JUSTICE/ACTION DU MAIRE, ME
NDAOT, CONTRE DEUX DE SES ADJOINTS ET L'UNION
Nouveau
rendez-vous le 20 mars prochain
Relevant plusieurs
irrégularités contenues dans les procédures des
citations directes en correctionnelle à
l'encontre des mis en cause - deux des
conseillers municipaux et du quotidien national,
par le biais de son directeur général et de la
publication – les avocats de la partie opposée
au requérant ont établi leur nullité, au cours
de l'audience de mardi dernier au tribunal de
Port-Gentil. Le président de la Cour, deux
heures plus tard, a dû se plier à cette exigence
décidant du report dans près d'un mois et demi.
Après que le ministère public a fait état d'une
correspondance du collectif des sages et des
chefs quartiers reçue la veille et sollicitant
justement que cette audience soit reportée.
SALLE du tribunal
correctionnel archicomble où l'assistance
attendait, avec une certaine fièvre, l'issue de
l'action initiée par l'édile de la ville contre
deux de ses adjoints. Atmosphère de grandes
affaires mardi après le premier report, le 23
janvier dernier la fixant ce jour-là.
En matière de justice comme
dans bien d'autres, de la forme dépend le fond.
Et pour la circonstance, on y est pas du tout
allé, d'autant qu'on s'est presque enlisé dans
un débat sur la procédure qui, de l'avis de la
défense de la partie opposée au requérant Me
Séraphin Ndaot-Rembogo (présent à l'audience),
n'avait pas revêtu les contours légaux.
On a vu l'avocat du maire
central, Me Diop, introduire, séance
tenante, des citations directes additionnelles,
à verser, souhaitait-il, dans chaque dossier,
faisant même retirer l'assignation libellée
préalablement au nom du réacteur en chef de
L'Union, en citant cette fois-ci son premier
responsable, Albert Yangari. Affaire non
inscrite au rôle du tribunal. II tenait mordicus
à uniformiser toutes ces procédures auprès de la
cour présidée par Raphaël Tsitsaba.
Le quotidien national a aussi
été cité dans la même affaire, par l'entremise
de son directeur général et directeur de la
publication, pour "diffamation par voie de
presse", au regard des quelques articles de
notre correspondant dans la capitale économique,
René Akone Dzope.
Ce dernier a relayé les
propos tenus par les deux collaborateurs de
l'édile de Port-Gentil susnommés au cours de
leur point-presse tenu, après qu'ils ont rejeté
majoritairement (29 contre 25) les prévisions
budgétaires proposées par Me Ndaot, par ailleurs
président du Conseil municipal, lors de sa
dernière session de l'année 2006, avec comme
principal ordre du jour l'examen du budget
primitif 2007, précédant son vote.
C'est à ce niveau que ses
contradicteurs, Mes Erie Missou et Bongho
Mavoungou, qui visiblement avaient des arguments
à faire valoir pour défendre au mieux Vincent de
Paul Demouenzi Agondjo et Jean-Nicaise Mounzéo,
respectivement 2e et 4e adjoints au maire cités
en correctionnelle, de même que Me Lubin
Ntoutoume, avocat de L'Union, ont relevé
quelques anomalies.
REFERENCES INEXACTES •
C'est là où tout s'est joué ! Me Diop tentant de
donner une note de persuasion à ses arguments
battus en brèche par ses jeunes confrères qui
ont tôt fait de mettre en avant des incongruités
contenues dans sa démarche recourant aux
prescrits de la loi tel que le prévoit le Code
de procédure pénale. Mettant à nu une étonnante
contradiction et une certaine incohérence lui
semblent avoir dérouté plus d'un.
Un débat sur l'application
des dispositions légales en cette matière
s'ensuivit et le président de séance s'activait
a canaliser les interventions de toutes les
parties en présence, avec des avis du procureur
de la République, en sa qualité de ministère
public.
Et, tout le monde avait l'air
de patauger dans ce capharnaüm, qualifié ainsi
par l'un des avocats de la défense des accusés,
faisant valoir que le désordre n'a bas cours
dans un prétoire ou l'approximation ne peut être
de mise.
Dans l'entre-temps,
l'assistance apprendra que le cas de notre
correspondant n'étant pas non plus enregistré,
dans les normes requises (décidément), allait
faire l'objet d'une audience ultérieure et Me
Diop de demander qu'il comparaisse seul.
A partir de cet instant,
cette affaire n'avait plus de chance d'aller
jusqu'au bout pour qu'elle soit examinée au
fond, ainsi que l'espérait ardemment la défense
des prévenus qui a mis en lumière "des
références inexactes" contenues dans cette
procédure "à plusieurs têtes" .
Personne n'a intérêt à mettre
le feu aux poudres dans la capitale économique,
a tenu à souligner le procureur de la
République, garant de l'ordre dans là société,
faisant état d'une correspondance reçue la
veille, émanant du collectif des sages et chefs
de quartiers qui s'est prononcé pour le report
de l'audience.
Dès lors l'embarras a gagné
la cour dont le président se proposait de porter
à la connaissance de l'assistance la teneur de
cette lettre ce à quoi s'est opposé la partie
défenderesse. La séance a été levée à ce niveau
précis et le parquet a fait la promesse de aire
tirer la photocopie de cette pièce pour la
gouverne des différents avocats, en attendant le
20 mars, nouvelle date décidée par la cour.
Beaucoup d'observateurs se
sont demandé les mobiles réels ayant milité en
faveur de la tenue de ce procès, bien plus, le
sens de la plainte, après la médiation du chef
de l'Etat qui a reçu les parties en conflit. On
aurait dû, en bonne logique, ne pas en arriver
là, en mobilisant autant d'énergies !