NÉGOCIATIONS SUR LES
RÉAJUSTEMENTS DES SALAIRES
Les
membres de la Cosyga dressent le bilan à
mi-parcours
Plusieurs blocages, selon eux,
entravent encore l'évolution desdites
négociations. Ils invitent, par conséquent, le
gouvernement à prendre ses responsabilités et à
mettre en place des instruments du dialogue
social, prévus par le code du travail.
LES
négociations salariales débutées en novembre
2006 connaissent jusqu'à ce jour de nombreux
blocages, notamment à Libreville, Port-Gentil et
Moanda. La déclaration a été faite hier matin
par Tonda Mikiela, le secrétaire national de la
Confédération syndicale gabonaise (Cosyga), au
cours d'un point-presse auquel prenaient
également part l'ensemble des membres de cette
structure syndicale.
Ce constat, selon Tonda
Mikiela, a été établi à la suite de la séance de
travail tenue le samedi 3 février dernier avec
le bureau exécutif de la Cosyga, les
négociateurs et 'ensemble des membres. Laquelle
leur a permis de comprendre et d'évaluer leurs
forces et faiblesses, et surtout de prévenir
l'avenir de manière sereine.
Au rang des causes de l'échec
de ces négociations, l'on mentionne dans un
premier temps, reconnaît le secrétaire général,
la prise en compte de plus de, dix centrales
syndicales dans le processus de discussion. Ce
qui est, du reste, inconcevable dans les pays
modernes. Ensuite, la réticence de certaines
centrales syndicales à se positionner sur la
liste des négociateurs et la confusion
entretenue par les représentants de certaines
entreprises entre les grilles internes et celles
conventionnelles.
Face à cette débâcle,
souligne Tonda-Mikiela, le gouvernement de la
République, notamment le ministère du Travail et
de l'Emploi, est invité à prendre ses
responsabilités, afin de moderniser le
fonctionnement de ce département dont dépend la
production de richesses de notre pays. Ceci par
la mise en place urgente des instruments du
dialogue social prévus par le code du Travail, à
savoir; la Commission nationale d'études des
salaires, la Commission consultative du travail
et le Comité technique pour la sécurité et la
santé au travail. "L'absence de ces instruments
dans notre pays à l'heure actuelle nous fait
plonger dans un retard de plus de 45 années. La
question qui se pose ici, est celle de savoir,
pourquoi ces décrets et arrêtés existant depuis
1994 sont-ils restés dans les tiroirs pendant
plus de 16 ans?", a-t-il indiqué. Avant
d'attirer "l'attention des décideurs devant le
danger des débordements qui pourraient survenir
du fait du manque d'application des textes
prévus par le code du Travail".
REAJUSTEMENTS• Les
membres de la Cosyga présents à la séance de
travail de samedi dernier avec la tutelle
souhaitent que la décision de la date de prise
d'effet des réajustements des salaires soit
reconsidérée et que le gouvernement la situe au
ter octobre 2006, au lieu de janvier 2007. "Le
contraire relèverait tout simplement de la
provocation gratuite. Car, il pour rait produire
un bras de fer entre les producteurs de la
richesse nationale que sont les travailleurs des
secteurs parapublics et privés, ainsi que les
pourvoyeurs des moyens gué sont l'Etat et les
employés , a dit Tonda-Mikiela.
Par ailleurs, le ministre du
Travail et de l'Emploi, Christiane Bitougat, a
donné des assurances quant à la reprise dans les
meilleurs délais desdites négociations, même
dans tous les secteurs où elles ne seraient pas
allées à terme. C'est le cas notamment du
secteur des mines où l'administration du Travail
a commis une faute technique en dressant un
procès-verbal définitif au lieu d'un
procès-verbal de carence. "Nous souhaiterions
suggérer ici que cette reprise soit également
valable pour tous les secteurs dont les
négociations auraient faussement abouti (...) et
les secteurs émergents comme les pharmacies, les
cliniques, etc., qui ne détiennent aucune grille
salariale conventionnelle", a-t-il dit en guise
de conclusion.