PORTRAIT
Général
Claire Edwige Nkézé Igouwé
:
discrète mais rigoureuse
CERTES, on a coutume de voir
des personnes faisant partie de la grande muette
entrer au gouvernement, d'autant plus que la Loi
fondamentale ne l'interdit nullement, mais la
récente nomination du général de brigade Claire
Edwige Nkézé Igouwé au poste de ministre
déléguée à la Fonction publique, à la Réforme
administrative et à la modernisation de l'Etat,
à la suite de la dernière recomposition de
l'équipe gouvernementale, constitue assurément
une première dans l'histoire politique de notre
pays a surpris plus d'un. Et pour cause, c'est
la toute première femme issue des rangs des
Forces de sécurité et de défense à entrer dans
un gouvernement de la République.
Née le 26 juillet 1956 à
Enyonga dans le canton Océan (Port-Gentil, dans
la province de l'Ogooué-Maritime). Claire Edwige
Nkézé Igouwé entame ses études primaires dans
son village natal puis poursuit le reste du
cycle à l'école urbaine des garçons et à l'école
Saint-Louis de Port-Gentil.
C'est dans cette dernière
école (Saint-Louis) qu'elle entame ses études
secondaires jusqu'en classe de 5e, et s'en va à
Lambaréné continuer son secondaire, précisément
au collège Fanguinovény, où elle obtint du reste
son BEPC. Ces différentes pérégrinations
n'étaient pas du tout volontaires. Papa étant
instituteur, toute la famille suivait ses
affectations à travers le pays.
FORMATION• Quittant
Lambaréné après l'obtention de son sésame
couronnant le premier cycle d'études secondaires
elle se retrouve à Libreville au lycée national
Léon Mba (LNLM) d'où elle sort nantie de son
Baccalauréat.
Lequel lui ouvre, bien
évidemment, les portes de l'Université Omar
Bongo. Orientée une première fois en droit
(Faculté de droit et sciences humaines), elle
abandonne en deuxième année et s'oriente en
histoire (Faculté des lettres et sciences
humaines.
Une filière qui lui convient
mieux. Et elle en sortira quelques années plus
tard pourvu d'un Duel, d'une Licence et d'une
Maîtrise, en dépit des vicissitudes qui n'ont
pas manqué d'émailler son parcours
universitaire.
Après l'université, elle
décide de faire carrière dans les services
pénitentiaires. Ce qui nécessite préalablement
une formation. Et c'est à Paris (Fleury- Mérogis,
France) qu'elle va le faire. A l'issue de cette
formation, elle revient au pays munie d'un
diplôme d'Administrateur pénitentiaire. Étant
donné que la sécurité pénitentiaire n'est pas
qu'administrative, elle va se rendre à
Franceville pour compléter sa formation
militaire à l'École nationale de police dont
elle est diplômée.
Première femme de l'Ogooué-Maritime
et plus largement du Gabon à être sortie d'une
grande école supérieure, sa carrière
professionnelle ne pouvait que se dérouler
normalement. Capitaine, chargée d'études à la
direction générale de la sécurité pénitentiaire
(1984) ; capitaine, directeur du personnel de la
sécurité pénitentiaire (1985) ;
lieutenant-colonel, conseiller technique du
ministère de l'Intérieur chargée de la sécurité
pénitentiaire (1993). Fonction qu'elle a occupée
jusqu'à sa nomination au poste de ministre
déléguée auprès du ministre de la Fonction
publique, de la Réforme administrative et de la
Modernisation de l'Etat.
SURPRISE• Un
secteur ministériel qui ne lui est pas forcément
étranger. D'autant plus qu'elle a représenté la
sécurité pénitentiaire pendant un an à la
Commission de la réforme administrative. En plus
du fait qu'elle était présidente de la
Commission consultative permanente des mutations
et d'inscription au tableau d'avancement. Elle a
également représenté son corps au ministère de
la Défense nationale. Ses huit années passées à
la tête du personnel de l'administration
pénitentiaire et les 13 en tant que conseiller
des différents ministres qui se sont succédé au
ministère de l'Intérieur pour le compte de la
sécurité pénitentiaire sont un atout non
négligeable pour conduire les hommes.
Nonobstant le fait que cette
nomination est une surprise pour elle : "même
dans mes rêves les plus fous, je n'avais jamais
pensé un jour faire partie du gouvernement",
déclare-t-elle. Puisqu'un bon militaire, en
principe, est censé ne pas faire de politique
qu'en sera-t-il pour cette femme qu'on dit très
rigoureuse - ce qui du reste lui a valu le
surnom évocateur de "dame de fer"'- elle
répond: "je vais suivre l'exemple des autres
militaires qui sont là avant moi et appliquer
les directives du gouvernement"
Femme d'une grande autorité,
attentive,elle a toujours à coeur d'atteindre
ses objectifs, selon ses proches. Ce nouveau
challenge constitue pour elle, assurément, une
nouvelle épreuve de sa riche carrière. Elle prie
pour qu'il soit une réussite. Une façon,
dit-elle, de remercier le chef de l'Etat et le
Premier ministre qui lui ont fait confiance en
la nommant à ces hautes fonctions. Comme
distinction, le général Nkézé st titulaire du
Mérite gabonais.