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Le quotidien l'Union du 25 Avril 2007

 

LITTÉRATURE POLITIQUE

Paul Mba Abessole : "Le malentendu permanent"

LE leader du Rassemblement pour le Gabon, Paul Mba Abessole, se met une fois de plus en évidence en matière de production littéraire. La récente publication de son dernier ouvrage: "le e malentendu permanent", peu de temps seulement après les élections... Et après" en est le parfait témoignage.

Un peu plus volumineux que le précédent, 71 pages, cet opuscule est un regard rétrospectif, des événements importants, "les tournants" de l'histoire politique du Gabon qui ont marqué de façon déterminante nos comportements actuels. Au demeurant, c'est une sorte de radiographie du comportement gabonais.

Ces événements appelés tournants sont au nombre de neuf. Ils ont été ciblés par l'auteur pour tenter à la fois d'expliquer aux lecteurs les origines de l'antagonisme quasi congénital entre Gabonais, et surtout leur faire prendre conscience de la nécessité de sortir de cette situation d'affrontement permanent dans lequel nous nous sommes enfermés volontairement ou non et qui a causé plus de torts qu'il n'a constitué un facteur de développement du pays.

L'auteur établit l'origine de cette "tare originelle " à partir de la fondation de Libreville en 1849, laquelle a été marquée par l'élection de son premier maire parmi les 272 premiers esclaves libérés par l'Australie. C'est M. Mountier qui fut porté à la tête de la capitale gabonaise pour surveiller et faire la police du village. Mais à peine avait-il commencé son magistère que des divergences apparurent entre l'administration coloniale et le maire de Libreville. Celles-ci vont bien évidemment, le conduire à la porte de sortie au profit de son adjoint, Pilate, qui, semble-t-il, travaillait dans l'ombre avec l'administration coloniale pour la chute de son chef. Ainsi naquit le premier malentendu... entre Gabonais.

HEGEMONIE•Celui-ci va plus tard être confirmé lors des élections de 1945, à l'Assemblée nationale française auxquelles deux Gabonais, jean-Hilaire Aubaine et Emile Issembé, et un Congolais Jean-Félix Tchikaya vont prendre part. Alors qu'une entente tacite avait été conclue entre les deux Gabonais de façon que celui qui atteignait le second tour soit soutenu par l'autre contre l'adversaire congolais, il n'en fut rien lorsqu'il s'est agi justement de passer à l'acte. L'un des Gabonais, Emile Issembé, ayant été battu le premier tour va soutenir, contre toute attente, le candidat congolais, qui avait bien sûr remporté les élections, au détriment de son compatriote jean-Hilaire Aubaine. Cet événement aussi spectaculaire qu'inattendu a enraciné de façon évidente la mésintelligence intra-nationale.

Le congrès pahouin de Mitzic convoqué par le gouverneur du Gabon n'aura pas lui non plus connu un autre destin que celui de creuser davantage le fossé de la mésentente. D'autant que ce congrès avait été considéré par l'opinion dominante, aidé en cela par les thèses pour le moins insidieuses du sociologue français Georges Balandier, comme ayant été connue avec l'arrière-pensée 'asseoir l'hégémonie Fang sur les autres ethnies que compte le pays. Bien loin de la réalité, selon Paul Mba Abessole, ce congrès visait plutôt des buts nobles. Comme la promotion du travail, l'unité nationale, la paix sociale, etc. Comme en témoignent cette concertation ethnique qui avait commencé par le peuple Fang allait se poursuive avec les autres ethnies, aux dires du leader du RPG. Même si ce tournant ne révèle pas formellement la mésentente entre compatriotes, il présente néanmoins une cause exogène à l'origine de la difficulté du Gabon à prendre le train du développement.

MENSONGES* Pour autant, poursuit l'auteur, le Référendum de 1958, qui préconisait une nouvelle conception de la souveraineté du peuple tout en marquant, également, le nouveau statut des colonies, va à nouveau mettre en évidence nos contradictions. D'autant que deux camps, celui du Oui et celui du Non vont se livrer une véritable bagarre de chiffonniers et porter par la même occasion les divergences entre les partisans de Léon Mba et Jean-Hilaire Aubaine qui soutenaient le Oui et ceux de René-Paul Sousate du Punga, soutenu par les étudiants marxisants pour le Non, à une échelle un peu plus élevée.

Tous ces événements ont été, selon Mba Abessole, déterminants dans la façon dont nous avons accédé à l'indépendance. En plus du fait que Léon Mba et Jean- Hilaire Aubaine se livraient une guerre impitoyable. Et c'était presque normal que l'indépendance "nous est tombée dessus"; affirme l'écrivain.

Cette même guerre a été livrée à la conférence nationale. Assises au cours desquelles les Gabonais selon Mba Abessole ont raté l'occasion de s'entendre et de fixer ensemble des Objectifs communs. Ce fut le cas lors des la période des négociations entre le président de la République et le Morena.

Ce fut encore lors de la présidentielle de 2005 où le constat de l'incapacité des Gabonais à s'entendre a été démontrée.

Paul Mba Abessole propose aux Gabonais une seule chose : l'entente et l'unité sans lesquelles toute action de développement serait vaine. Il n'empêche qu'à la fin de son bouquin, le chef des rassembleurs fait un exercice exégétique en répondant aux écrits de Nicolas Metegue N'nah qui sont apparus à ses yeux comme un tissu de mensonges éhontés, pour ne pas dire une falsification de l'histoire.

Source : Journal L'Union Plus du 25 Avril 2007

 



   

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