JOURNÉE NATIONALE DE LA FEMME
Quels
enseignements ?
Les manifestations organisées
par le ministère de la Famille, de la Protection
de l'enfance et de la Promotion de la femme,
notamment les causeries à l'immeuble Arambo, ont
enregistré une faible affluence de la gent
féminine. Contrairement aux foires et autres
expositions-ventes.
L'EDITION
2007 de la journée nationale de la femme qui a
ris fin hier par la remise du rand Prix du
président de la République à la cité de la
Démocratie, a été marquée depuis mercredi
dernier par une série de manifestations.
Lesquelles avaient essentiellement pour but de
former, sensibiliser et éduquer la gent féminine
sur les thèmes variés retenus par le ministère
de la Famille, de la Protection de l'enfance et
de la Promotion de la femme. C'est ainsi qu'au
cours de différentes causeries qui ont eu lieu à
l'immeuble Arambo, le public a reçu divers
enseignements permettant aux uns et aux autres
de faire face aux problèmes auxquels les femmes
sont confrontées quotidiennement.
Ces débats ont également été
l'occasion pour ces dernières d'avoir des
informations supplémentaires en ce qui concerne
certaines maladies telles que le paludisme, le
diabète, la drépanocytose et la leucémie.
Cependant, l'on a relevé une
faible affluence des femmes à ces séances de
réflexion organisées à leur intention, même si
elles étaient beaucoup plus présentes lors des
foires. En interrogeant certaines dames dans la
rue sur ce qu'elles pensent de cette journée,
bon nombre ont répondu que ce n'était pas leur
problème et que fêter ne changera rien à leur
situation. Comment combattre dans ce cas la
phallocratie des hommes si l'on se résigne avant
d'avoir essayé ? C'est dire le désintérêt de ces
dernières lorsqu'il` s'agit d'évoquer des sujets
relatifs à leur statut et à leur épanouissement.
Un fait qui renvoie aux propos de la
conférencière, Marie-Colette Nguema Allogho qui
a, lors de son exposé sur les femmes et la
politique déclaré : " les femmes sont
insouciantes dans la mesure où elles ne
réalisent pas à ce jour le combat qui est le
leur, ou encore le retard considérable qu'elles
accusent." Certes, bon nombre ont évoqué pour se
défendre des raisons de calendrier et
d'horaires, mais le constat qui se dégage
démontre que la gent féminine gabonaise est peu
encline aux échanges constructifs, et n'est pas
encore prête à prendre son destin en mains.
Pourtant, l'instauration il y
a quelques années par le chef de l'Etat, Omar
Bongo Ondimba, de cette journée en faveur de la
femme constitue une preuve de la place
importante qu'occupe cette catégorie de
personnes dans la société. Le Grand Prix du
président de la République qui récompense les
activités socioéconomiques est un exemple parmi
tant d'autres, qui témoigne de l'apport et du
rôle joué par ces dernières dans le secteur
économique. Ajouter à cela, l'attribution des
allocations aux jeunes filles-mères et aux
élevés de sexe féminin issues des familles
démunies .Toutes ces actions visent à encourager
les nombreuses bénéficiaires dans leurs études.
Qu'il s'agisse des femmes en
tant que mères, épouses et filles, cette
célébration est une opportunité qui permet aux
unes et autres de porter un regard attentif sur
cette composante de la société. Ou encore comme
l'a signé la ministre, Angélique Ngoma, dans son
discours de circonstance, une occasion pour la
femme gabonaise de s'affranchir des complexes et
préjugés pour mieux avancer. Car, pour inverser
la tendance qui attribue à la femme la condition
d'être inférieur à l'homme, ainsi que les
pesanteurs culturelles qui confinent cette
dernière dans les deux missions essentielles qui
sont la procréation pour perpétuer l'espèce et
travailler la terre pour nourrir la communauté,
il faut un changement radical de mentalités.
Lequel doit au préalable s'opérer chez les
principales concernées qui doivent prendre
conscience de leur valeur en s'imposant en tant
que partenaires du sexe masculin dans tous les
domaines.
En d'autres termes, compte
tenu de la complémentarité qui existe depuis la
nuit des temps entre l'homme et la femme,
qu'est-ce qui justifie aujourd'hui que la femme
ne soit pas apte à apporter ses potentialités à
l'homme dans la gestion des affaires de la cité
, quand on sait que le développement d'un
village, d'une communauté ou d'un pays dépend de
manière absolue des deux. Même si l'on relève
une sous-représentativité des femmes dans les
instances de décisions, l'on note tout de même
une certaine avancée par rapport à certains pays
où fa femme n'a pas droit au chapitre même
n'aras s'agit de défendre ses intérêts ou sa
propre vie. Aussi revient-il aux femmes
gabonaises d'acquérir une certaine maturité en
se battant aujourd'hui pour leur cause, afin de
préparer un avenir meilleur à leurs filles.