ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 07 Février 2007

 

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Réunion entre les enseignants-chercheurs et la tutelle

Pour une critique lucide afin de surmonter la crise

C'est le présupposé qu'on a pu lire dans le message fort du Pr Albert Ondo Ossa, qui s'est entretenu, lundi après-midi, avec les universitaires

C'est LE ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Albert Ondo Ossa, s'est entretenu avec les recteurs des universités, les directeurs des grandes écoles et les enseignants et chercheurs. Dans la salle des fêtes de l'hôtel Intercontinental Okoumé Palace de Libreville. Cet échange a porté sur l'évocation des problèmes qui minent ces institutions du savoir et les solutions à y apporter.

Avant de revenir sur les causes, le ministre de l'Enseignement supérieur a d'abord fait le bilan de ces dernières années.

On en retiendra que, malgré les soubresauts itératifs, l'Université gabonaise avance. En témoignent ses performances scientifiques: la profusion des thèses de doctorat de qualité, publiquement présentées devant les universités d'Afrique et des pays de l'Occident et d'Amérique du Nord, les résultats plus que satisfaisants au Cames et les habilitations à diriger les recherches. Tout ceci, serait-on tenter de dire, a porté la qualité des enseignants-chercheurs au niveau des standards internationaux.

Cependant, en quelques années, le mal s'y est installé, à tous les niveaux et, sous toutes ses formes, au point où sa présence y est massive, "normale" en quelque sorte. Il ne s'agit plus d'une exception marginal mais presque de la règle. On ne parle que de la chientlit à l'Université. Tous les acteurs de cette institution seraient-ils soudain devenus mauvais en quelques années ?

Si on ne peut l'affirmer, s'il y a beaucoup qui se laissent aller dans une vie où tout et tous sont au service de leurs propres plaisirs, intérêts et prestiges, il y en a beaucoup plus encore, qui sont de bonne volonté et qui voudraient sortir de l'immoralité sans savoir et voir très bien comment s'y prendre.

A l'en croire, la bonne volonté ne suffit pas pour guérir ce mal qui dépare l'Institution, encore faut découvrir les chemins précis par lesquels on peut changer la situation.

CRISE. Dans son message à la communauté universitaire, il apparaît clairement que si les valeurs fondamentales qui orientent la vie humaine restent toujours les mêmes, leur mise en pratique a considérablement changé. Et c'est précisément ce qu'on appelle une crise. Et la crise des moeurs que l'on vit, aujourd'hui, dans notre Université n'est pas isolée :elle trouve son origine dans une crise plus généralisée, celle de la société tout entière.

Pour juguler cette crise, deux aspirations fondamentales ont animé les universitaires. D'une part, faire de l'Université gabonaise le lieu traditionnel de la production et de la transmission de la connaissance, et d'autre part, l'amener à être un partenaire du développement.

Qu'en est-il aujourd'hui de ces deux aspirations fondamentales ?Peut-on se demander à la suite du Pr Albert Ondo Ossa.

D'abord, la première, celle qui consiste à faire de l'Université le lieu traditionnel de production et de transmission de la connaissance. Il ressort du discours du ministre de l'Enseignement supérieur que de nombreux enseignants ne vivent plus dans la pratique des idéaux qu'ils professent. Au point qu'ils sont loin d'être des ouvriers du savoir, des artisans de l'homme, des universitaires. Leurs attitudes cachent le désarroi d'une vie professionnelle privée de toute orientation.

Ensuite, qu'est devenue l'autre aspiration, celle de participer au développement du pays. afin d'en faire un Etat moderne, capable de satisfaire les multiples besoins d'une population croissante et de créer pour chacun les conditions d`une vie digne ? L'expérience quotidienne nous apprend que nous reculons au lieu d'avancer. Le fossé entre l'Université et la société se creuse chaque année davantage.

