PORTRAIT
Michel
Menga, un enseignant face aux défis du système
éducatif
EN politique tout vient au
militant fidèle et loyal, patient et
persévérant. Michel Menga, premier responsable
politique de la Noya pendant ces quinze
dernières années, est le prototype même qui
confirme cette assertion.
Car militant de la première
heure du Parti démocratique gabonais (PDG) au
pouvoir depuis presque quatre décennies, cette
personnalité politique du reste connue de
nombreux compatriotes était restée égale à
elle-même, alors que plusieurs autres
compatriotes, la peur au ventre, préféraient
quitter le bateau PDG poussés par le vent du
changement qui soufflait en 1990, et qui est
d'ailleurs à l'origine de la Démocratie et du
multipartisme en Afrique, et au Gabon au terme
d'une Conférence nationale souveraine.
Toutes choses qui avaient
aidé le Rassemblement National des Bûcherons
(RNB) et son leader d'alors, Paul Mba Abessole à
s'implanter véritablement dans sa contrée,
Cocobeach, qui était pourtant réputée être une
chasse gardée du PDG.
Mais beaucoup d'eau a coulé
sous les ponts de la Noya. A tel point
qu'aujourd'hui, après un travail de reconquête
des espaces perdus rondement bien mené sur le
terrain par le membre du Bureau politique Michel
Menga, soutenu en cela par plusieurs autres
cadres militants, le PDG a retrouvé peu à peu
ses marques et dicte à nouveau sa loi.
La configuration politique
locale actuelle, entendue que le maire central
de la ville de Cocobeach, le député du 1er siège
de la Noya, ainsi que le sénateur et le
président du Conseil départemental sont tous
issus des rangs de ce grand parti confirme, si
besoin en était encore, la nette domination du
parti d'Omar Bongo Ondimba, dans ce landerneau
où Michel Menga est régulièrement élu député
depuis 1996, dans le ter siège du département de
la Noya.
Né le 23 décembre 1950 à
Cocobeach, de feu Laurent Essone Nzé et Adélaïde
Nzang, l'actuel secrétaire général adjoint du
PDG en charge des élections, de la société
civile et des Droits de l'Homme, nommé le 25
Janvier 2007 ministre de l'Éducation nationale,
de l'Instruction civique et de l'Éducation
populaire, sait qu'il vient d'hériter d'un
département ministériel assez complexe.
On en veut pour preuves, les
grèves "exagérées" des enseignants au début de
chaque année scolaire. Tout comportement qui
entraîne des perturbations non négligeables au
sein de notre système éducatif. Car la fermeture
des établissements scolaires publics - leurs
différents enseignants étant malheureusement les
grévistes - est la première conséquence négative
directe.
Mais fort heureusement. Car
enseignant d'espagnol de carrière - il a fait
ses débuts comme Assistant, en 1980, à
l'Université Omar Bongo Ondimba avec affectation
à l'Ecole normale supérieure (ENS) - est, comme
qui dirait, dans son élément.
MOULE ET TACHE ARDUE •
C'est un ministère, bien que les données ne
soient plus les mêmes, qu'il connaît bien pour y
avoir séjourné de 1984 à 1988. Quatre années au
cours desquelles il a occupé tour à tour les
fonctions de chef de service des Relations
internationales, chargé des organisations
internationales, Conseiller technique du
ministre Louis-Gaston Mayila tout en étant
Correspondant national de la Conférence des
ministres de l'Éducation nationale des pays
d'expression française (Confemen) et directeur
du projet de réforme du système éducatif .
Il quitte l'Éducation
nationale en 1988, car Me Louis-Gaston Mayila,
nommé ministre du Travail, de l'Emploi, de la
Formation professionnelle et des Ressources
humaines, le promeut secrétaire général dudit
ministère. Il y reste un an seulement avant de
rejoindre le ministère du Commerce où, André
Dieudonné Berre va lui confier les mêmes
fonctions.
Mais en 2001, bien malgré
lui, il abandonne ce poste désormais
incompatible avec son élection comme député qui
sera réélu deux fois consécutivement dans le 1er
siège de la Noya.
Finalement, le voilà
aujourd'hui au pinacle de son destin, malgré sa
modestie. Mais Michel Menga sait que dans un
gouvernement qui se veut porteur des Actes pour
le Gabon, la tâche qui l'attend est forcément
ardue, donc pas de tout repos. Parce qu'il lui
faut à tout prix redynamiser le système
éducatif.
C'est certainement pour cela
que depuis sa nomination le 25 janvier dernier,
il a tout de suite mis le nez dans les dossiers,
passant comme hier midi au bureau, il n'arrive
même plus à s'accorder un moment de répit. Tant
mieux si c'est un préalable qu'il s'est imposé
de peur de se brûler rapidement les doigts à
cette patate suffisamment chaude que vient de
lui refiler le Pr Ondo Ossa.
Michel Menga m'Essone est
bénéficiaire de plusieurs distinctions
honorifiques, dont celle d'Officier dans l'Ordre
de l'Education nationale. Marié et père d'une
nombreuse famille, il est titulaire d'un
doctorat 3e cycle en espagnol, obtenu à
l'université de Toulouse le Mirail (France).