CONTENTIEUX ÉLECTORAL/
CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE L'UNION
GABONAISE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DÉVELOPPEMENT
(UGDD)
Zacharie
Myboto dénonce les manoeuvres de certains
acteurs politiques
Tout en appréciant à leur
juste valeur certaines décisions de la Cour
constitutionnelle, le président de l'UGDD a,
face à la presse nationale et internationale,
évoqué la situation qui prévaut au terme des
législatives des 17 et 24 décembre 2006.
LE
président de l'Union gabonaise pour la
démocratie et le développement (UGDD), Zacharie
Myboto a tenu dernièrement une conférence de
presse au siège de son parti sis à l'immeuble
les Arcades de Libreville.
Cette rencontre, la première
du genre, entre Zacharie Myboto et la presse
nationale et internationale depuis les
législatives de décembre dernier, lui a permis
de donner son appréciation sur le déroulement du
scrutin, et de commenter le rendu de la Cour
constitutionnelle, sur le cas du ter siège de la
Boumi-Louétsi, ou le candidat de l'UGDD Daniel
Kombé Lékambo, a vu son élection invalidée par
la haute juridiction.
D'emblée, Zacharie Myboto a
fustigé les pratiques et comportements de nombre
d'acteurs politiques qui persistent dans la
fraude électorale, alors même que l'ensemble de
la classe politique réunie sous l'égide du
président de la République, Omar Bongo Ondimba,
s'était accordée sur les règles du jeu et les
nouveaux mécanismes de transparence adoptés lors
de la concertation politique du mois de mai
2006.
Une situation qui a non
seulement débouché sur le lourd contentieux
électoral dont la Cour a été saisie, mais
également sur l'invalidation de plusieurs
sièges, avec pour objectif, a-t-il dit, de
moraliser les acteurs politiques.
Sans toutefois remettre en
cause les décisions de la Cour
constitutionnelle, le président de l'UGDD est
longuement revenu sur le cas de requêtes
déclarées irrecevables, se fondant sur l'article
72 de la loi organique n°9/91 du 26 septembre
1991 sur la Cour constitutionnelle, laquelle
dispose que " la requête doit contenir les noms,
?renoms, adresses et qualités du ou des
requérants, le nom du ou des élus dont
l'élection est contestée, elle doit être signée
de son auteur ". Or, a fait remarquer le
président de l'Union gabonaise pour la
démocratie et le développement, cette même
disposition n'a pas été appliquée lorsqu'il
s'est agi de son cas, en 2005, alors que sa
requête était bien signée de son avocat,
conformément à l'article 120 de la loi 7/96 du
12 mars susvisée, argue-t-il. Ce qui l'a amené à
soupçonner la Cour de vouloir donner un coup de
pouce aux candidats de la majorité,
principalement du PDG.
RECRIMINATIONS. Mieux,
l'article 72 de la loi organique 9/91 ne
prévoyant pas de sanction dans le libellé, , la
Cour constitutionnelle a pris, selon lui, le 10
novembre 2006 la décision n°035/cc
portant règlement de procédure de la Cour, qui,
à son article 48, stipule que: la requête
adressée au président de la Cour
constitutionnelle et déposée au greffe de la
Cour ou auprès du délégué du gouvernement, doit
contenir, a peine d'irrecevabilité, les noms,
prénoms, adresses. Et le patron de l'UGDD
indique que si la Cour a ajouté cette mention,
c'est parce qu'elle n'a pas été convaincue de
l'absence de sanction. Conséquence, la
disposition n'a jamais été appliquée.
Revenant sur les deux cas
d'annulation des candidats de son parti, au
canton Bissok et au 1er siège de la
Boumi-Louétsi, le cas du dernier cité a suscité
son étonnement. Car il s'agit là, selon le
patron de l'UGDD, d'une situation suffisamment
grave qu'il importe de dénoncer et de condamner.
L'élection à ce siège a été invalidée pour non
remplacement de la candidate supplémente, Mme
Reine Amyar Boukinda qui, sous pression, avait
écrit à la Cenap le 24 novembre 2006 pour
retirer sa candidature sans au préalable en
informer sa hiérarchie et son candidat
titulaire. Des récriminations qui s'adressent
également à la Cenap pour n avoir pas, elle
aussi, notifié la décision à l'instance de l'UGDD.
Ainsi, s'appuyant sur
l'article 12 de la Constitution, notamment dans
son préambule, le principe de la démocratie
pluraliste et à son article 1er, alinéa 2, qui
parle des différentes libertés, dont celle
d'opinions. Sur ce dossier, Zacharie Myboto
s'étonne de l'attitude du chef de l'Etat, garant
des institutions qui avait reçu personnellement
la candidate suppléante de l'Union gabonaise
pour la démocratie et le développement.
Pour le président de PUGDD,
l'élection de son candidat au 1er siège de la
Boumi-Louétsi a été invalidée pour des
manquements imputables à la Cenap et aux
commanditaires de la lettre de retrait de la
candidature. Sans toutefois éluder une seule
question des journalistes, le président de l'UGDD
s'est montré serein et confiant quant à la bonne
santé de sa formation politique, laquelle
s'apprête à célébrer, le 30 avril prochain, le
2e anniversaire de sa formation politique, que
Zacharie Myboto souhaite placer, sous le sceau
de la consolidation et de la conquête du terrain
politique.