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Le quotidien l'Union du 23 Avril 2007

 

POLLUTION MARITIME PAR LES HYDROCARBURES ET AUTRES SUBSTANCES NUISIBLES

Enfin un Plan d'urgence national pour parer aux catastrophes

Ce dispositif, qui a nécessité de longues années de préparation (28 ans), a été présenté en primeur au vice-Premier ministre en charges de l'Environnement, Georgette Koko, mercredi dernier à son cabinet. Il explique la démarche à suivre pour intervenir de façon rapide et directe en cas de déversements d'hydrocarbures et de toutes autres substances toxiques dans la mer.

LE Gabon, comme tout pays côtier, n'est pas à l'abri d'une marée noire ou d'une pollution majeure de son espace maritime. Les récents évènements de Mayumba et d'Abidjan (scandale du Probo Koala - du nom du navire qui a déversé des déchets toxiques au large des côtes ivoiriennes-) en disent long sur les menaces qui peuvent peser sur notre pays.

Comment faire si un navire transportant près de 7000 tonnes de fioul échouait sur les côtes de l'Estuaire, menaçant de mort une grande partie de nos ressources halieutiques ? La réponse est simple: déclencher le Plan d'urgence national (PUN), un mécanisme de riposte mis en place par l'Etat pour pouvoir répondre de manière efficace à un déversement massif d'hydrocarbures ou autres substances nuisibles menaçant nos côtes.

Ce dispositif comprend l'ensemble de toutes les mesures et des procédures opérationnelles et administratives nécessaires à la préparation, à la conduite des actions, à la gestion des conséquences et à son suivi. Il détermine également les obligations et les responsabilités des différents interve1ants, tout en prévoyant les il, de lutte (qui fait quoi, avec quoi, où, et comment).

"Avant que tous les acteurs impliqués dans ce processus d'alerte ne réagissent, il faut qu'ils sachent exactement ce qu'ils ont à faire. Ce sera l'objet du séminaire que nous allons organiser. Nous allons informer et sensibiliser tous ces acteurs appelés à réagir en cas de catastrophes et définir pour chacun son domaine d'intervention" a précisé le coordonnateur national du PUN, Augustin Maganga Nziengui.

Le Plan d'urgence national a été élabore principalement grâce aux concours permanents de quatre départements ministériels : l'Environnement et la Protection de la nature, la Marine marchande, les Mines et la Défense nationale. Sans oublier les compagnies pétrolières regroupées au sein de l'UPEGA et leur apport technique.

Ces derniers devront donc élaborer les procédures d'alerte en collaboration étroite avec la Coordination nationale. Car si en théorie, le système peut sembler totalement fluide dans les explications du coordonnateur national, la réalité peut se relever pire que la fiction. Coordonner sur le terrain, apparaît simple sur le papier... Une autre interrogation. Les seuls et modestes moyens de l'Etat suffiront-ils à parer une éventuelle catastrophe écologique semblable à celle de l'Erika en France ?

FONCTIONNEMENT. " Aucun pays ne dispose de tous les moyens nécessaires pour faire face à une catastrophe de grandeur. L'Etat n'a pas besoin de se doter de tous les équipements antipollution. Notre pays a signé des conventions internationales. Et ces conventions nous donnent le droit de solliciter des équipements mis à la disposition des pays signataires. Dans le cadre de ces accords, le Gabon dépend du Centre de Southampton en Angleterre où il y a tous les équipements adéquats" a assuré Augustin Maganga Nziengui. Avant de nuancer: " Mais cela ne veut pas dire que l'Etat ne doit pas avoir un minimum de logistique comme des camions, des bennes... "

Cependant, le Plan d'urgence national ne sera pas déclenché à la moindre alerte de pollution. Les déversements doivent dépasser les 7000 tonnes dans le cas des hydrocarbures. En dessous de ce seuil critique, ce sont les compagnies pétrolières qui en assureront entièrement la gestion. Car l'un des avantages du PUN, est aussi sa capacité à déterminer la provenance du fioul déversé. A cet effet, on attend toujours le rapport d'expertise de la marée noire de Mayumba.

Il faut savoir que 813 navires citernes traversent chaque année nos côtes. 163 ont plus de 200 000 tonnes de chargement. Ils sont, pour la plupart, chargés d'hydrocarbures, mais aussi de minerais ou autres substances nuisibles. A l'intérieur des 253 000 km2 du domaine pétrolier national, plus de 40 compagnies pétrolières sont en activité, et particulièrement en mer (70%a). Elles possèdent 5 terminaux de chargement, 50 plates-formes de production en mer, 1000 km de pipe-line pour une production annuelle de 10 millions de tonnes de brut. Les risques sont donc bien réels.

L'efficacité du PUN se jugera donc uniquement sur le terrain avec comme première étape des exercices de simulation pour vérifier l'efficacité du système. Il faudra dans le même temps définir les zones à risque par la réalisation d'un atlas de sensibilité environnementale des côtes. Et impérativement formaliser la désignation du coordonnateur national et la composition de son bureau par la prise d'un décret de nomination et d'un arrêté y relatif. En attendant (sans le souhaiter) la première alerte…

Source : Journal L'Union Plus du 23 Avril 2007

 



   

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