VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE
Le
collège évangélique Nang Essono de MeIen de
nouveau sur la sellette
Ses élèves ont organisé une
expédition punitive à l'Institut Kenco, situé qu
quartier La Peyrie, pour une banale dispute à
l'ex-gare routière entre apprenants des deux
établissements.
LA violence
inter-établissements scolaires est-elle de
retour après quelques années d'accalmie ? La
question mérite d'être posée, au regard de ce
qui s'est passe lundi dernier, à l'institut
Kenco, envahi par les élèves du collège
évangélique Nang Essono de Melen, venus régler
leurs comptes à leurs camarades de cet
établissement, situé au quartier La Peyrie. Il a
fallu l'intervention des forces de sécurité pour
apaiser les esprits surchauffés.
Trois des agresseurs ont été
neutralisés et remis à la force publique. Il
s'agit de Dieubéni Essima de la 3e M1 et Jean
Boussougou de la 5e M2, tous deux élèves au
collège Nang Essono de Mélen, ainsi que leur
complice et ami Dany Nzé, un ressortissant
équatoguinéen qui est tout, sauf collégien.
Mais comment en est-on arrivé
là ? D'après les témoignages de quelques-uns des
protagonistes, la rixe a commencé aux alentours
de 12 h 45 pour . une banale dispute qui aurait
eu lieu, auparavant, à l'ex-gare routière entre
des élèves des deux établissements. Non contents
d'avoir été insultés par ceux qu'ils qualifient
d'élèves d'un "mapane", des collégiens de Melen
seraient allés chercher du renfort pour venir "corriger
à domicile" ceux des "matitis".
C'est ainsi qu'à la
mi-journée de lundi, ils ont débarqué, armés de
gourdins et de marteaux à l'institut Kenco.
Sitôt arrivés, ils ont pris en sandwich le
surveillant, debout devant le portail de son
établissement, qu'ils défoncent sans retenue.
Puis, ils se mettent à distribuer des coups à
leurs camarades, hôtes des lieux.
Alertée par le vacarme causé
par cette intrusion violente et les cris des
élèves-filles; la direction qui était en
conférence, vient aux nouvelles et tente de
calmer cette barbarie, où toutes les armes à
portée de mains (morceaux de planches, pelles,
marteaux et bouteilles) sont utilisées. Les
antagonistes échangent des coups à qui mieux
mieux.
Au finish: véhicules
endommagés par des jets de pierres, téléphones
portables égarés et, surtout, la neutralisation
par les élèves de Kenco de trois de leurs
agresseurs qu'ils ont remis à la force Publique,
alertée. L'arrivée de la police a permis
d'apaiser la colère des victimes, très remontés
et qui voulaient en finir avec leurs bourreaux.
Mais fait étonnant, lors de
leur interrogatoire, aucun n'a reconnu les faits
qui leur étaient reprochés. Pour Dany Nzé, l'Equatoguinéen,
il voulait seulement défendre son ami Dieubéni.
Il faut dire que même si le
pire a été évité de justesse, cet incident vient
reposer l'éternel problème de l'insécurité et de
la violence en milieu scolaire. A cela s'ajoute
celui des pseudo-élèves qui écument nos villes,
arborant à longueur de journées des uniformes
scolaires alors qu'ils ne sont inscrits dans
aucun établissement.
C'est pourquoi, il convient
dès à présent, pour les autorités compétentes
dont les responsables d'établissements
scolaires, de tirer la sonnette d'alarme pour
éviter la résurgence du phénomène de la violence
scolaire aux conséquences souvent imprévisibles.
D'autant que les collégiens de Mélen ont promis
de revenir.