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Le quotidien l'Union du 09 Février 2007

 

DE LA LEGITIMITE DE CERTAINS DEPUTES

Doit-on revoir la loi électorale ?

Bon nombre de députés de la XIe législature ont été élus avec des scores très faibles. Ajoutée au fort taux d'abstention et d'un découpage électoral parfois sur mesure, la légitimité de plusieurs d'entre eux peut être mise en cause, tout comme le mode de scrutin à un tour.

EN dépit du lourd contentieux électoral actuellement en examen à la Cour constitutionnelle, les élections législatives du 17 décembre dernier se sont, pour beaucoup d'acteurs politiques, bien déroulées. Un satisfecit qui s'est plutôt fortement exprimé dans les rangs de la majorité présidentielle, mais qui n'occulte pas pour autant le fait que beaucoup d'entre eux souffrent d'une absence de légitimité pour peu qu'ils ont été élus par suffrages pour le moins riquiqui ajouté au fort taux d'abstention qui a encore un peu plus compliqué les choses.

En effet, sur les 120 députés élus au soir du 17 décembre, plus de la moitié l'a été en dessous de la barre de 50% des suffrages exprimés. De plus certains scores situés au-dessus de cette barre ont un caractère plutôt flatteur, sinon trompeur, du fait du nombre d'électeurs insignifiant dans plusieurs de ces sièges.

Comme en témoignent les cas ci-dessous énumérés. En commençant par celui de la commune de Mouila dans la province de la Ngounié où le candidat du PSD, Pierre-Claver Maganga Moussavou a été élu avec 1432 voix soit 36,51 % des suffrages exprimés. Ainsi, pour le ministre d'Etat en charge des Transports le pourcentage des suffrages exprimés est nettement plus faible que celui par exemple de l'élu du département de la Doya-Onoye (Mouila) qui a obtenu 89,11% des suffrages exprimés mais qui n'a été voté que par 409 électeurs, même si toute proportion gardée le nombre d'inscrits dans la commune est bien évidemment supérieur à celui du département. Ce qui n'enlève rien au fait que c'est une poignée d'électeurs qui l'a porté à l'Assemblée nationale. L'élu du département de l'Abanga-Bigné, Paul Ndong Nguéma a quant à lui reçu les faveurs de 459 électeurs pour des suffrages exprimés de 39,07%.

La question est maintenant de savoir si dans ces conditions on peut dire que les députés élus le 17 décembre dernier bénéficient de la légitimité populaire et qu'ils peuvent, à cet égard, prétendre réellement représenter le peuple ?

ABSTENTION•Assurément, le mode de scrutin à un tour instauré au lendemain de la révision constitutionnelle intervenue le 19 août 2003 ne semble pas pour le moins donner à certains députés de la Xle législature cette légitimité tant souhaitée. Si au nombre des raisons invoquées pour justifier la révision constitutionnelle figurait en première ligne le coût élevé des élections, même si celui-ci n'avait pas forcément été démontré, d'autant plus que la plupart des candidats l'emportaient dès le premier tour, il se trouve, et c'est l'avis de nombre d'observateurs de la vie politique nationale, que ce mode de scrutin met en cause la légitimité de beaucoup de candidats dans bien des circonscriptions du pays et qu'il serait temps peut-être de revoir si l'on veut donner un peu plus de consistance et de représentativité à l'élection des députés.

Comment comprendre que dans une circonscription comme celle de la commune de Mouila qui compte 13089 inscrits, il n y ait eu que 3922 électeurs à avoir exprimé leurs suffrages. Plus de 9000 d'entre eux ayant choisi l'abstention. Les élections, apparemment, n'attirant plus le grand monde, et les dernières élections législatives, à l'évidence, n'ont nullement échappé à cette tendance.

Aussi; l'absence de légitimité s'explique-t-il du fait d'un découpage électoral souvent arbitraire. Aucun minima n'est prévu par la loi de façon qu'en dessous de celui-ci l'élection soit invalidée.

En tout cas plusieurs partis politiques, notamment de l'opposition, n'ont pas manqué de relever la faiblesse du mode de scrutin à un tour si bien que l'un d'entre eux, en l'occurrence le PGP, a même souhaité que la classe politique se retrouve une fois de plus pour discuter de l'ensemble des problèmes à l'origine du blocage de l'avancée démocratique. Il revient donc à la classe politique d'examiner la question.

Source : Journal L'Union Plus du 09 Février 2007

 



   

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