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Le quotidien l'Union du 26 Avril 2007

 

FAIT DIVERS

Des vendeurs d'ossements humains appréhendés

Le 18 avril dernier, l'Unité spéciale de la gendarmerie a mis la main sur trois individus en possession de restes humains. Il s'agit de Paul-Félix Moufouma, Alex Ngandoubadi et Michel Moundounga Kossi, tous de nationalité gabonaise. Les trois hommes, la quarantaine révolue, auraient subtilisé ces ossements dans le cimetière d'Akournam, commune d'Owendo. Ils s'apprêtaient à les écouler sur le marché. Récit d'une transaction macabre.

DES ossements humains dissimulés dans un sac. Les éléments de l'unité spéciale de la gendarmerie, qui ont mis la main sur trois individus détenant cette "marchandise" en ont encore la chair de poule. Les sieurs Paul Félix Moufouma, Alex Ngandoubadi et Michel Moundounga Kossi, Gabonais, la quarantaine bien sonnée, s'apprêtaient, en effet, à écouler sur le marché leur produit macabre quand les pandores leur ont mis la main au collet.

Selon un responsable de l'unité spéciale, Paul-Félix Moufouma et Alex Ngandoubadi auraient volé ces ossements humains au cimetière d'Akournam, à Owendo, où ils étaient partis apprêter la tombe d'un ressortissant congolais. C'est en creusant justement le tombeau du disparu que les trois individus seraient tombés sur ces restes humains, composés d'un crâne, de deux fémurs et d'autres ossements.

Selon les agents et les aveux des profanateurs, tout remonte à octobre 2006. Ce mois-là, Alex Ngandoubadi, Paul-Félix Moufouma et Michel Kossi sont commis pour aller préparer la tombe d'un ressortissant congolais à Akournam. Arrivés sur les lieux, les trois hommes cherchent un endroit un peu plus dégagé. C'est ainsi qu'ils jettent leur dévolu sur un coin du cimetière. Aussitôt, ils se mettent à l'ouvrage. A peine ont-ils commencé à creuser la terre, que leurs pioches heurtent quelque chose de dur. Il s'agit d ossements humains qui, au contact de la ferraille produisent un bruit insolite.

Ngandoubadi continuant sa fouille voit bientôt apparaître, un crâne à la surface. "Mais on avait déjà enterré quelqu'un ici. Ce sont des restes humains !" s'exclame-t-il. Michel Kossi et Paul-Félix Moufouma lui conseillent de refermer le trou et de changer d'endroit pour apprêter le tombeau qui va accueillir la dépouille du Congolais. Il obtempère et change d'emplacement.

Les trois amis se remettent à l'ouvrage, puis, le travail achevé, ils rangent leurs outils et quitte le cimetière. Sur la route, prennent un taxi qui les laisse au carrefour IAI. Là, ils décident de prendre un pot avant de se séparer. C'est autour d'un verre qu'ils mettent au point leur projet de profanation de la tome où ils ont trouvé des ossements humains. Ils ont, en effet, pris la décision de s'emparer de ces restes humains pour les vendre.

C'est ainsi que Ngandoubadi et Moufouma retourneront le lendemain à Akoumam subtiliser les ossements humains découverts. Après s'être assurés que personne ne les voit, les pilleurs de cimetière se glissent furtivement dans le champ des morts, creusent rapidement la terre et s'emparent des reliques convoitées, qu'ils dissimulent dans un petit' sac noir avant de détaler.

RÉSEAU DES PROFANATEURS • Ngandoubadi décide de garder "9a mamlhandise" chez lui en attendant de trouver un client. Les jours suivants, les compères commencent leurs démarches afin de trouver un acheteur. Il y a, en effet, dans nos villes, des amateurs de ce produit rare qui, croient-ils, peut leur apporter la richesse dont ils rêvent.

Mais voilà que cinq mois après, Ngandoubadi n a toujours pas trouvé un acheteur, car le prix qu'il propose (10 millions CFA) n est pas à la portée de toutes les bourses. Les ossements humains qu'il garde toujours chez lui commencent à devenir encombrants. Résolus à s'en débarrasser, il décide de baisser le prix de manière drastique. Il le ramène alors à trois millions CFA.

Pendant ce temps, les éléments de l'unité spéciale de la gendarmerie ont eu vent de ces tractations. En fait, c'est l'un des potentiels clients des pilleurs de cimetière qui a vendu la mèche aux agents. Ceux-ci commencent leur filature pour prendre ces trafiquants d'un autre genre la main dans le sac.

C'est ainsi que l'un des gendarmes se fait passer pour le conseiller politique d'un sénateur qui a besoin des reliques. II se rend alors chez Ngandoubadi à qui il raconte qu'il a été envoyé par son patron parlementaire. Sans se faire prier, celui-ci sort le produit macabre et le présente à son interlocuteur. "On peut vous laisser ça à trois millions de francs cfa"; propose-t-il. Il était loin de se douter qu'il venait de tomber dans une souricière.

Pris finalement la main dans le sac, Ngandoubadi et ses acolytes ont été aussitôt conduits a Gros-Bouquet par les éléments de l'unité spéciale. Lors de l'interrogatoire, ils auraient bel et bien reconnu avoir pris les ossements humains dans un cimetière à Akournam. L'enquête diligentée par les éléments de la gendarmerie nationale permettra de savoir si les trois complices font partie du réseau des profanateurs de tombes qui avaient sévi en novembre dernier au cimetière municipal de Mindoubé où plus de quarante caveaux avaient été vidés d'une partie de leur contenu.

Source : Journal L'Union Plus du 26 Avril 2007

 



   

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