SUITE AUX PERTURBATIONS SUR LE
RÉSEAU D'ÉLECTRICITÉ À LIBREVILLE
François
Ombanda : "Tout dépend du retour des pluies"
Pour autant, le
président-directeur général de la SEEG annonce
la diversification des sources de production,
notamment avec le renforcement de la puissance
de la centrale d'Owendo par l'acquisition de
deux nouveaux groupes électrogènes de très forte
capacité.
COMME
jamais ils l'ont vécu, les habitants de
Libreville connaissent depuis le début de la
semaine de graves perturbations dans la
fourniture de l'énergie électrique. Pendant ce
temps, la société chargée d'acheminer l'énergie,
de la distribuer et de la vendre, multiplie les
campagnes d'explication qui, contrairement à
l'effet espérer, ont le don d'énerver davantage
une population en proie à des difficultés de
toutes sortes : chaleur, moustiques,
détérioration des aliments, etc.
Selon le P-DG de la SEEG,
c'est la faible pluviométrie observée ces
derniers mois, conséquence des dérèglements
climatiques dans notre pays et à l'échelle
planétaire, qui a entraîné la baisse du niveau
des eaux dans le barrage de Kinguélé-Tchimbélé,
causant une diminution de 75% de son volume
d'eau habituel. La situation est d'autant plus
dramatique que ce barrage assure près de 60% des
besoins en électricité de la capitale gabonaise.
Habituellement, d'une hauteur
d'eau de 531,11 mètres, le niveau actuel de la
retenue d'eau au barrage de Tchimbélé dont la
centrale alimente Libreville, a atteint mercredi
dernier la hauteur de 519 m par rapport au
niveau de la mer. Ce qui, du reste, n'est pas
sans causer des désagréments à la population de
la capitale qui dans notre édition d'hier a
exprimé son indignation face à cette situation
inconfortable.
Conscient du lourd tribut
payé par les Librevillois, le
président-directeur général de la Société d'eau
et d'énergie du Gabon (SEEG), François Ombanda,
entouré de ses plus proches collaborateurs, a
annoncé au cours d'un point de presse tenu
avant-hier à la SEEG, l'apport imminent de
nouvelles sources d'énergie. Ainsi, Libreville
ne sera plus tributaire de la "dictature de
l'eau". Pour cela, déclare M. Ombanda, un
contrat vient d'être signé avec la société
Perenco pour la fourniture de gaz qui est, du
reste, une énergie universelle et utilisée
partout dans le monde. Aussi, la SEEG a-t-elle
entrepris des travaux visant à renforcer la
puissance de la centrale d'Owendo par
l'acquisition de deux nouveaux groupes
électrogènes d'une capacité de 15 mégawatts
chacune et qui permettront ainsi à ladite
centrale de passer progressivement de 83 MW à
103 MW, d'ici à juillet 2007 et de fonctionner
au gaz d'ici fin mars 2007.
Pour l'heure, un plan de
délestage est appliqué, souligne-t-il, en
fonction des quartiers et en fonction de la
demande d'énergie. "Nous délestons autour de
1 % dans la journée et à 15% entre l9 heures et
minuit. Un programme est établi à titre
indicatif, mais nous ne le publierons pas pour
des besoins de sécurité des personnes et des
biens", a-t-il déclaré.
Par ailleurs, dans cet
intervalle, il convient, rappelle-t-il, que
chaque citoyen puisse faire montre de solidarité
par des petits gestes utiles pour économiser
l'électricité et l'eau. D'accord, répondent les
citoyens qui rétorquent que c'est plutôt à
l'administration qu'il faut donner le conseil de
faire ces gestes utiles.
En effet, quel citoyen ne se
rappelle-t-il pas avoir vu, en passant la nuit
au centre-ville ou sur le boulevard Triomphal,
des bâtiments administratifs éclairés à giorno,
toutes climatisations centrales ronflantes ?