MAIRIE DE LIBREVILLE
La
bataille pour la succession de Berre fait rage
Si la candidature du 2e maire
adjoint Ayo Barro est avancée dans les
milieux de la communauté Mpongwé et du Parti
démocratique gabonais, Medhi Teale, ancien
ministre, élu local pédégiste, se lance
également dans la course pour l'Hôtel de ville.
LA bataille pour la
succession d'André Dieudonné Berre à l'Hôtel de
ville de Libreville bat son plein à quelques
jours de l'élection partielle du maire de
Libreville organisée à la suite de la vacance du
poste constatée par la Cour constitutionnelle.
Aussi bien à l'Hôtel de ville
qu'au sein de la communauté Mpongwé et même de
l'appareil dirigeant du Parti démocratique
gabonais, les manoeuvres ont bel et bien
commencé pour la désignation du successeur du
maire sortant André Dieudonné Berre, sous le
coup d'une incompatibilité, pour ne pas dire, du
cumul des mandats de député et la fonction de
maire, après son élection à l'Assemblée
nationale.
Ce qui se traduit ces
derniers jours par la bataille à fleurets
mouchetés que se livrent les ténors de cette
communauté soutenant certains prétendants au
fauteuil de président du Conseil municipal de la
capitale du pays, lors des tractations,
rencontres, réunions organisées au cours
desquelles ils tentent de faire valoir leurs
positions autour du choix de celui qui trônera
pendant les huit prochains mois à l'Hôtel de
ville.
Si dans les milieux
politiques et de la Chefferie de la communauté
Mpongwé engagés dans une posture surréaliste, le
choix semble avoir été porté, lors d'une
rencontre avec les plus hauts responsables du
pays sur Alexandre Ayo Barro, deuxième maire
adjoint, pour parachever le mandat de la
coalition municipale actuelle, d'autres
candidatures se signalent. Medhi Teale a annoncé
son entrée en lice. Certains verraient bien
Delphine Pradine Yeyet ou Marie-Denis Adandé
Rapontchombo; à la tête du conseil municipal.
Toutes les quatre
candidatures issues de la même communauté à
laquelle appartient Berre, et qui compte bien
aller au bout de celui-ci, avant le passage du
flambeau à la communauté Fang lors du prochain
mandat, n'ont forcément pas les mêmes chances de
s'imposer au final.
CONTINUITE•
Effectivement, Ayo Barro, bien qu'affaibli
physiquement, jouit de beaucoup de sympathie
dans les milieux pédégistes et surtout d'une
belle estime au sein de sa communauté. Il part
avec les faveurs des pronostics, d'autant que le
choix porté dernièrement encore sur sa personne
par la notabilité Mpongwé qui n'hésite pas à
faire valoir son influence dans ce genre de
circonstance, confirme bien l'avantage qui est
le sien. Mieux, encore, son expérience dans la
gestion des affaires municipales pour, avoir
jusqu'à ce jour été aux premières loges à
l'Hôtel de ville, où il occupe le poste de
deuxième maire adjoint. Il a en charge, plus
précisément, la gestion du dossier très
sensible, des Services techniques, notamment, le
management de l'imbroglio-nébuleux? que
dénonçait à l'époque le maire Berre, des
marchés, dont celui de Mont-Bouët. Ce qui fait
de lui, l'homme de la continuité. Ce que
soutiennent ses nombreux partisans, même à la
mairie de Libreville, où l'on ne semble pas du
tout favorable à la venue d'une autre personne
pendant cette courte période allant jusqu'à la
fin du mandat en décembre prochain. Une période
de huit mois au cours de laquelle, le président
du Conseil municipal qui dispose d'avantages
sonnants et trébuchants non négligeables, jouit
d'une autorité dans la cité, devrait. tout
autant représenter sa Collectivité locale lors
de rencontres et conférences d'organisations de
maires et autres à l'étranger.
Une perception que ne
partagent pas les soutiens et partisans de Medhi
Teale qui a annoncé sa candidature à ce vote qui
doit avoir lieu dans les tout prochains jours
dans la capitale. Après sa tentative, il y a
cinq ans aujourd'hui, avant le déroulement du
vote qui avait débouché sur l'élection d'André
Dieudonné Berre, comme candidat unique du PDG à
ce scrutin, l'ancien ministre de la
Communication, revient cette fois encore avec
des ambitions bien affichées.
Son expérience politique
acquise à l'école du président de la République,
Omar Bongo Ondimba, dont il a été directeur de
Cabinet pendant plusieurs années, après son
passage en diplomatie, constitue un atout non
négligeable à mettre au service de la capitale.
L'homme semble jouir également d'une bonne image
au sein des différentes communautés de la
province de l'Estuaire. En tout cas, il est
convaincu que son heure a sonné. Ce qui lui
donne toutes les raisons d'espérer occuper le
fauteuil de maire de Libreville et de déjouer
les pronostics favorables au candidat désigné
des notables et de l'élite politique Mpongwé,
critiqués, à tort ou raison, (c'est selon),
d'avoir fermé le jeu dans cette épreuve en
présentant une seule candidature.
CONSENSUS. Entre les deux
candidats, l'hypothèse Delphine Pradine Yeyet
n'est pas à exclure dans cette course désormais
engagée pour la conquête du poste de maire de la
plus grande ville du pays. Femme rigoureuse,
rompue aux questions municipales, la sixième
maire adjoint de Libreville est présentée comme
étant la candidate d'un consensus éventuel.
C'est-à-dire, l'alternative qui éviterait un
affrontement ouvert entre ceux qui militent pour
Ayo Barro et Medhi Teale. Chargée des ressources
humaines, un volet qui aura été pendant les cinq
dernières années au centre de la gestion
municipale de l'équipe actuelle, surtout à la
suite des problèmes et grèves récurrentes ayant
émaillé le mandat de Paul Mba Abessole, Delphine
Pradine Yeyetdispose là d'une carte non
négligeable. Elle peut surprendre si tant est
que, dans l'approche Genre, sa candidature
venait être retenue par les instances du Parti
démocratique gabonais.
Même si on en parle moins, la
candidature de Marie-Denis Adandé Rapontchombo,
actuel maire du 4e arrondissement, que l'on
annonce régulièrement depuis plusieurs années,
sans au final qu'elle émerge est cette fois
encore d'actualité. Disposant d'une expérience
certaine dans la gestion municipale depuis
plusieurs années, ce pédégiste bon teint, très
effacé semble, de plus en plus, retenir
l'attention des élus locaux pédégistes qui le
verraient bien aussi conduire la dernière ligne
droite avant la fin du mandat.
Notons que dans le cadre de
cette partielle placée sous le supervision du
ministère de l'Intérieur, le collège électoral
composé des conseillers municipaux de Libreville
élira le maire parmi le ou les candidats
désignés par les partis politiques composant
ledit conseil. Le Parti démocratique gabonais
étant majoritaire au Conseil municipal, c'est
tout naturellement son candidat qui prendra
place dans le fauteuil encore chaud de André
Dieudonné Berre.