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Le quotidien l'Union du 23 Avril 2007

 

TENDANCES

Dépravation des moeurs: enfants en danger

Les nombreux cas d'inceste et de viol perpétrés ces derniers temps sur des petits enfants sont des signes qui appellent à une réelle prise de conscience face à ces fléaux, ainsi qu'à une meilleure protection de ces mineurs.

Il est peut-être prématuré de l'affirmer. Cependant, les faits révélés dans la presse nationale ces derniers temps, laissent présager que l'année 2007 pourrait battre les records des cas d'inceste publiés par les médias à l'échelon national.

Non pas que cette pratique, qui consiste pour un homme et une femme liés par un degré de parenté entraînant la prohibition du mariage à avoir des relations sexuelles, soit un fait nouveau: D'ailleurs, même les Saintes Ecritures relatent l'histoire de personnages bibliques qui se sont rendus coupables d'inceste. Au nombre de ces personnages, la Bible parle, à titre d'exemple, des deux filles de Loth qui devinrent enceintes de leur père pour perpétuer, selon elles, la race de ce dernier, en l'absence d'autres hommes dans la contrée.

L'on sait aussi que même si elle ne faisait pas jusque-là grand bruit dans certaines familles gabonaises, cette pratique n'en était pas moins présente. De fait, nous devons au langage de la vérité dire qu'elle a toujours existé sous une forme insidieuse, les personnes coupables de ce délit et les familles préférant en général se taire face à une telle pratique jugée honteuse, considérée aussi dans notre société comme une source de malédiction.

Toutefois, force est de reconnaître que le sujet n'a jamais autant fait parler de lui qu'aujourd'hui. Depuis le début de l'année en effet, il ne se passe pas une semaine sans que des cas d'inceste ne soient mis sur la place publique par médias interposés. Et dans cette pratique qui n'honore nullement leurs auteurs, Libreville se taille la part du lion avec des chiffres qui oscillent entre deux et trois cas signalés hebdomadairement.

La plupart des faits divers traitant de cette question mettent généralement en cause des adultes dont l'opinion nationale s'accorde aujourd'hui à reconnaître le caractère sénile de la délinquance. Ces derniers usent en effet de diverses ruses pour attirer dans leurs mailles des mineurs sans défense, afin d'assouvir leurs instincts bestiaux ou nourrir leurs noirs desseins fétichistes parle moyen du viol. Même si, dans quelques rares cas, il est parois démontré une sorte de consentement mutuel entre le père et la fille, l'oncle et la nièce, le frère et la sueur, etc. dans la nature et l'accomplissement de l'acte sexuel mis en cause.

Dans ce comportement signe de la dépravation des moeurs africaines en général, et gabonaises en particulier, il a également lieu de relever propension qu'ont des adolescents à flirter avec leurs propres cadettes. Le cas du viol perpétré la semaine dernière par un certain Wilfried Bibaka, 21 ans, sur ses jeunes soeurs de dix et 12 ans, se passe de tout commentaire, en sus du fait qu'il démontre le haut degré de sadisme de ce jeune homme. Mais qui donc faut-il condamner dans cette affaire ? Il est bien vrai que Wilfried Bibaka aune grande part de responsabilité dans le forfait qu'il a commis. Mais la Bible ne souligne-telle pas que les parents ont mangé des mangues vertes et que les enfants ont eu les dents agacées ?Autrement dit, les actes posés aujourd'hui par les mineurs et les adolescents ne sont que le reflet des comportements des adultes et de la société qui les entoure. Les adultes ne devraient donc s'en prendre qu'à eux-mêmes. Là où le bât blesse, c'est que des mineurs soient tenus en otage par des personnes qui n'ont plus d'humain due leur masse corporelle, et qui peuvent abuser d'eux au gré de leurs caprices démentiels.

La tendance est donc à la méfiance dans les foyers où le moindre geste d'un père, d'un tonton devenu subitement trop gentil à l'égard de sa nièce, d'un grand-père ou d'un grand-frère trop attentionné envers une petite-fille ou une petite sueur, est vite qualifié de suspect.

C'est que de nombreuses mères ont cessé de continuer à faire aveuglément confiance à leurs maris dont nombre d'entre eux affichent aujourd'hui des ambitions démesurées. La caricature de Lybek à ce sujet, paru il y a quelques semaines, était suffisamment claire pour démontrer effectivement la rupture de confiance entre les conjoints dans la garde des petites filles, notamment.

Manifestement, les enfants sont en danger. Il importe donc que les familles, les ONG et les pouvoirs publics oeuvrent à la mise en place d'une meilleure protection de ces mineurs. Eux qui représentent l'avenir du pays.

Source : Journal L'Union Plus du 23 Avril 2007

 



   

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