FAIT DIVERS
Un
enfant retrouvé mort dans une voiture
Le 8 avril dernier, le corps
sans vie de Richepin Eyogo Edzang, 3 ans, a été
découvert dans une voiture garée au parking de
la cité de 90 logements, sise en face de la
station-service de Derrière-là-prison. La bouche
de l'enfant était pleine de bave et de
vomissures. De même, son corps présentait de
signes de brûlure et paraissait vidé de son
sang. Que s'est-il passé ? Enquête sur une mort
aux allures de crime rituel.
UN
crime rituel de plus ? En tout cas, les
habitants de la cité de 90 logements, sise en
face de la station service de Derrière-la-prison,
ne se privent pas de affirmer, tant le cQrps du
petit Richepin Eyogo Edzang, âgé de 3 ans -
découvert dans un véhicule de marque Mercedes
garé au parking - présentait des signes
troublants. Et pour cause, sa bouche était
pleine de bave et de vomissures. De même, sa
peau était brûlée par endroits. Pis, son corps
paraissait vidé de son sang.
Le petit garçon qui vivait au
rez-de-chaussée d'un immeuble construit en
bordure de route aurait été pâté dans une pièce,
avant d'être mis à mort par ses bourreaux. Avant
de rendre l'âme, l'enfant aurait subi les pires
sévices, jusqu'à la sodomie. "Son anus
présentait des déchirures et du sang. Ils ont dû
le violer avant de le tuer", a relevé un membre
de sa famille. Outre cette agression anale, les
bourreaux auraient repassé l'enfant à l'aide
d'un fer électrique, car son corps en présentait
des stigmates.
Selon la famille du petit
Richepin, tout commence dimanche dernier à 14 h.
A cette heure-là, le petit garçon disparaît
soudainement de la terrasse de l'appartement
familial. Dans un premier temps, les parents se
disent qu'il se trouve dans l'un des étages de
l'immeuble jouant avec les enfants des voisins.
Mais le temps qui s'écoule commence à inquiéter
les géniteurs. Dans une ville réputée comme un
haut lieu des crimes rituels, cette disparition
a de quoi faire peur.
A 17 h, le petit Richepin
n'est toujours pas revenu a la maison familiale.
Où est-il passé? S'est-il égaré ? Rien n'est
moins sûr. La réalité est que le petit garçon
vient d'être assassiné dans un appartement situé
au-dessus de celui de ses parents. Ceux-ci vont
devoir se rendre à l'évidence plus tard, car les
recherches entamées dans tous les périmètres où
il est susceptible de se trouver restent vaines.
A 19 h. Richepin ne
réapparaît toujours pas. L'inquiétude des
parents fait place à l'affolement. Un moment
d'inattention a suffi pour que le petit garçon
prenne un chemin sans retour. A force de
fouiller les alentours, les proches du petit
garçon finissent par retrouver son corps
dissimulé dans une voiture garée au pied de
l'immeuble. La découverte macabre donne lieu à
des scènes d'hystérie et de colère. Dans
l'immédiat, la fouille de tout l'immeuble est
organisée. Des jeunes gens fulminant de colère
surprennent un sexagénaire en possession d'un
drap maculé de sang.
PREDATEURS • Il s'agit de
Pierre-Edgard Moudjegou, poète et écrivain connu
dans les milieux littéraires du pays. Cuisiné
par ses interlocuteurs, il aurait reconnu avoir
assassiné l'enfant, en compagnie de ses amis
dont un certain Igor Mombo, un professeur
d'espagnol, Gérard Okoundja, identifié comme
pasteur, et un agent se réclamant de la
présidence de la République, connu sous le
patronyme de Mboumb's.
Cueilli à son tour par les
riverains fulminant de colère, ce dernier est
copieusement battu. Dénudé, il a été
molesté plus d'une heure durant par la foule en
courroux. II a été délivré in extremis par les
éléments de la gendarmerie dépêchés sur place à
la cité de 90 logements.
Nous avons appris hier que ce
dernier aurait rendu l'âme. De fait, il aurait
succombé aux coups et blessures qui lui ont été
administrés. D'après ses aveux, le petit
Richepin aurait été tué dans l'appartement de
Pierre-Edgard Moudjegou, présenté comme le
maître de l'opération macabre. Sa voiture a été
prise pour cible par les populations, qui l'ont
sérieusement endommagée. Pierre-Edgard Moudjegou
et certains de ses acolytes seraient
actuellement entre les mains de la gendarmerie,
chargée de l'enquête.
En somme, cet assassinat pose
à nouveau le problème des crimes rituels dans
notre pays. Des hauts fonctionnaires de l'Etat
ne trouvent rien de mieux que de recourir au
sang pour parvenir à leurs fins.
D'où le nombre sans cesse
crescendo d'assassinats.
La question que tout le monde
se pose est de savoir ce qui a pu motiver des
intellectuels et cadres de haut rang à agir de
la sorte, eux qui devraient s'attacher sinon à
moraliser la société, du moins à vivre selon
certains principes vertueux.
L'enquête ouverte par la
gendarmerie permettra de savoir si les présumés
assassins du petit Richepin font partie du
réseau des... "prédateurs" qui sévissent à
Libreville et ses environs.