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Le quotidien l'Union du 08 Février 2007

 

PERTURBATION SUR LE RÉSEAU D'ÉLECTRICITÉ DE LIBREVILLE

Selon un texte que la SEEG a fait parvenir à notre Rédaction hier, les longues coupures d'électricité enregistrées dans la capitale ces temps-ci sont essentiellement dues à la faible pluviométrie de ces derniers mois, mais aussi aux travaux de renforcement et de maintenance de la Centrale d'Owendo que la société a justement entrepris pour se prémunir contre les aléas causés par les changements climatiques.

LE déficit de pluviométrie illustre concrètement une des conséquences des dérèglements climatiques dans notre pays. Il est évident que la baisse de la pluviométrie va de plus en plus mettre à mal plusieurs secteurs vitaux de l'économie du pays. La raréfaction des réserves en eau due aux changements climatiques n'est pas une menace hypothétique, mais bel et bien une réalité pour le Gabon.

La sécheresse qui affecte la zone de Kinguéle-Tchimbélé, conjuguée à la forte vague de chaleur qui inonde le pays a un effet direct de la perturbation des cycles du climat.

Le barrage de Kinguélé Tchimbélé assure près de 60% des besoins en électricité de la capitale gabonaise.

Dans un souci d'anticipation, la SEEG a entrepris des travaux visant à renforcer la puissance de sa centrale d'Owendo par l'acquisition de nouveaux groupes électrogènes de très forte capacité (2 X 15 mégawatts) qui permettront à la centrale de passer progressivement de 83 MW à 103 MW, d'ici à juillet 2007 et de fonctionner au gaz (fin 2007).

Cette nouvelle donne devrait permettre à la SEEG de s'affranchir de la "dictature de l'eau".

Dans l'intervalle, il convient de rappeler que chaque citoyen doit faire montre de solidarité par de petits gestes utiles pour économiser l'électricité et l'eau.

De son côté, la SEEG se mobilise pour solliciter toutes les ressources possibles afin de dégager des capacités de production supplémentaires, avec le soutien des autorités nationales et de la municipalité. De plus, pour faire face à la dégradation brutale du niveau d'eau à Kinguélé-Tchimbélé, ces derniers jours, la SEEG a commandé d'urgence une unité de production de secours, qui doit être livrée dans les prochains jours par avion-cargo spécial.

Sauf retour des pluies dans la région de Kinguélé-Tchimbélé, les perturbations risquent de se prolonger dans les prochains jours.

Les agents de la SEEG font et feront le maximum pour en limiter la durée et l'étendue. Chaque usager peut également contribuer à atténuer ces difficultés en limitant sa consommation, ne serait-ce qu'en éteignant les lumières qui ne sont pas indispensables. La somme décès petits gestes aura un effet d'ensemble considérable.

La SEEG s'attachera à informer le public de l'évolution de la situation et présente ses excuses à sa clientèle pour les désagréments occasionnés.

Le fonctionnement dans les conditions optimales du barrage de Tchimbélé est rendu difficile par les conditions de précipitations défavorables que connaît le pays depuis ces dernières saisons. La baisse du niveau des eaux dans le barrage, conjuguée à la chaleur actuelle ne permet plus à la centrale électrique de répondre à l'augmentation de l'appel de puissance suscité par les besoins croissants des usagers. Habituellement d'une hauteur d'eau de 531,11 mètres, le niveau actuel de la retenue d'eau au barrage de Tchimbélé dont la centrale alimente Libreville, a atteint mercredi la hauteur de 519 m par rapport au niveau de la mer.

La dénivellation de 12 mètres est susceptible d'entraîner des coulures d'électricité lors de la période de pointe, en soirée.

Habituellement, les trois groupes du barrage de Tchimbelé absorbent ensemble un volume 62 000 litres d'eau par seconde. La puissance de sortie de Tchimbélé varie entre 48 MW et 69 MW en fonction de la demande en électricité des usagers.

Bien que le Gabon dispose d'un potentiel considérable en matière de ressources en eau, des insuffisances dans la gestion de la ressource menaçant la conservation et la valorisation de son potentiel hydraulique. Le Gabon à l'instar de plusieurs pays, connaît un phénomène climatique de grande ampleur qui traduit par une forte vague de chaleur et une importante baisse de la pluviométrie. Celle-ci et sa mauvaise répartition dans le temps et dans l'espace, ainsi que la diminution des apports en eau de surface qu'elle entraîne y sont de nature à pénaliser le fonctionnement dans les conditions optimales du barrage de Tchimbélé.

Si la carence pure et simple en eau n'est pas à craindre dans les régions du Gabon où les quantités précipitées restent importantes dans l'absolu, les effets de cette variabilité climatique peuvent, malgré tout, se révéler désastreux, en ce sens qu'ils modifient les données d'un équilibre déjà souvent mis à mal.

Baisse de précipitation, multiplication de phénomènes météorologiques, le Gabon est touché de plein fouet par les changements climatiques. Sa position géographique le rend particulièrement vulnérable à ces grands chamboulements mondiaux. La pluviométrie en berne ces derniers mois n'en est qu'un des symptômes.

Source : Journal L'Union Plus du 08 Février 2007

 



   

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