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Le quotidien l'Union du 25 Avril 2007

 

CHRONIQUE POLITIQUE

Choix fortuit

LORSQUE la Cour constitutionnelle a constaté la vacance de postes de maires de Libreville, Port-Gentil, Ndendé, du ter arrondissement de Mouila et de président du Conseil départemental de la Basse-Banio, elle a mis fin au cumul de mandats dont bénéficiaient André Dieudonné Berre, Séraphin Ndaot Rembogo, Pierre Mamboundou, Pierre-Claver Maganga Moussavou et Dieudonné Pambo, à la suite de leur élection respective à la Représentation nationale.

Ce qui par la même occasion permettait de résoudre la question relative à l'ordonnance modifiant la loi organique sur l'élection des députés sur la base de laquelle M. Berre le député-maire sortant du ter arrondissement de Libreville avait conservé son siège, par la présence de son suppléant au palais Léon Mba pendant le précédent mandat, en la déclarant inconstitutionnelle. Et d'amener les uns et les autres à se conformer aux textes en vigueur interdisant le cumul du poste de maire et du mandat de député.

Si depuis la décision de la haute juridiction, diverses manoeuvres ont été entreprises par nombre de ces acteurs politiques contraints de libérer le poste de maire, l'évolution enregistrée dans le cas de Me Séraphin Ndaot, dans la capitale économique amené à s'interroger sur l'imporw'' tance de l'une ou l'autre des deux fonctions. Et sur le choix fortuit opéré à cet effet. Mais, pourquoi celui-ci ?

A l'évidence, au regard du choix délibérément opéré par Me Séraphin Ndaot qui a démissionné du siège de député de 3e arrondissement qu'il avait conquis en décembre dernier au profit de celui de maire de la capitale économique, cela laisse supposer que la fonction choisie apporte davantage de privilèges à la personnalité qui l'occupe. Ce que, a contrario, ne peut offrir la fonction de député pourtant très convoitée.

Même si, en ce qui concerne le maire Ndaot, il n'est guère difficile, en raison de l'assise financière qui est la sienne, qu'on le soupçonne d'avoir fait ce choix pour des raisons purement matérielles, il n'en demeure pas moins que ce choix opéré, après sa ferme volonté de siéger à l'Assemblée nationale et les manoeuvres orchestrées pour se maintenir et se faire réélire, confirme davantage tout l'intérêt accordé au poste de maire.

CLIENTELE POLITIQUE• Cela amène tout naturellement à s'intéresser aux acquis entourant cette fonction qui, finalement, apparaît bien juteuse. Car, aussi bien pour une ville comme Port-Gentil ou encore Libreville, tout laisse croire qu'elle confère à son titulaire un pouvoir et une autorité qui lui permettent de jouer les premiers rôles dans ces collectivités locales respectives dont les budgets sont tout aussi considérables qu'enviables.

Devant gérer l'un et l'autre 6 et 14 milliards de francs de budget annuel, la position d'ordonnateur du maire ne semble pas négligeable dans l'environnement qui est le nôtre. Ainsi des relations qui peuvent se nouer au gré des intérêts avec les hommes d'affaires et autres partenaires commerciaux très nombreux dans ces deux métropoles, pour ne citer qu'elles. Son action, si elle est positive, peut contribuer à la fois à l'embellissement et au développement de la ville à travers les budgets conséquents alloués. Davantage qu'à Libreville où peu de choses ont été réalisées tout au long de son mandat, l'action du maire Ndaot à Port-Gentil est plutôt bien perçue par ses administrés.

Ayant à leurs têtes des acteurs politiques, les mairies constituent des cadres idéals au sein desquels les édiles de ces villes par viennent souvent facilement à caser leur personnel politique, pour ne pas dire, leurs militants aux fins d'assouvir leurs ambitions et d'entretenir la clientèle politique. Laquelle, très souvent, au terme d'une campagne, attend les retombées de son engagement politique aux côtés du maire élu.

Les situations vécues durant ces dernières années dans les deux cités, avant eux et pendant les mandats de Ndaot, Berre, notamment, avec la forte présence de leurs militants et sympathisants et les grèves successives enregistrées au début de chaque mandat, témoignent de cet état de fait.

Quant au mandat de député qui est le second mandat le plus important après celui du président de la République, celui-ci ne donne pas forcément droit à des avantages identiques, sinon, plus importants que ceux d'un maire de grandes villes comme Port-Gentil et Libreville, voire d'autres du pays. Sauf pour ceux des acteurs politiques qui pensent en faire un tremplin pour accéder à un poste ministériel, par la suite, ou une voie pour se lancer dans la politique.

Dans des villes aussi vastes, le député confiné à sa circonscription politique ne bénéficie pas de la même notoriété, il est astreint à son rôle de passerelle entre les sphères de décisions et les populations de son siège, et un peu plus prosaïquement, il sert l'ensemble des populations à travers les propositions et le vote de la loi.

Dans tous les cas la leçon que l'on peut tirer de l'abandon par certains parlementaires de leur siège pour le fauteuil de maire laisse clairement apparaître une forte différence autant dans le rôle, le traitement, les avantages et pouvoirs de l'un et de l'autre dans la Cité dans laquelle ils vivent.

Source : Journal L'Union Plus du 25 Avril 2007

 



   

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