ATTTIUDE• Devant pareil bilan, fait-il remarquer, plusieurs attitudes se font jour., Certains refusent de voir la réalité en face ou essaient te la camoufler dans les nuages de beaux discours, ou bien ils l'expliquent de telle manière qu'ils s'estiment innocents: la faute est toujours ailleurs que là où ils portent la responsabilité.

Pour le Pr Albert Ondo Ossa, l'Université gabonaise est à la croisée des chemins.

Passant ensuite aux causes, le ministre affirme que depuis longtemps, l'origine du mal réside dans le trafic d'influence, le droit de cuissage et les clivages - clanique, sectaire et autres -instaures dans l'institution depuis sa création. Les intrigues se sont développées au sein de l'Université. Ce qui lui fait perdre sa crédibilité et ne lui permet pas d'apporter une réponse scientifique à la crise à laquelle fait face la société.

Evoquant le dernier acte des étudiants, il a déclaré qu'un disciple ne porte pas la main sur son maître, si cela arrive, alors ce geste mérite réflexion. Car, il pose le problème crucial du fonctionnement de l'Université. Celle-ci s'est détériorée à tel point qu'elle est devenue, si paradoxal que cela puisse paraître, une des causes du sous-développement. Elle n'est pas adaptée aux besoins réels du pays. Au lieu d'être un facteur puissant de conscientisation, de formation humaine et spirituelle qui vise à faire des étudiants des êtres complets, elle est une cause d'aliénation.

L'irresponsabilité et la corruption s'y sont installées. Comment s'attendre â ce que les étudiants s'efforcent de bien travailler s'ils savent que les notes ou le diplôme peuvent être obtenus par voie de corruption ? Et comment l'Université pourrait-elle être un milieu d'éducation morale et civique si les éducateurs, eux6mêmes, leur donnent l'exemple d'immoralité et d'irresponsabilité ?

Si l'on vit à l'ère de la science, donc de la production des connaissances, estime le Pr Ondo Ossa, les universitaires doivent faire une critique lucide tout en gardant confiance dans les possibilités de l'Institution â surmonter la crise. C'est à ce niveau que doit se faire la réflexion sur les questions fondamentales: quel type d'hommes et de société voulons-nous et comment cela peut se traduire dans les programmes d'études et dans le style de l'enseignement ? Car face aux géants que sont le Cameroun et le Nigeria, le Gabon, à travers ses universités, doit développer l'excellence, sortir du marasme et entrer dans le monde du savoir.

A cause de ce que les enseignants courent, depuis le mois de mai, après la reconquête de leur honneur et dignité, le Pr Albert Ondo Ossa a réaffirmé sa volonté de punir sévèrement ceux qui ont été coupables de la violence sur Médard Obiang Ebanéga. Il a, par ailleurs, demandé à Gabrielle Akouango, le directeur du Centre national des oeuvres universitaires (Cnou), d'assainir la cité universitaire, autrement dit d'expulser les étudiants déjà exclus.

Source : Journal L'Union Plus du 07 Février 2007

 



   

CONTENTIEUX ÉLECTORAL
Où en est la Cour ?

DANS LE CADRE DE SA POLITIQUE SOCIALE
Le PGP offre une école primaire aux élèves de Malibé II

AGITATION POLITIQUE A PORT-GENTIL
Du repli au refuge identitaire

CES/EXAMEN DU RECUEIL DES BESOINS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
Les travaux de la commission permanente se sont poursuivis hier

MACRO-ÉCONOMIE
4,3% de croissance attendus pour l'économie gabonaise en 2007

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Pour une critique lucide afin de surmonter la crise

FAIT DIVERS
L'aventure de la bande à Cooper tourne court à Gamba

PORT-GENTIL / JUSTICE/ACTION DU MAIRE CONTRE DEUX DE SES ADJOINTS ET "L'UNION"
L'affaire reportée au 20 mars prochain

Pour moi quoi...Makaya
Moi, Makaya, je me rends compte que je mourrai d'hypertension artérielle à