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Le quotidien l'Union du 12 Avril 2007

 

FAIT DIVERS

Un enfant retrouvé mort dans une voiture

Le 8 avril dernier, le corps sans vie de Richepin Eyogo Edzang, 3 ans, a été découvert dans une voiture garée au parking de la cité de 90 logements, sise en face de la station-service de Derrière-là-prison. La bouche de l'enfant était pleine de bave et de vomissures. De même, son corps présentait de signes de brûlure et paraissait vidé de son sang. Que s'est-il passé ? Enquête sur une mort aux allures de crime rituel.

UN crime rituel de plus ? En tout cas, les habitants de la cité de 90 logements, sise en face de la station service de Derrière-la-prison, ne se privent pas de affirmer, tant le cQrps du petit Richepin Eyogo Edzang, âgé de 3 ans - découvert dans un véhicule de marque Mercedes garé au parking - présentait des signes troublants. Et pour cause, sa bouche était pleine de bave et de vomissures. De même, sa peau était brûlée par endroits. Pis, son corps paraissait vidé de son sang.

Le petit garçon qui vivait au rez-de-chaussée d'un immeuble construit en bordure de route aurait été pâté dans une pièce, avant d'être mis à mort par ses bourreaux. Avant de rendre l'âme, l'enfant aurait subi les pires sévices, jusqu'à la sodomie. "Son anus présentait des déchirures et du sang. Ils ont dû le violer avant de le tuer", a relevé un membre de sa famille. Outre cette agression anale, les bourreaux auraient repassé l'enfant à l'aide d'un fer électrique, car son corps en présentait des stigmates.

Selon la famille du petit Richepin, tout commence dimanche dernier à 14 h. A cette heure-là, le petit garçon disparaît soudainement de la terrasse de l'appartement familial. Dans un premier temps, les parents se disent qu'il se trouve dans l'un des étages de l'immeuble jouant avec les enfants des voisins. Mais le temps qui s'écoule commence à inquiéter les géniteurs. Dans une ville réputée comme un haut lieu des crimes rituels, cette disparition a de quoi faire peur.

A 17 h, le petit Richepin n'est toujours pas revenu a la maison familiale. Où est-il passé? S'est-il égaré ? Rien n'est moins sûr. La réalité est que le petit garçon vient d'être assassiné dans un appartement situé au-dessus de celui de ses parents. Ceux-ci vont devoir se rendre à l'évidence plus tard, car les recherches entamées dans tous les périmètres où il est susceptible de se trouver restent vaines.

A 19 h. Richepin ne réapparaît toujours pas. L'inquiétude des parents fait place à l'affolement. Un moment d'inattention a suffi pour que le petit garçon prenne un chemin sans retour. A force de fouiller les alentours, les proches du petit garçon finissent par retrouver son corps dissimulé dans une voiture garée au pied de l'immeuble. La découverte macabre donne lieu à des scènes d'hystérie et de colère. Dans l'immédiat, la fouille de tout l'immeuble est organisée. Des jeunes gens fulminant de colère surprennent un sexagénaire en possession d'un drap maculé de sang.

PREDATEURS • Il s'agit de Pierre-Edgard Moudjegou, poète et écrivain connu dans les milieux littéraires du pays. Cuisiné par ses interlocuteurs, il aurait reconnu avoir assassiné l'enfant, en compagnie de ses amis dont un certain Igor Mombo, un professeur d'espagnol, Gérard Okoundja, identifié comme pasteur, et un agent se réclamant de la présidence de la République, connu sous le patronyme de Mboumb's.

Cueilli à son tour par les riverains fulminant de colère, ce dernier est copieusement battu. Dénudé, il a été molesté plus d'une heure durant par la foule en courroux. II a été délivré in extremis par les éléments de la gendarmerie dépêchés sur place à la cité de 90 logements.

Nous avons appris hier que ce dernier aurait rendu l'âme. De fait, il aurait succombé aux coups et blessures qui lui ont été administrés. D'après ses aveux, le petit Richepin aurait été tué dans l'appartement de Pierre-Edgard Moudjegou, présenté comme le maître de l'opération macabre. Sa voiture a été prise pour cible par les populations, qui l'ont sérieusement endommagée. Pierre-Edgard Moudjegou et certains de ses acolytes seraient actuellement entre les mains de la gendarmerie, chargée de l'enquête.

En somme, cet assassinat pose à nouveau le problème des crimes rituels dans notre pays. Des hauts fonctionnaires de l'Etat ne trouvent rien de mieux que de recourir au sang pour parvenir à leurs fins.

D'où le nombre sans cesse crescendo d'assassinats.

La question que tout le monde se pose est de savoir ce qui a pu motiver des intellectuels et cadres de haut rang à agir de la sorte, eux qui devraient s'attacher sinon à moraliser la société, du moins à vivre selon certains principes vertueux.

L'enquête ouverte par la gendarmerie permettra de savoir si les présumés assassins du petit Richepin font partie du réseau des... "prédateurs" qui sévissent à Libreville et ses environs.

Source : Journal L'Union Plus du 12 Avril 2007

 



   

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