JUSTICE
Vers
l'informatisation du casier judiciaire et de la
chaîné pénale
Ce projet initié par l'ancien
Garde des Sceaux, ministre de la Justice, se met
progressivement en place en dépit d'un parcours
de steeple-chase.
L'ON s'achemine
progressivement vers l'informatisation du casier
judiciaire et de la chaîne pénale. En effet, ce
projet qui date de 2004 vient de connaître une
étape décisive avec l'acquisition par le
ministère de la justice de quatre-vingts douze
ordinateurs assortis d'accessoires. Les
responsables de la société Logicom - qui avaient
signé une convention de trois cent cinquante
millions avec le gouvernement -ont livré
dernièrement les outils informatiques
nécessaires à la mise en oeuvre de ce projet,
qualifié de prioritaire par les autorités.
L'informatisation du casier
judiciaire et de la chaîne pénale avait été
retardée par la non-fiabilité du matériel qui
avait d'abord été livré pares responsables de
Logicom, à savoir Bilal Dagher Ngouamassana,
Tarek Ngouamassana et Hassan Charkawi. A la
place des ordinateurs neufs, les trois hommes
d'affaires gabono-libanais avaient plutôt livré
au ministère de la Justice du matériel de
seconde main, lequel s'est révélé défectueux
après quelques mois d'usage seulement. Ce qui a
amené la Garde des Eaux, ministre de la justice
de l'époque, Honorine Dossou Naki, à aussitôt
initier une plainte à l'endroit des principaux
responsables de Logicom. A la suite de laquelle
Bilal Dagher et Hassan Charkawi ont été entendus
et placés dernièrement sous mandat de dépôt, en
attendant l'arrestation de leur complice Tarek
Ngouamassana en fuite au Liban. Avant d'aller au
gnouf, les responsables de Logicom ont livré du
matériel neuf au ministère de la Justice. Ce qui
donne une nouvelle chance au projet de voir le
jour.
En fait, l'informatisation du
casier judiciaire et de la chaîne pénale avait
été initiée par le ministère de la justice en
partenariat avec la mission française de
coopération. Mais selon une source proche du:
tribunal de première instance de Libreville,
l'argent qui avait été débloqué avait été
détourné par un coopérant déjà rentre au
bercail. Déterminé à concrétiser ce projet, le
gouvernement a, dans un premier temps, débloqué
une enveloppe de cent-cinquante millions de
francs, qui a servi à la mise en place du réseau
informatique.
Les autorités ont ensuite
signé une convention de trois cent cinquante
millions de F avec la société Logicom, laquelle
a malheureusement roulé le ministère de la
justice en lui livrant des ordinateurs
d'occasion valant une vingtaine de millions à
peine alors que le gouvernement avait décaissé
trois-cents cinquante millions pour du matériel
de ointe neuf. Les hommes d'affaires se sont
partagés le trop perçu, non sans verser des pots
de vin à certains hauts fonctionnaires du
ministère de la Justice: Tout cela,
indique-t-on, s'est passé à l'insu du Garde de
Sceaux. Conscient qu'il avait souillé l'honneur
du cabinet qu'il dirigeait, l'un des
fonctionnaires en question - mis en examen et
laissé en liberté provisoire - a aussitôt
démissionné de ses fonctions.
AVANCEES SIGNIFICATIVES •
De toute évidence, la ministre Honorine Dossou
Naki, connu pour son intégrité, n'a pas
apprécié. Aussi a-t-elle accepté sans hésitation
la démission de son collaborateur au lendemain
du déclenchement de l'affaire. De fait, la
ministre Dossou Naki qui a, autant que faire se
peut, oeuvré pour le rayonnement de notre
justice n'a pas voulu cautionner la concussion,
l'un des maux qui gangrènent l'appareil
étatique. Elle se réjouit d'ailleurs du travail
abattu au sein du ministère de la justice où
l'on garde d'elle l'image du détonateur des
projets qui se concrétisent aujourd'hui.
II reste que son successeur
doit apporter, à son tour, sa contribution pour
l'amélioration des conditions de travail du
personnel judiciaire. Et, l'informatisation du
casier judiciaire et de la chaîne pénale dont
les pièces se mettent progressivement en place
en constituent des avancées significatives. "
C'est un projet très important pour notre pays".
Pour le casier judiciaire, les citoyens n'auront
plus besoin de se déplacer vers leurs villes
d'origine pour avoir ce document puisqu'on sera
en réseau. II suffira d'interroger l'ordinateur
pour qu'on le leur délivre le même jour ", a
relevé un haut magistrat en service au palais de
justice de Libreville. Lequel
précise que, toujours à l'actif de l'ancienne
équipe, le ministère de la justice et le palais
de justice sont déjà connectés sur Internet.
Après la livraison du
matériel informatique répondant aux normes, le
travail qui reste à faire est la vérification du
réseau. Concrètement, des orfèvres en la matière
doivent effectuer un travail en amont pour
déterminer si le circuit installé répond encore
aux exigences. Le cas échéant, le gouvernement
se verra dans l'obligation de mettre à nouveau
la main à la poche pour la mise en place de
nouvelles installations. "C'est ce à quoi les
nouvelles autorités devraient s'atteler en ce
moment. Mais je déplore qu'elles passent leur
temps à faire un grand tapage médiatique et
critiquent l'action de leurs prédécesseurs",
devait conclure notre interlocuteur.