FAIT DIVERS
Des
vendeurs d'ossements humains appréhendés
Le 18 avril dernier, l'Unité
spéciale de la gendarmerie a mis la main sur
trois individus en possession de restes humains.
Il s'agit de Paul-Félix Moufouma, Alex
Ngandoubadi et Michel Moundounga Kossi, tous de
nationalité gabonaise. Les trois hommes, la
quarantaine révolue, auraient subtilisé ces
ossements dans le cimetière d'Akournam, commune
d'Owendo. Ils s'apprêtaient à les écouler sur le
marché. Récit d'une transaction macabre.
DES
ossements humains dissimulés dans un sac. Les
éléments de l'unité spéciale de la gendarmerie,
qui ont mis la main sur trois individus détenant
cette "marchandise" en ont encore la chair de
poule. Les sieurs Paul Félix Moufouma, Alex
Ngandoubadi et Michel Moundounga Kossi,
Gabonais, la quarantaine bien sonnée,
s'apprêtaient, en effet, à écouler sur le marché
leur produit macabre quand les pandores leur ont
mis la main au collet.
Selon un responsable de
l'unité spéciale, Paul-Félix Moufouma et Alex
Ngandoubadi auraient volé ces ossements humains
au cimetière d'Akournam, à Owendo, où ils
étaient partis apprêter la tombe d'un
ressortissant congolais. C'est en creusant
justement le tombeau du disparu que les trois
individus seraient tombés sur ces restes
humains, composés d'un crâne, de deux fémurs et
d'autres ossements.
Selon les agents et les aveux
des profanateurs, tout remonte à octobre 2006.
Ce mois-là, Alex Ngandoubadi, Paul-Félix
Moufouma et Michel Kossi sont commis pour aller
préparer la tombe d'un ressortissant congolais à
Akournam. Arrivés sur les lieux, les trois
hommes cherchent un endroit un peu plus dégagé.
C'est ainsi qu'ils jettent leur dévolu sur un
coin du cimetière. Aussitôt, ils se mettent à
l'ouvrage. A peine ont-ils commencé à creuser la
terre, que leurs pioches heurtent quelque chose
de dur. Il s'agit d ossements humains qui, au
contact de la ferraille produisent un bruit
insolite.
Ngandoubadi
continuant sa fouille voit bientôt apparaître,
un crâne à la surface. "Mais on avait déjà
enterré quelqu'un ici. Ce sont
des restes humains !" s'exclame-t-il.
Michel Kossi et Paul-Félix Moufouma lui
conseillent de refermer le trou et de changer
d'endroit pour apprêter le tombeau qui va
accueillir la dépouille du Congolais. Il
obtempère et change d'emplacement.
Les trois amis se remettent à
l'ouvrage, puis, le travail achevé, ils rangent
leurs outils et quitte le cimetière. Sur la
route, prennent un taxi qui les laisse au
carrefour IAI. Là, ils décident de prendre un
pot avant de se séparer. C'est autour d'un verre
qu'ils mettent au point leur projet de
profanation de la tome où ils ont trouvé des
ossements humains. Ils ont, en effet, pris la
décision de s'emparer de ces restes humains pour
les vendre.
C'est ainsi que Ngandoubadi
et Moufouma retourneront le lendemain à Akoumam
subtiliser les ossements humains découverts.
Après s'être assurés que personne ne les voit,
les pilleurs de cimetière se glissent
furtivement dans le champ des morts, creusent
rapidement la terre et s'emparent des reliques
convoitées, qu'ils dissimulent dans un petit'
sac noir avant de détaler.
RÉSEAU DES PROFANATEURS •
Ngandoubadi décide de garder "9a mamlhandise"
chez lui en attendant de trouver un client.
Les jours suivants, les compères commencent
leurs démarches afin de trouver un acheteur. Il
y a, en effet, dans nos villes, des amateurs de
ce produit rare qui, croient-ils, peut leur
apporter la richesse dont ils rêvent.
Mais voilà que cinq mois
après, Ngandoubadi n a toujours pas trouvé un
acheteur, car le prix qu'il propose (10 millions
CFA) n est pas à la portée de toutes les
bourses. Les ossements humains qu'il garde
toujours chez lui commencent à devenir
encombrants. Résolus à s'en débarrasser, il
décide de baisser le prix de manière drastique.
Il le ramène alors à trois millions CFA.
Pendant ce temps, les
éléments de l'unité spéciale de la gendarmerie
ont eu vent de ces tractations. En fait, c'est
l'un des potentiels clients des pilleurs de
cimetière qui a vendu la mèche aux agents.
Ceux-ci commencent leur filature pour prendre
ces trafiquants d'un autre genre la main dans le
sac.
C'est ainsi que l'un des
gendarmes se fait passer pour le conseiller
politique d'un sénateur qui a besoin des
reliques. II se rend alors chez Ngandoubadi à
qui il raconte qu'il a été envoyé par son patron
parlementaire. Sans se faire prier, celui-ci
sort le produit macabre et le présente à son
interlocuteur. "On peut vous laisser ça à
trois millions de francs cfa"; propose-t-il.
Il était loin de se douter qu'il venait de
tomber dans une souricière.
Pris finalement la main dans
le sac, Ngandoubadi et ses acolytes ont été
aussitôt conduits a Gros-Bouquet par les
éléments de l'unité spéciale. Lors de
l'interrogatoire, ils auraient bel et bien
reconnu avoir pris les ossements humains dans un
cimetière à Akournam. L'enquête diligentée par
les éléments de la gendarmerie nationale
permettra de savoir si les trois complices font
partie du réseau des profanateurs de tombes qui
avaient sévi en novembre dernier au cimetière
municipal de Mindoubé où plus de quarante
caveaux avaient été vidés d'une partie de leur
contenu.