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Le quotidien l'Union du 1er Février 2007

 

PORTRAIT

Général Claire Edwige Nkézé Igouwé : discrète mais rigoureuse

CERTES, on a coutume de voir des personnes faisant partie de la grande muette entrer au gouvernement, d'autant plus que la Loi fondamentale ne l'interdit nullement, mais la récente nomination du général de brigade Claire Edwige Nkézé Igouwé au poste de ministre déléguée à la Fonction publique, à la Réforme administrative et à la modernisation de l'Etat, à la suite de la dernière recomposition de l'équipe gouvernementale, constitue assurément une première dans l'histoire politique de notre pays a surpris plus d'un. Et pour cause, c'est la toute première femme issue des rangs des Forces de sécurité et de défense à entrer dans un gouvernement de la République.

Née le 26 juillet 1956 à Enyonga dans le canton Océan (Port-Gentil, dans la province de l'Ogooué-Maritime). Claire Edwige Nkézé Igouwé entame ses études primaires dans son village natal puis poursuit le reste du cycle à l'école urbaine des garçons et à l'école Saint-Louis de Port-Gentil.

C'est dans cette dernière école (Saint-Louis) qu'elle entame ses études secondaires jusqu'en classe de 5e, et s'en va à Lambaréné continuer son secondaire, précisément au collège Fanguinovény, où elle obtint du reste son BEPC. Ces différentes pérégrinations n'étaient pas du tout volontaires. Papa étant instituteur, toute la famille suivait ses affectations à travers le pays.

FORMATION• Quittant Lambaréné après l'obtention de son sésame couronnant le premier cycle d'études secondaires elle se retrouve à Libreville au lycée national Léon Mba (LNLM) d'où elle sort nantie de son Baccalauréat.

Lequel lui ouvre, bien évidemment, les portes de l'Université Omar Bongo. Orientée une première fois en droit (Faculté de droit et sciences humaines), elle abandonne en deuxième année et s'oriente en histoire (Faculté des lettres et sciences humaines.

Une filière qui lui convient mieux. Et elle en sortira quelques années plus tard pourvu d'un Duel, d'une Licence et d'une Maîtrise, en dépit des vicissitudes qui n'ont pas manqué d'émailler son parcours universitaire.

Après l'université, elle décide de faire carrière dans les services pénitentiaires. Ce qui nécessite préalablement une formation. Et c'est à Paris (Fleury- Mérogis, France) qu'elle va le faire. A l'issue de cette formation, elle revient au pays munie d'un diplôme d'Administrateur pénitentiaire. Étant donné que la sécurité pénitentiaire n'est pas qu'administrative, elle va se rendre à Franceville pour compléter sa formation militaire à l'École nationale de police dont elle est diplômée.

Première femme de l'Ogooué-Maritime et plus largement du Gabon à être sortie d'une grande école supérieure, sa carrière professionnelle ne pouvait que se dérouler normalement. Capitaine, chargée d'études à la direction générale de la sécurité pénitentiaire (1984) ; capitaine, directeur du personnel de la sécurité pénitentiaire (1985) ; lieutenant-colonel, conseiller technique du ministère de l'Intérieur chargée de la sécurité pénitentiaire (1993). Fonction qu'elle a occupée jusqu'à sa nomination au poste de ministre déléguée auprès du ministre de la Fonction publique, de la Réforme administrative et de la Modernisation de l'Etat.

SURPRISE• Un secteur ministériel qui ne lui est pas forcément étranger. D'autant plus qu'elle a représenté la sécurité pénitentiaire pendant un an à la Commission de la réforme administrative. En plus du fait qu'elle était présidente de la Commission consultative permanente des mutations et d'inscription au tableau d'avancement. Elle a également représenté son corps au ministère de la Défense nationale. Ses huit années passées à la tête du personnel de l'administration pénitentiaire et les 13 en tant que conseiller des différents ministres qui se sont succédé au ministère de l'Intérieur pour le compte de la sécurité pénitentiaire sont un atout non négligeable pour conduire les hommes.

Nonobstant le fait que cette nomination est une surprise pour elle : "même dans mes rêves les plus fous, je n'avais jamais pensé un jour faire partie du gouvernement", déclare-t-elle. Puisqu'un bon militaire, en principe, est censé ne pas faire de politique qu'en sera-t-il pour cette femme qu'on dit très rigoureuse - ce qui du reste lui a valu le surnom évocateur de "dame de fer"'- elle répond: "je vais suivre l'exemple des autres militaires qui sont là avant moi et appliquer les directives du gouvernement"

Femme d'une grande autorité, attentive,elle a toujours à coeur d'atteindre ses objectifs, selon ses proches. Ce nouveau challenge constitue pour elle, assurément, une nouvelle épreuve de sa riche carrière. Elle prie pour qu'il soit une réussite. Une façon, dit-elle, de remercier le chef de l'Etat et le Premier ministre qui lui ont fait confiance en la nommant à ces hautes fonctions. Comme distinction, le général Nkézé st titulaire du Mérite gabonais.

Source : Journal L'Union Plus du 1er Février 2007

 



   

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