions aux étudiants pour l'achat des livres en lieu et place de ceux qui sont qualifiés pour le faire ? Lorsque l'Exécutif est indifférent face au traitement peu amène réservé aux enseignants des Universités et aux gestionnaires de ces Institutions du savoir ? Lorsque des étudiants, anciens bagnards, font des dons d'antennes paraboliques aux autres étudiants ?

Les enseignants, à travers leur porte-parole, ont exigé des hommes politiques qu'ils fassent cesser immédiatement ces agressions, en mettant en place les mesures devant assurer la sécurité dans les Universités et en interdisant qu'elles soient politisées. Autrement dit, l'Exécutif doit tout faire pour que l'on respecte et applique la Constitution, à cause de ce qu'elle garantit la protection de la personne humaine.

Par ailleurs, ils ont demandé que des mesures tendant à revaloriser la fonction d'enseignant-chercheur soient prises. Car, c'est à ce prix qu'on peut avoir une Université gabonaise compétitive.

Signalons que l'attitude de mépris affiché par la Primature fait peser l'incertitude quant à la fermeté des sanctions à prendre à l'encontre des étudiants coupables d'agression. En ce qu'elle est venue gêner la position des universitaires, ces derniers ont décidé du gel des cours jusqu'au mercredi 14 février, date de la prochaine Assemblée générale. "Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez donc l'ignorance". Cette boutade du Président Abraham Lincoln est plus que jamais d'actualité.

Source : Journal L'Union Plus du 10 et 11 Février 2007

 



   

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