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Le quotidien l'Union du 25 Avril 2007

 

SUITE A LA DÉCISION DE ME NDAOT REMBOGO DE RESTER A LA MAIRIE DE PORT-GENTIL

Et si c'était un risque ?

L'édile de la ville économique pourrait tout perdre si au terme des prochaines élections locales, la majorité change de camp. Car, il fui faudra renégocier un nouvel accord. Ce qui est loin d'être un acquis.

UN nouvel accord politique a encore été trouvé avant-hier lundi au palais de la présidence de la République. Celui-ci concerne le retour à la sérénité au sein du conseil municipal de Port-Gentil. Les conseillers municipaux issus des partis politiques de la majorité présidentielle qui étaient en conflit ouvert avec le maire Séraphin Ndaot Rembogo, depuis le 29 décembre 2006, ont signé un "pacte de confiance" avec leur édile. C'était en présence du chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, du Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, du responsable politique de la province de l'Ogooué-Maritime, Jean Ping, et du ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, André Obame.

Le texte signé prévoit que ces conseillers soutiendront la candidature de Me Ndaot à l'élection municipale du 2 mai prochain. Ce qui devrait lui permettre de terminer son mandat à la tête de la mairie de Port-Gentil. Lequel durera encore six mois environ.

Il faut rappeler que depuis 2003, la capitale économique du Gabon est co-gérée par une alliance entre les partis de la majorité présidentielle et le Parti gabonais du progrès (PGP) dont est issu Me Ndaot, et qui se situe toujours dans l'opposition. Le Parti démocratique gabonais (PDG) qui a le plus grand nombre de conseillers occupe trois postes de maires adjoints, dont le premier confié à André-Jules Reteno Y'Ombenontory. Et le Rassemblement pour le Gabon (RPG) occupe le poste de 4e adjoint au maire...

Le "pacte de confiance" est une confirmation d'une double décision politique de la part de Me Ndaot. D'abord celle de démissionner de son siège de député (il a été élu lors des dernières législatives de décembre 2006). Puis de se présenter à nouveau à la tête de la mairie de Port-Gentil. Les dispositions de la loi relative à l'élection des députés à l'Assemblée nationale interdisant le cumul des mandats.

Etant donné que l'actuel mandat des maires tire à sa fin, on peut déduire que le choix de renoncer à son siège de député traduit l'ambition de Me Séraphin Ndaot Rembogo de continuer encore pour longtemps à présider aux destinées de la ville économique. Parce qu'on voit mal comment, en dépit de son engagement à servir sa ville natale, l'actuel maire de Port-Gentil peut sacrifier un mandat qui va encore durer six ans, au profit de celui qui n'a plus que six mois de vie, sans envisager de briguer un nouveau mandat.

C'est donc à ce niveau que la préférence accordée à la mairie de Port-Gentil par Me Séraphin Ndaot Rembongo, au détriment du siège de député, peut être considérée comme un choix risqué. Dans ce sens que l'alliance contre nature signée entre le PGP et la majorité présidentielle, laquelle permet à l'édile de la capitale économique d'occuper ce poste, prendra fin au terme du mandat actuel. Et personne ne peut prédire que lors des prochaines élections locales, le conseil municipal de Port-Gentil gardera sa configuration actuelle où le PDG a le plus grand nombre d'élus, suivi du PGP et du RPG.

RESSORTS SUFFISANTS. Au regard des résultats des dernières élections législatives dans cette localité, le moins que l'on puisse dire c'est que les choses sont en train de bouger. Car, sur quatre sièges que compte Port-Gentil, deux sont désormais occupés par l'Union du peuple gabonais (UPG) de Pierre Mamboundou. De ce point de vue, malgré le caractère différent des élections législatives et locales, s'il arrivait que l'opposition devienne majoritaire au conseil municipal de Port-Gentil, la situation pourrait se compliquer pour Me Ndaot Rembogo. Car, il devrait négocier une nouvelle alliance avec les partis politiques issus de ce camp politique.

Il est certes vrai que le Parti gabonais du progrès (PGP) se situe toujours dans l'opposition. Mais est-ce qu'au sein du groupe composé de l'Union du peuple gabonais, l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD) de Zacharie Myboto, et le Congrès pour la démocratie et la Justice (CDJ) de Jules-Aristide Ogouliguende, lé PGP est sincèrement considéré comme tel ? Ces formations politiques ne reprochent-ils pas à Me Ndaot et au PGP l'alliance contre nature signée avec la majorité présidentielle pour co-gérer la mairie de Port-Gentil ?

Aujourd'hui on n'en est pas encore dans ce cas de figure. Mais la politique étant l'art du possible, pour paraphraser François Mitterrand, toutes les éventualités sont donc à envisager. Espérons seulement que même si la majorité change de camp au niveau du conseil municipal de Port-Gentil, Séraphin Ndaot Rembogo, aura les ressorts suffisants pour convaincre ses "amis" de l'opposition de lui faire confiance en le reconduisant à la tête la ville économique. Ce qui pourrait lui permettre de ne pas regretter son choix de renoncer au siège de député.

Source : Journal L'Union Plus du 25 Avril 2007

 



   

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