SUITE A LA DÉCISION DE ME
NDAOT REMBOGO DE RESTER A LA MAIRIE DE
PORT-GENTIL
Et si
c'était un risque ?
L'édile de la ville économique
pourrait tout perdre si au terme des prochaines
élections locales, la majorité change de camp.
Car, il fui faudra renégocier un nouvel accord.
Ce qui est loin d'être un acquis.
UN
nouvel accord politique a encore été trouvé
avant-hier lundi au palais de la présidence de
la République. Celui-ci concerne le retour à la
sérénité au sein du conseil municipal de
Port-Gentil. Les conseillers municipaux issus
des partis politiques de la majorité
présidentielle qui étaient en conflit ouvert
avec le maire Séraphin Ndaot Rembogo, depuis le
29 décembre 2006, ont signé un "pacte de
confiance" avec leur édile. C'était en présence
du chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, du
Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, du
responsable politique de la province de l'Ogooué-Maritime,
Jean Ping, et du ministre d'Etat en charge de
l'Intérieur, André Obame.
Le texte signé prévoit que
ces conseillers soutiendront la candidature de
Me Ndaot à l'élection municipale du 2 mai
prochain. Ce qui devrait lui permettre de
terminer son mandat à la tête de la mairie de
Port-Gentil. Lequel durera encore six mois
environ.
Il faut rappeler que depuis
2003, la capitale économique du Gabon est
co-gérée par une alliance entre les partis de la
majorité présidentielle et le Parti gabonais du
progrès (PGP) dont est issu Me Ndaot, et qui se
situe toujours dans l'opposition. Le Parti
démocratique gabonais (PDG) qui a le plus grand
nombre de conseillers occupe trois postes de
maires adjoints, dont le premier confié à
André-Jules Reteno Y'Ombenontory. Et le
Rassemblement pour le Gabon (RPG) occupe le
poste de 4e adjoint au maire...
Le "pacte de confiance" est
une confirmation d'une double décision politique
de la part de Me Ndaot. D'abord celle de
démissionner de son siège de député (il a été
élu lors des dernières législatives de décembre
2006). Puis de se présenter à nouveau à la tête
de la mairie de Port-Gentil. Les dispositions de
la loi relative à l'élection des députés à
l'Assemblée nationale interdisant le cumul des
mandats.
Etant donné que l'actuel
mandat des maires tire à sa fin, on peut déduire
que le choix de renoncer à son siège de député
traduit l'ambition de Me Séraphin Ndaot Rembogo
de continuer encore pour longtemps à présider
aux destinées de la ville économique. Parce
qu'on voit mal comment, en dépit de son
engagement à servir sa ville natale,
l'actuel maire de Port-Gentil peut sacrifier un
mandat qui va encore durer six ans, au profit de
celui qui n'a plus que six mois de vie, sans
envisager de briguer un nouveau mandat.
C'est donc à ce niveau que la
préférence accordée à la mairie de Port-Gentil
par Me Séraphin Ndaot Rembongo, au détriment du
siège de député, peut être considérée comme un
choix risqué. Dans ce sens que l'alliance contre
nature signée entre le PGP et la majorité
présidentielle, laquelle permet à l'édile de la
capitale économique d'occuper ce poste, prendra
fin au terme du mandat actuel. Et personne ne
peut prédire que lors des prochaines élections
locales, le conseil municipal de Port-Gentil
gardera sa configuration actuelle où le PDG a le
plus grand nombre d'élus, suivi du PGP et du RPG.
RESSORTS SUFFISANTS. Au
regard des résultats des dernières élections
législatives dans cette localité, le moins que
l'on puisse dire c'est que les choses sont en
train de bouger. Car, sur quatre sièges que
compte Port-Gentil, deux sont désormais occupés
par l'Union du peuple gabonais (UPG) de Pierre
Mamboundou. De ce point de vue, malgré le
caractère différent des élections législatives
et locales, s'il arrivait que l'opposition
devienne majoritaire au conseil municipal de
Port-Gentil, la situation pourrait se compliquer
pour Me Ndaot Rembogo. Car, il devrait négocier
une nouvelle alliance avec les partis politiques
issus de ce camp politique.
Il est certes vrai que le
Parti gabonais du progrès (PGP) se situe
toujours dans l'opposition. Mais est-ce qu'au
sein du groupe composé de l'Union du peuple
gabonais, l'Union gabonaise pour la démocratie
et le développement (UGDD) de Zacharie Myboto,
et le Congrès pour la démocratie et la Justice (CDJ)
de Jules-Aristide Ogouliguende, lé PGP est
sincèrement considéré comme tel ? Ces formations
politiques ne reprochent-ils pas à Me Ndaot et
au PGP l'alliance contre nature signée avec la
majorité présidentielle pour co-gérer la mairie
de Port-Gentil ?
Aujourd'hui on n'en est pas
encore dans ce cas de figure. Mais la politique
étant l'art du possible, pour paraphraser
François Mitterrand, toutes les éventualités
sont donc à envisager. Espérons seulement que
même si la majorité change de camp au niveau du
conseil municipal de Port-Gentil, Séraphin Ndaot
Rembogo, aura les ressorts suffisants pour
convaincre ses "amis" de l'opposition de lui
faire confiance en le reconduisant à la tête la
ville économique. Ce qui pourrait lui permettre
de ne pas regretter son choix de renoncer au
siège de député.