TENDANCES
Dépravation des moeurs: enfants en danger
Les nombreux cas d'inceste et
de viol perpétrés ces derniers temps sur des
petits enfants sont des signes qui appellent à
une réelle prise de conscience face à ces
fléaux, ainsi qu'à une meilleure protection de
ces mineurs.
Il
est peut-être prématuré de l'affirmer.
Cependant, les faits révélés dans la presse
nationale ces derniers temps, laissent présager
que l'année 2007 pourrait battre les records des
cas d'inceste publiés par les médias à l'échelon
national.
Non pas que cette pratique,
qui consiste pour un homme et une femme liés par
un degré de parenté entraînant la prohibition du
mariage à avoir des relations sexuelles, soit un
fait nouveau: D'ailleurs, même les Saintes
Ecritures relatent l'histoire de personnages
bibliques qui se sont rendus coupables
d'inceste. Au nombre de ces personnages, la
Bible parle, à titre d'exemple, des deux filles
de Loth qui devinrent enceintes de leur père
pour perpétuer, selon elles, la race de ce
dernier, en l'absence d'autres hommes dans la
contrée.
L'on sait aussi que même si
elle ne faisait pas jusque-là grand bruit dans
certaines familles gabonaises, cette pratique
n'en était pas moins présente. De fait, nous
devons au langage de la vérité dire qu'elle a
toujours existé sous une forme insidieuse, les
personnes coupables de ce délit et les familles
préférant en général se taire face à une telle
pratique jugée honteuse, considérée aussi dans
notre société comme une source de malédiction.
Toutefois, force est de
reconnaître que le sujet n'a jamais autant fait
parler de lui qu'aujourd'hui. Depuis le début de
l'année en effet, il ne se passe pas une semaine
sans que des cas d'inceste ne soient mis sur la
place publique par médias interposés. Et dans
cette pratique qui n'honore nullement leurs
auteurs, Libreville se taille la part du lion
avec des chiffres qui oscillent entre deux et
trois cas signalés hebdomadairement.
La plupart des faits divers
traitant de cette question mettent généralement
en cause des adultes dont l'opinion nationale
s'accorde aujourd'hui à reconnaître le caractère
sénile de la délinquance. Ces derniers usent en
effet de diverses ruses pour attirer dans leurs
mailles des mineurs sans défense, afin
d'assouvir leurs instincts bestiaux ou nourrir
leurs noirs desseins fétichistes parle moyen du
viol. Même si, dans quelques rares cas, il est
parois démontré une sorte de consentement mutuel
entre le père et la fille, l'oncle et la nièce,
le frère et la sueur, etc. dans la nature et
l'accomplissement de l'acte sexuel mis en cause.
Dans ce comportement signe de
la dépravation des moeurs africaines en général,
et gabonaises en particulier, il a également
lieu de relever propension qu'ont des
adolescents à flirter avec leurs propres
cadettes. Le cas du viol perpétré la semaine
dernière par un certain Wilfried Bibaka, 21 ans,
sur ses jeunes soeurs de dix et 12 ans, se passe
de tout commentaire, en sus du fait qu'il
démontre le haut degré de sadisme de ce jeune
homme. Mais qui donc faut-il condamner dans
cette affaire ? Il est bien vrai que Wilfried
Bibaka aune grande part de responsabilité dans
le forfait qu'il a commis. Mais la Bible ne
souligne-telle pas que les parents ont mangé des
mangues vertes et que les enfants ont eu les
dents agacées ?Autrement dit, les actes posés
aujourd'hui par les mineurs et les adolescents
ne sont que le reflet des comportements des
adultes et de la société qui les entoure. Les
adultes ne devraient donc s'en prendre qu'à
eux-mêmes. Là où le bât blesse, c'est que des
mineurs soient tenus en otage par des personnes
qui n'ont plus d'humain due leur masse
corporelle, et qui peuvent abuser d'eux au gré
de leurs caprices démentiels.
La tendance est donc à la
méfiance dans les foyers où le moindre geste
d'un père, d'un tonton devenu subitement trop
gentil à l'égard de sa nièce, d'un grand-père ou
d'un grand-frère trop attentionné envers une
petite-fille ou une petite sueur, est vite
qualifié de suspect.
C'est que de nombreuses mères
ont cessé de continuer à faire aveuglément
confiance à leurs maris dont nombre d'entre eux
affichent aujourd'hui des ambitions démesurées.
La caricature de Lybek à ce sujet, paru il y a
quelques semaines, était suffisamment claire
pour démontrer effectivement la rupture de
confiance entre les conjoints dans la garde des
petites filles, notamment.
Manifestement, les enfants
sont en danger. Il importe donc que les
familles, les ONG et les pouvoirs publics
oeuvrent à la mise en place d'une meilleure
protection de ces mineurs. Eux qui
représentent l'avenir du pays.