CUMUL DES MANDATS
André
Dieudonné Berre Séraphin Ndaot, Pierre
Mamboundou Maganga Moussavou déchus de leurs
mandats de maire
La Cour constitutionnelle a
constaté la vacance des postes de maires occupés
par les intéressés et celui de président du
Conseil départemental de la Basse-Banio de
Dieudonné Pambo, à l'issue de leur élection aux
dernières législatives. Des partielles doivent
être organisées dans les deux mois qui suivent
la notification desdites décisions.
ANDRÉ
Dieudonné Berre, Séraphin Ndaot Rembogo, Pierre
Mamboundou, Pierre-Claver Maganga Moussavou,
respectivement maires des communes de
Libreville, Port-Gentil, Ndendé et du 1er
arrondissement de Mouila, ainsi que le président
du Conseil départemental de la Basse-Banio,
Dieudonné Pambo, ont été déchus de leurs mandats
d'édiles et de président départemental de ces
localités par la Cour constitutionnelle
constatant la vacance de postes.
La décision de la haute
juridiction a été rendue, mardi 10 avril 2007 à
Libreville, au terme d'un délibéré ouvert à la
suite de la requête introduite par le Premier
ministre, Jean Eyéghé Ndong, aux fins de la
constatation de la vacance des postes de maires
de ces communes et de président de ce
département, intervenue après leur élection à
l'Assemblée nationale.
Dans
son rendu, les hauts juges arguent de ce que les
fonctions occupées par ces personnalités a la
tête des conseils municipaux sont incompatibles
avec un mandat parlementaire qu'ils détiennent
tous, de même qu'avec l'exercice des fonctions
de membres du gouvernement, pour ce qui concerne
Dieudonné Pambo. Ce dernier ayant été nommé en
qualité de ministre de l'Aménagement du
territoire et de la Décentralisation dans le
gouvernement Eyéghé Ndong.
La
Cour fonde sa décision sur la loi organique du
15 avril 1996 relative à l'élection des députés
à l'Assemblée, modifiée par la loi organique n°
16/002 du 30 janvier, consacrant les
incompatibilités entre lesdites fonctions avec
l'exercice d'un mandat parlementaire (article
20). Ainsi que sur la loi organique n° 10 /95 du
28 juin 1995 fixant les traitements et avantages
accordés aux membres du gouvernement, à l'appui
desquels le Premier ministre a soumis sa
requête, en énumérant les fonctions dont
l'exercice est incompatible avec leurs charges
ministérielles (article 7). Dans le dernier
texte cité, il est clairement indiqué que les
fonctions de membre du gouvernement sont, entre
autres, incompatibles avec les fonctions et
emplois publics (membres de la Cour
constitutionnelle, membre de la haute cour de
justice, membre du conseil national de la
Communication, membre du Conseil économique et
social, magistrat, maire, maire adjoint,
président ou vice-président de conseil
départemental).
DÉCISION.
Il est clair que par cette décision, la
juridiction constitutionnelle met un terme au
cumul flagrant de mandats auquel on a eu droit
depuis maintenant cinq ans. Notamment en ce qui
concerne le maire André Dieudonné Berre qui
avait bénéficié, à l'époque, en dépit de son
mandat parlementaire obtenu en même temps que
son collègue Jean-Boniface Asselé, naguère
député-maire du 3e arrondissement de la
capitale, d'une modification inscrite dans une
ordonnance taillée sur mesure et dont
l'inconstitutionnalité semble avoir clairement
été établie à la lecture de cette décision. Au
point que faisant valoir le même texte, l'édile
de Libreville et ses collègues de Port-Gentil,
Ndendé et du 2e arrondissement de Libreville,
ont tenté de conserver ces postes, en dépit de
leur élection à la chambre des députés.
C'est
dans ce contexte que devra intervenir leur
remplacement au terme de "partielles" devant
avoir lieu dans les deux mois qui suivent la
notification de cette décision aux intéressés et
aussi aux institutions de la République qui sont
les destinataires. Reste que si à Libreville,
Ndendé et même Mouila, le PDG, l'UPG et le PSD
devraient conserver lesdits postes de maires,
puisqu'ils disposent de la majorité au sein des
conseils, la tâche sera moins aisée pour le
Parti gabonais du progrès (PGP) dans la commune
de Port-Gentil. Dans la capitale économique du
pays, la coalition municipale qui avait porté le
maire Ndaot à la tête du Conseil de la ville,
avait été fragilisée ces derniers mois, à la
suite de fortes divergences ayant opposé le
président du conseil municipal et plusieurs
conseillers pédégistes qui, bien qu'étant
majoritaire, n'ont guère digéré, il faut le
reconnaître, l'élection en 2002 sur la base
d'accords au sommet des deux forces politiques
d'un édile issu de l'opposition.
Notons que, concernant
jean-Boniface Asselé, ministre-maire du
troisième arrondissement, ce dernier est le seul
rescapé de la procédure de constatation de
vacance de poste par la Cour constitutionnelle.
Cela en raison de la perte de son mandat de
député au terme des dernières consultations
électorales face à Bernadette Bourobou,
candidate de l'Union du peuple gabonais. N'étant
plus sous le coup d'une incompatibilité comme ce
fut le cas pendant la dernière législature,
l'homme peut exercer la fonction ministérielle
qui est la sienne actuellement et celle d' élu
local.