ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Assemblée générale du Syndicat
national des enseignants et chercheurs (Snec) du
Gabon
L'ensemble de la corporation dans la danse
Enseignants et chercheurs de
Libreville et Franceville, syndiqués ou non, se
sont réunis, hier, à l'UOB, pour marquer leur
solidarité à leur collègue, victime de la furie
estudiantine.
LES
enseignants et chercheurs sont déterminés à
recouvrer leur dignité bafouée. Il ne veulent
plus subir continuellement. Ils agissent. A cet
effet, depuis l'agression dont a été victime
Médard Obiang Ebanéga du département de
Géographie, ils multiplient des réunions.
La dernière en date, c'est
l'assemblée générale convoquée, hier, à
l'initiative du Syndicat national des
enseignants et chercheurs (Snec) du Gabon, dans
la salle de première année de droit. Qui n'a pas
drainé grand monde, alors que le contexte actuel
marqué, par de nouveaux soubresauts au sein de
l'Université Omar Bongo (UOB) devait les inciter
à la mobilisation.
Qu'à cela ne tienne, deux
informations ont été livrées à l'assemblée.
D'abord, la décision de Jean-Rémy Yama et
d'Etienne Nsi, respectivement président et
vice-président du Snec, de quitter le bureau
national. Au motif qu'il faut laisser la place
aux autres. L'aménagement du bureau national,
a-t-on appris, se fera en mars, au cours d'une
assemblée générale extraordinaire. Ensuite, la
tenue, aujourd'hui, des conseils de discipline
des Facultés de Droit et Sciences économiques (Fdse)
et des Lettres et Sciences humaines (Flsh).
Si quelques participants ont
refusé que la démission du bureau fût à l'ordre
du jour de la réunion d'hier, Jean-Rémy Yama a
assuré que les conditions seront réunies pour
assurer une transition en douceur.
Désormais jusqu'au-boutistes,
les enseignants et chercheurs des trois
universités, appréciant les décisions prises par
le Snec UOB, ont estimé que l'agression de
l'enseignant susmentionné est une occasion pour
marquer la solidarité du corps qui est un et
indivisible.
Aussi, ont-ils proposé, dans
l'immédiat, un mouvement d'ensemble qui se
traduirait par un arrêt total des cours, en
guise de protestation. La durée de cette
suspension est à l'appréciation des enseignants.
COURS GELÉS. Etant
donné qu'à l'UOB les cours sont gelés, il
a été demandé aux autres institutions et
grandes écoles d'exprimer leur
mécontentement face à la barbarie estudiantine
et l'absence de sécurité, par une suspension des
enseignements.
Une marche est prévue, le
vendredi 9 février 2007, à partir de 10 heures.
Le rassemblement se fera à l'UOB, sur le parvis
du Rectorat. La procession des enseignants et
chercheurs s'ébranlera, passant devant
Radio-Gabon; empruntera la route - le boulevard
Triomphal - qui mène aux endroits symboliques de
la République: les Palais Léon Mba (Assemblée
nationale) et Omar Bongo Ondimba (Sénat) et
l'immeuble du 2-Décembre (Primature).
A chaque station, les
marcheurs déposeront, aux responsables desdites
institutions républicaines, une lettre de
protestation.
VILENIES • Il faut dire
que tous ces actes montrent bien que les
enseignants, dont la réputation a été ébréchée
par feus vilenies au sein du campus, refusent
les humiliations dont ils sont l'objet. Tout
comme ils veulent dire qu'on e peut leur imputer
les déficits et manquements constatés dans les
différentes institutions du savoir et qui
entraînent souvent à la violence aveugle des
étudiants et des personnels ATOS.
Signalons que mercredi 14
février prochain, une autre assemblée générale
se tiendra pour apprécier le cahier de charges
dont l'élaboration est imminente et les avancées
constatées à la suite de l'agression, par les "Seigneurs
du chahut et de la contestation stérile", de
l'enseignant Médard Obiang Ebanéga.
Si l'Université est un ordre,
donc respecte la norme, les politiques sont
invités à traduire sur le terrain de la réalité
au quotidien les mesures visant la protection de
l'enseignant. Pour que cet ordre vive.