ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 16 Avril 2007

 

JUSTICE

Vers l'informatisation du casier judiciaire et de la chaîné pénale

Ce projet initié par l'ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice, se met progressivement en place en dépit d'un parcours de steeple-chase.

L'ON s'achemine progressivement vers l'informatisation du casier judiciaire et de la chaîne pénale. En effet, ce projet qui date de 2004 vient de connaître une étape décisive avec l'acquisition par le ministère de la justice de quatre-vingts douze ordinateurs assortis d'accessoires. Les responsables de la société Logicom - qui avaient signé une convention de trois cent cinquante millions avec le gouvernement -ont livré dernièrement les outils informatiques nécessaires à la mise en oeuvre de ce projet, qualifié de prioritaire par les autorités.

L'informatisation du casier judiciaire et de la chaîne pénale avait été retardée par la non-fiabilité du matériel qui avait d'abord été livré pares responsables de Logicom, à savoir Bilal Dagher Ngouamassana, Tarek Ngouamassana et Hassan Charkawi. A la place des ordinateurs neufs, les trois hommes d'affaires gabono-libanais avaient plutôt livré au ministère de la Justice du matériel de seconde main, lequel s'est révélé défectueux après quelques mois d'usage seulement. Ce qui a amené la Garde des Eaux, ministre de la justice de l'époque, Honorine Dossou Naki, à aussitôt initier une plainte à l'endroit des principaux responsables de Logicom. A la suite de laquelle Bilal Dagher et Hassan Charkawi ont été entendus et placés dernièrement sous mandat de dépôt, en attendant l'arrestation de leur complice Tarek Ngouamassana en fuite au Liban. Avant d'aller au gnouf, les responsables de Logicom ont livré du matériel neuf au ministère de la Justice. Ce qui donne une nouvelle chance au projet de voir le jour.

En fait, l'informatisation du casier judiciaire et de la chaîne pénale avait été initiée par le ministère de la justice en partenariat avec la mission française de coopération. Mais selon une source proche du: tribunal de première instance de Libreville, l'argent qui avait été débloqué avait été détourné par un coopérant déjà rentre au bercail. Déterminé à concrétiser ce projet, le gouvernement a, dans un premier temps, débloqué une enveloppe de cent-cinquante millions de francs, qui a servi à la mise en place du réseau informatique.

Les autorités ont ensuite signé une convention de trois cent cinquante millions de F avec la société Logicom, laquelle a malheureusement roulé le ministère de la justice en lui livrant des ordinateurs d'occasion valant une vingtaine de millions à peine alors que le gouvernement avait décaissé trois-cents cinquante millions pour du matériel de ointe neuf. Les hommes d'affaires se sont partagés le trop perçu, non sans verser des pots de vin à certains hauts fonctionnaires du ministère de la Justice: Tout cela, indique-t-on, s'est passé à l'insu du Garde de Sceaux. Conscient qu'il avait souillé l'honneur du cabinet qu'il dirigeait, l'un des fonctionnaires en question - mis en examen et laissé en liberté provisoire - a aussitôt démissionné de ses fonctions.

AVANCEES SIGNIFICATIVES • De toute évidence, la ministre Honorine Dossou Naki, connu pour son intégrité, n'a pas apprécié. Aussi a-t-elle accepté sans hésitation la démission de son collaborateur au lendemain du déclenchement de l'affaire. De fait, la ministre Dossou Naki qui a, autant que faire se peut, oeuvré pour le rayonnement de notre justice n'a pas voulu cautionner la concussion, l'un des maux qui gangrènent l'appareil étatique. Elle se réjouit d'ailleurs du travail abattu au sein du ministère de la justice où l'on garde d'elle l'image du détonateur des projets qui se concrétisent aujourd'hui.

II reste que son successeur doit apporter, à son tour, sa contribution pour l'amélioration des conditions de travail du personnel judiciaire. Et, l'informatisation du casier judiciaire et de la chaîne pénale dont les pièces se mettent progressivement en place en constituent des avancées significatives. " C'est un projet très important pour notre pays". Pour le casier judiciaire, les citoyens n'auront plus besoin de se déplacer vers leurs villes d'origine pour avoir ce document puisqu'on sera en réseau. II suffira d'interroger l'ordinateur pour qu'on le leur délivre le même jour ", a relevé un haut magistrat en service au palais de

justice de Libreville. Lequel précise que, toujours à l'actif de l'ancienne équipe, le ministère de la justice et le palais de justice sont déjà connectés sur Internet.

Après la livraison du matériel informatique répondant aux normes, le travail qui reste à faire est la vérification du réseau. Concrètement, des orfèvres en la matière doivent effectuer un travail en amont pour déterminer si le circuit installé répond encore aux exigences. Le cas échéant, le gouvernement se verra dans l'obligation de mettre à nouveau la main à la poche pour la mise en place de nouvelles installations. "C'est ce à quoi les nouvelles autorités devraient s'atteler en ce moment. Mais je déplore qu'elles passent leur temps à faire un grand tapage médiatique et critiquent l'action de leurs prédécesseurs", devait conclure notre interlocuteur.

Source : Journal L'Union Plus du 16 Avril 2007

 



   

POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
La pierre et la niveleuse

INFRASTRUCTURES ROUTIERES
Le chef de l'État donne le coup d'envoi des travaux

PRIVATISATION DE GABON TÉLÉCOM
Aux frontières d'un acte antinational

ATELIER SUR LES APPLICATIONS DES REGLEMENTATIONS DE LA FILIÈRE VIANDE DE BROUSSE
Vers l'implication des parties prenantes

JUSTICE
Vers l'informatisation du casier judiciaire et de la chaîné pénale

Pour moi quoi…Makaya
Les problèmes dans notre Gabon d'abord là, c'est comme les montagnes russes: