FAIT DIVERS
L'échangiste-voyeur
d'Okala
Drôle de phantasme que celui
de ce français de 50 ans, Philippe-Maurice
Talon, chef de chantier à Socoba. Selon la
Police judiciaire (PJ), qui l'a interpellé,
l'expatrié invitait d'autres hommes à avoir des
rapports sexuels avec sa concubine, sous son
regard admiratif. De même, qu'il se plaisait à
le faire avec d'autres filles, en présence de
son amie. Un fantasme qui lui vaut aujourd'hui
des ennuis judiciaires. Récit.
PHILLIPE-MAURICE
Talon, Français, la cinquantaine révolue et chef
de chantier à la Société de construction et de
bâtiments (Socoba), a des problèmes avec la
justice gabonaise. Motif : il contraignait sa
compagne, Paulette M-M. une Gabonaise de 29 ans
- à avoir des rapports sexuels avec d'autres
hommes en sa présence. De même, il emmenait chez
lui d'autres filles et "s'exécutait" devant sa
concubine. Excédée, cette dernière a porté
plainte contre son amant pour qu'il réponde de
ses actes devant la justice.
Agissant donc sur la base de
cette plainte, la Police judiciaire (PJ) a
finalement procédé à l'interpellation du mis en
cause, qui devait être présenté hier devant le
parquet de la République. Au cours de
l'entretien qu'elle nous a accordé, en présence
du Français, la jeune femme a souligné avoir été
victime de certains sévices sexuels de la part
de son compagnon, qui l'a ensuite quittée pour
épouser une autre femme.
A la lumière de ses
explications, il ressort que Philippe-Maurice
Talon usait de pratiques sexuelles inhabituelles
pour satisfaire sa libido. "Cette situation a
longtemps duré. Aujourd'hui, j'ai de gros
problèmes de santé. Cela fait huit mois que je
n'ai pas eu mes menstrues", a déclaré la
victime.
Aux accusations formulées par
son ex-compagne, Phihppe-Maurice Talon a répondu
tout simplement qu'il s'agit d'une affaire de
jalousie. "Elle est jalouse parce que j'ai
épousé une autre femme. C'est une affaire
montée de toutes pièces"; nous a-t-il
expliqué. Pourtant, dans sa déposition, l'accusé
a bel et bien reconnu les faits qui lui sont
reprochés.
Selon la Police Judiciaire,
tout commence en 2005. Cette année-là,
Philippe-Maurice Talon vit un amour fou avec sa
nouvelle compagne, qui s'est installée chez lui
au quartier Okala. Sous les feux de l'amour, la
jeune fille a changé ses habitudes pour pouvoir
conserver son oiseau rare. Elle laisse l'homme
lui dicter sa ligne de conduite. Les premiers
mois, tout se passe comme dans le meilleur des
mondes. Certains soirs d'ailleurs, le couple
effectue des virées dans les espaces de loisirs
de la capitale.
ACTE DEGRADANT• Mais au
fil des mois, poursuit la PJ, le Français
commence à manifester des fantasmes nouveaux. A
chaque rapport sexuel, indique Paulette,
Philippe-Maurice mettait du sel dans le sexe de
sa compagne avant d'en apprécier la saveur. Dans
sa soif de satisfaire ses fantasmes crescendo,
Talon emmène un soir chez lui un Nigérian, du
nom de Moussouf, laveur de voitures dans le
quartier à fui il promet un travail bien
rémunéré.
Le jeune homme accepte
volontiers de se déplacer, sans se douter de ce
qui l'attend. Une fois à la maison, Talon
explique à Moussouf qu'il va devoir faire
l'amour à sa compagne en sa présence. Le
Nigérian se montre dubitatif quant aux réelles
intentions du Blanc.
Après des valses-hésitations,
l'Ouest-africain - venu chercher de l'argent au
Gabon - accepte de satisfaire le fantasme de son
"bienfaiteur". Mais la jeune femme que
Talon vient de tirer du sommeil se montre
réfractaire à cet acte qu'elle trouve dégradant.
"Je ne peux faire une chose pareille.!
Pour qui me prend-tu ? Je ne suis pas une
putain, moi ", tonne-t-elle.
Devant la résistance opposée
par sa compagne, le Français monte sur ses
grands chevaux. Il commence à vitupérer tout en
se cognant la tête contre le mur, comme pour
manifester sa fureur. "Tu vas le faire,
sinon, tu sors de cette maison !"
tonne-t-il.
Sous la menace, Paulette cède
aux objurgations de son compagnon. Elle fait
l'amour avec le Nigérian, en présence de son
concubin, qui se pourlèche les babines.
Des scènes similaires se
seraient multipliées les jours suivants.
L'habitude devenant une seconde nature,
Philippe-Maurice Talon prend du plaisir à
emmener chez lui des filles pour avoir des
rapports sexuels avec elles, en présence de sa
concubine. "Il finissait par nous faire
l'amour à nous toutes. Très souvent, il allait
prendre les prostituées au bord de mer et
les emmenait à la maison", a déclaré la
jeune femme, visiblement traumatisée.
Mais pourquoi avoir attendu
si longtemps avant de dénoncer ces turpitudes ?
A la justice de démêler l'écheveau.