PERTURBATION SUR LE RÉSEAU D'ÉLECTRICITÉ
DE LIBREVILLE
Selon un texte que la SEEG a
fait parvenir à notre Rédaction hier, les
longues coupures d'électricité enregistrées dans
la capitale ces temps-ci sont essentiellement
dues à la faible pluviométrie de ces derniers
mois, mais aussi aux travaux de renforcement et
de maintenance de la Centrale d'Owendo que la
société a justement entrepris pour se prémunir
contre les aléas causés par les changements
climatiques.
LE
déficit de pluviométrie illustre concrètement
une des conséquences des dérèglements
climatiques dans notre pays. Il est évident que
la baisse de la pluviométrie va de plus en plus
mettre à mal plusieurs secteurs vitaux de
l'économie du pays. La raréfaction des réserves
en eau due aux changements climatiques n'est pas
une menace hypothétique, mais bel et bien une
réalité pour le Gabon.
La sécheresse qui affecte la
zone de Kinguéle-Tchimbélé, conjuguée à la forte
vague de chaleur qui inonde le pays a un effet
direct de la perturbation des cycles du climat.
Le barrage de Kinguélé
Tchimbélé assure près de 60% des besoins en
électricité de la capitale gabonaise.
Dans un souci d'anticipation,
la SEEG a entrepris des travaux visant à
renforcer la puissance de sa centrale d'Owendo
par l'acquisition de nouveaux groupes
électrogènes de très forte capacité (2 X 15
mégawatts) qui permettront à la centrale de
passer progressivement de 83 MW à 103 MW, d'ici
à juillet 2007 et de fonctionner au gaz (fin
2007).
Cette nouvelle donne devrait
permettre à la SEEG de s'affranchir de la
"dictature de l'eau".
Dans l'intervalle, il
convient de rappeler que chaque citoyen doit
faire montre de solidarité par de petits gestes
utiles pour économiser l'électricité et l'eau.
De son côté, la SEEG se
mobilise pour solliciter toutes les ressources
possibles afin de dégager des capacités de
production supplémentaires, avec le soutien des
autorités nationales et de la municipalité. De
plus, pour faire face à la dégradation brutale
du niveau d'eau à Kinguélé-Tchimbélé, ces
derniers jours, la SEEG a commandé d'urgence une
unité de production de secours, qui doit être
livrée dans les prochains jours par avion-cargo
spécial.
Sauf retour des pluies dans
la région de Kinguélé-Tchimbélé, les
perturbations risquent de se prolonger dans les
prochains jours.
Les agents de la SEEG font et
feront le maximum pour en limiter la durée et
l'étendue. Chaque usager peut également
contribuer à atténuer ces difficultés en
limitant sa consommation, ne serait-ce qu'en
éteignant les lumières qui ne sont pas
indispensables. La somme décès petits gestes
aura un effet d'ensemble considérable.
La SEEG s'attachera à
informer le public de l'évolution de la
situation et présente ses excuses à sa clientèle
pour les désagréments occasionnés.
Le fonctionnement dans les
conditions optimales du barrage de Tchimbélé est
rendu difficile par les conditions de
précipitations défavorables que connaît le pays
depuis ces dernières saisons. La baisse du
niveau des eaux dans le barrage, conjuguée à la
chaleur actuelle ne permet plus à la centrale
électrique de répondre à l'augmentation de
l'appel de puissance suscité par les besoins
croissants des usagers. Habituellement d'une
hauteur d'eau de 531,11 mètres, le niveau actuel
de la retenue d'eau au barrage de Tchimbélé dont
la centrale alimente Libreville, a atteint
mercredi la hauteur de 519 m par rapport
au niveau de la mer.
La dénivellation de 12 mètres
est susceptible d'entraîner des coulures
d'électricité lors de la période de pointe, en
soirée.
Habituellement, les trois
groupes du barrage de Tchimbelé absorbent
ensemble un volume 62 000 litres d'eau par
seconde. La puissance de sortie de Tchimbélé
varie entre 48 MW et 69 MW en fonction de la
demande en électricité des usagers.
Bien que le Gabon dispose
d'un potentiel considérable en matière de
ressources en eau, des insuffisances dans la
gestion de la ressource menaçant la conservation
et la valorisation de son potentiel hydraulique.
Le Gabon à l'instar de plusieurs pays, connaît
un phénomène climatique de grande ampleur qui
traduit par une forte vague de chaleur et une
importante baisse de la pluviométrie. Celle-ci
et sa mauvaise répartition dans le temps et dans
l'espace, ainsi que la diminution des apports en
eau de surface qu'elle entraîne y sont de nature
à pénaliser le fonctionnement dans les
conditions optimales du barrage de Tchimbélé.
Si la carence pure et simple
en eau n'est pas à craindre dans les régions du
Gabon où les quantités précipitées restent
importantes dans l'absolu, les effets de cette
variabilité climatique peuvent, malgré tout, se
révéler désastreux, en ce sens qu'ils modifient
les données d'un équilibre déjà souvent mis à
mal.
Baisse de précipitation,
multiplication de phénomènes météorologiques, le
Gabon est touché de plein fouet par les
changements climatiques. Sa position
géographique le rend particulièrement vulnérable
à ces grands chamboulements mondiaux. La
pluviométrie en berne ces derniers mois n'en est
qu'un des symptômes.