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Le quotidien l'Union du 23 Avril 2007

 

MAIRIE DE LIBREVILLE

La bataille pour la succession de Berre fait rage

Si la candidature du 2e maire adjoint Ayo Barro est avancée dans les milieux de la communauté Mpongwé et du Parti démocratique gabonais, Medhi Teale, ancien ministre, élu local pédégiste, se lance également dans la course pour l'Hôtel de ville.

LA bataille pour la succession d'André Dieudonné Berre à l'Hôtel de ville de Libreville bat son plein à quelques jours de l'élection partielle du maire de Libreville organisée à la suite de la vacance du poste constatée par la Cour constitutionnelle.

Aussi bien à l'Hôtel de ville qu'au sein de la communauté Mpongwé et même de l'appareil dirigeant du Parti démocratique gabonais, les manoeuvres ont bel et bien commencé pour la désignation du successeur du maire sortant André Dieudonné Berre, sous le coup d'une incompatibilité, pour ne pas dire, du cumul des mandats de député et la fonction de maire, après son élection à l'Assemblée nationale.

Ce qui se traduit ces derniers jours par la bataille à fleurets mouchetés que se livrent les ténors de cette communauté soutenant certains prétendants au fauteuil de président du Conseil municipal de la capitale du pays, lors des tractations, rencontres, réunions organisées au cours desquelles ils tentent de faire valoir leurs positions autour du choix de celui qui trônera pendant les huit prochains mois à l'Hôtel de ville.

Si dans les milieux politiques et de la Chefferie de la communauté Mpongwé engagés dans une posture surréaliste, le choix semble avoir été porté, lors d'une rencontre avec les plus hauts responsables du pays sur Alexandre Ayo Barro, deuxième maire adjoint, pour parachever le mandat de la coalition municipale actuelle, d'autres candidatures se signalent. Medhi Teale a annoncé son entrée en lice. Certains verraient bien Delphine Pradine Yeyet ou Marie-Denis Adandé Rapontchombo; à la tête du conseil municipal.

Toutes les quatre candidatures issues de la même communauté à laquelle appartient Berre, et qui compte bien aller au bout de celui-ci, avant le passage du flambeau à la communauté Fang lors du prochain mandat, n'ont forcément pas les mêmes chances de s'imposer au final.

CONTINUITE• Effectivement, Ayo Barro, bien qu'affaibli physiquement, jouit de beaucoup de sympathie dans les milieux pédégistes et surtout d'une belle estime au sein de sa communauté. Il part avec les faveurs des pronostics, d'autant que le choix porté dernièrement encore sur sa personne par la notabilité Mpongwé qui n'hésite pas à faire valoir son influence dans ce genre de circonstance, confirme bien l'avantage qui est le sien. Mieux, encore, son expérience dans la gestion des affaires municipales pour, avoir jusqu'à ce jour été aux premières loges à l'Hôtel de ville, où il occupe le poste de deuxième maire adjoint. Il a en charge, plus précisément, la gestion du dossier très sensible, des Services techniques, notamment, le management de l'imbroglio-nébuleux? que dénonçait à l'époque le maire Berre, des marchés, dont celui de Mont-Bouët. Ce qui fait de lui, l'homme de la continuité. Ce que soutiennent ses nombreux partisans, même à la mairie de Libreville, où l'on ne semble pas du tout favorable à la venue d'une autre personne pendant cette courte période allant jusqu'à la fin du mandat en décembre prochain. Une période de huit mois au cours de laquelle, le président du Conseil municipal qui dispose d'avantages sonnants et trébuchants non négligeables, jouit d'une autorité dans la cité, devrait. tout autant représenter sa Collectivité locale lors de rencontres et conférences d'organisations de maires et autres à l'étranger.

Une perception que ne partagent pas les soutiens et partisans de Medhi Teale qui a annoncé sa candidature à ce vote qui doit avoir lieu dans les tout prochains jours dans la capitale. Après sa tentative, il y a cinq ans aujourd'hui, avant le déroulement du vote qui avait débouché sur l'élection d'André Dieudonné Berre, comme candidat unique du PDG à ce scrutin, l'ancien ministre de la Communication, revient cette fois encore avec des ambitions bien affichées.

Son expérience politique acquise à l'école du président de la République, Omar Bongo Ondimba, dont il a été directeur de Cabinet pendant plusieurs années, après son passage en diplomatie, constitue un atout non négligeable à mettre au service de la capitale. L'homme semble jouir également d'une bonne image au sein des différentes communautés de la province de l'Estuaire. En tout cas, il est convaincu que son heure a sonné. Ce qui lui donne toutes les raisons d'espérer occuper le fauteuil de maire de Libreville et de déjouer les pronostics favorables au candidat désigné des notables et de l'élite politique Mpongwé, critiqués, à tort ou raison, (c'est selon), d'avoir fermé le jeu dans cette épreuve en présentant une seule candidature.

CONSENSUS. Entre les deux candidats, l'hypothèse Delphine Pradine Yeyet n'est pas à exclure dans cette course désormais engagée pour la conquête du poste de maire de la plus grande ville du pays. Femme rigoureuse, rompue aux questions municipales, la sixième maire adjoint de Libreville est présentée comme étant la candidate d'un consensus éventuel. C'est-à-dire, l'alternative qui éviterait un affrontement ouvert entre ceux qui militent pour Ayo Barro et Medhi Teale. Chargée des ressources humaines, un volet qui aura été pendant les cinq dernières années au centre de la gestion municipale de l'équipe actuelle, surtout à la suite des problèmes et grèves récurrentes ayant émaillé le mandat de Paul Mba Abessole, Delphine Pradine Yeyetdispose là d'une carte non négligeable. Elle peut surprendre si tant est que, dans l'approche Genre, sa candidature venait être retenue par les instances du Parti démocratique gabonais.

Même si on en parle moins, la candidature de Marie-Denis Adandé Rapontchombo, actuel maire du 4e arrondissement, que l'on annonce régulièrement depuis plusieurs années, sans au final qu'elle émerge est cette fois encore d'actualité. Disposant d'une expérience certaine dans la gestion municipale depuis plusieurs années, ce pédégiste bon teint, très effacé semble, de plus en plus, retenir l'attention des élus locaux pédégistes qui le verraient bien aussi conduire la dernière ligne droite avant la fin du mandat.

Notons que dans le cadre de cette partielle placée sous le supervision du ministère de l'Intérieur, le collège électoral composé des conseillers municipaux de Libreville élira le maire parmi le ou les candidats désignés par les partis politiques composant ledit conseil. Le Parti démocratique gabonais étant majoritaire au Conseil municipal, c'est tout naturellement son candidat qui prendra place dans le fauteuil encore chaud de André Dieudonné Berre.

Source : Journal L'Union Plus du 23 Avril 2007

 



   

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