ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 02 Février 2007

 

INDUSTRIE DU TABAC / DE LOCALISATION DE BRITISH AMERICAN TOBACCO

BAT sacrifie la Cemac

Après avoir renoncé à faire fabriquer les cigarettes Dunhill au Gabon, et donc mis au chômage de nombreuses familles, le Groupe British American Tobacco (BAT) marque son désengagement définitif de la Cémac en fermant son usine de Yaoundé au Cameroun. Pour s'installer au Nigeria.

DERRIÈRE toute industrie, fût-elle celle du tabac, il y a une réalité économique et une dimension sociale. Dans la situation économique difficile qui caractérise actuellement notre pays, de nombreuses familles gabonaises -qui ne comptent pas le moindre fumeur - vivent (ou survivent) grâce à ce secteur d'activités.

Dans un contexte où trouver un emploi relève ou de l'exploit pur, ou de la providence, perdre son travail peut être considéré comme une véritable catastrophe. Que dire lorsqu'il s'agit de fermeture ou de délocalisation d'unités de production ?

C'est précisément à ce jeu que se livre depuis quelque temps le Groupe British and American Tobacco (BAT) au détriment de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac). Cette multinationale est en train de fermer une à une ses usines de cigarettes.

Dans cet espace économique, c'est le Gabon qui, le premier, a dû faire face à ce retrait subtil du groupe BAT. En effet, c'est en décembre 2005 que la société décide de mettre fin au contrat de licence qui la liait à la Sociga (Société de cigarettes gabonaises), filiale du Groupe Impérial Tobacco.

Conséquence: les cigarettes Dunhill, qui étaient fabriquées depuis 25 ans par la Sociga, à la grande satisfaction des consommateurs gabonais, sont désormais fabriquées ailleurs. Les abonnées de Dunhill ont subi, au dernier trimestre 2005, une pénurie qui a été à l'origine d une surenchère de cette marque. BAT arrêtait ainsi la production locale pour se recentrer sur l'importation de cette marque leader de sa gamme de produits. Aujourd'hui, c'est soit d'Afrique du Sud, soit du Nigeria, soit du Bénin que sont importées ces cigarettes.

Cette décision marquait le point de départ de la politique de désengagement de BAT de la Cémac, qui avait manifestement pris le parti de privilégier ses usines du Nigeria et d'Afrique du Sud. Récemment, par un communiqué paru dans la presse camerounaise, ce groupe - avec des tournures d'écriture faisant croire que le groupe était confronté à une concurrence déloyale, mais qui n'ont trouvé personne - a confirmé la fermeture définitive de son usine Bastos à Yaoundé, pour l'implanter au Nigeria voisin, mettant fin à une activité industrielle importante pour la sous-région. "D'entreprise de production et de distribution de cigarettes, peut-on lire, BAT Cameroun va devenir une société de commercialisation et de promotion de produits de tabac"

RISQUES DE CONTREFAÇON • En clair, rien ne sera plus fait sur place. Et c'est à partir du Bénin que le groupe BAT va désormais déverser sa production de cigarettes vers les pays de la Cémac, avec toutes les implications en contrefaçon et en fraude fiscalo-douanière qui vont en résulter.

Pour la zone de la Cémac, cette délocalisation constitue un véritable crime économique. Le Groupe BAT, qui aurait dû contribuer au développement de notre sous-région, participe au contraire à la déstabiliser aux plans social et économique.

Pour minimiser les effets dévastateurs de cette politique de liquidation, l'une des solutions serait pour les différents Etats de la Cémac, de prendre de nouvelles dispositions susceptibles de les mettre à l'abri des manoeuvres de ce type. Et considérer comme une impérieuse nécessité, la redéfinition de la valeur imposable à l'importation des produits BAT.

Une vigilance de tout instant doit désormais caractériser nos Etats qui, si la volonté d'y parvenir ne fait pas défaut, peuvent distinguer le bon grain de l'ivraie. Le bon grain étant l'ensemble des structures économiques qui contribuent effectivement au développement de la Cémac, gué ce soit au plan social, de l'investissement, des infrastructures, etc. L'ivraie étant constitué par tous les pseudo-partenaires qui ont pour seule ambition de presser le jus de la Cémac et de jeter le citron après usage.

Source : Journal L'Union Plus du 02 Février 2007

 



   

ÉDUCATION
Les livres de l'enseignement technique

PRÉSENTATION DES VOEUX DU RASSEMBLEMENT POUR LE GABON (RPG)
Paul Mba Abessole satisfait du travail accompli

INDUSTRIE DU TABAC / DÉLOCALISATION DE BRITISH AMERICAN TOBACCO
BAT sacrifie la Cemac

IMMIGRATION CLANDESTINE
Les 75 "dos mouillés" vont être rapatriés dans leurs pays respectifs

CRISE A L'HÔTEL DE VILLE
Échec de la tentative des notables de rapprocher les protagonistes

Pour moi quoi…Makaya
D
ONC, un quart des dépités (députés, toi aussi!) de la nouvelle "leslature"