L'INTERPELLATION DE LA CPCR
L'ASSASSINAT du petit
Richepin Eyogo Edzang, âgé de 3 ans, il y a
trois semaines environ, a bouleversé l'opinion
nationale au point que plusieurs personnes ou
groupements se sont levés pour dénoncer ce crime
crapuleux commis à des fins fétichistes. Un
assassinat qui vient s'ajouter à la longue liste
de ces méfaits dont les auteurs et autres
commanditaires jouissent parfois d'une impunité
inouïe, à défaut bénéficient d'une peine légère.
Dernière réaction en date,
celle de la Confédération pentecôtiste,
charismatique et de réveil (CPCR) qui, par le
biais des révérends pasteurs Jude BenJamin
Ngouwa (président) et Francis-Michel Mbadinga
(secrétaire général), ont adressé une lettre
ouverte aux autorités de notre pays.
Ce regroupement chrétien
s'est, en effet, senti interpellé parce que pour
ce dernier crime, un des présumés coupables est
un pasteur membre d'une église "éveillée". C'est
à ce titre que les responsables de la CPCR ont
tenu à éclairer les uns et les autres: "suite à
de nombreux cas précédents d'exactions et de
crimes imputés à des individus se disant
ministres du culte, et plus particulièrement au
meurtre singulièrement odieux et à connotation
rituelle d'un enfant de trois ans, qui vient
d'avoir lieu à Libreville, nous venons par cette
lettre ouverte condamner avec véhémence ces
comportements ignobles".
A cet effet, ils invitent
"les plus hautes autorités de l'Etat a prendre
leurs responsabilités pour que les auteurs de
tous ces actes soient enfin identifiés et punis
de manière exemplaire, ainsi qu'à prendre des
mesures sévères, afin que de tels faits qui
déshonorent notre pays ne se reproduisent plus".
Toutefois, ils ont exprimé
leur "indignation suite à l'amalgame savamment
et consciemment orchestré par des cercles
politico-occultes qui cherchent à semer la
confusion dans l'opinion publique, en vue de
discréditer les communautés pentecôtistes,
charismatiques et de réveil auxquelles nous
appartenons".
Pour la CPCR, "s'il était
vrai que des croyants ou des pseudo-pasteurs
s'étaient impliqués dans la commission de ce
genre d'infractions, cela ne signifie pas pour
autant que tous les croyants et tous les
serviteurs de Dieu commettent également de tels
faits. On ne peut pas, par exemple, imputer des
actes terroristes que pose Bin Laden à tous les
musulmans ou les agissements pédophiles
perpétrés en Europe et aux États-Unis par
certains prêtres, évêques ou cardinaux
catholiques, à tous leurs prélats".
Mais quoiqu'il en soit, ils
interpellent une fois encore, les plus hautes
personnalités de notre pays sur "l'impérieuse
nécessité qu'il y a de légaliser le cadre
juridique de nos structures de régulation
(confédération et fédérations). Et ce,
conformément aux instructions spécialement
données à cet effet par le chef de l'Etat en
Juin 2002, à la suite des nombreuses séances de
travail que nous avons eues avec lui'. Et de
poursuivre "nous n'osons pas croire que
l'obstacle à cette régularisation participe
d'une stratégie globale qui viserait à
diaboliser les nombreux chrétiens de nos
communautés".
La CPCR en veut pour preuve
le fait que tous les projets de loi fixant le
régime des communautés religieuses initiés par
le ministère de l'Intérieur depuis l'an 2000
traduisent cette intention, "en ce qu'ils
contiennent des dispositions visant à
restreindre, sinon à interdire le libre
exercice" de leur foi. Et si tel était le cas,
conclut la lettre, la CPCR n'entend pas laisser
Il quiconque porter atteinte à ce droit
inaliénable consacré par notre Loi fondamentale"