COMMENTAIRE
Nombrilisme
DEPUIS les dernières
élections législatives au terme desquelles le
leader du Centre des libéraüX~ réformateurs, le
ministre député - maire du 3e arrondissement de
Libreville, jean-Boniface Assélé a été battu par
la candidate de l'Union du peuple gabonais,
Bernadette Bourobou, ainsi que l'invalidation
des élus de ce parti, Gaston Mindougani ( 2e
siège de la Lolo-Bouenguidi) et Zéphirin
Ndékabognedje ( 2e siège de la Zadié),
le CLR traverse une grave crise interne. Cette
nouvelle tourmente est la conséquence directe,
affirme un cadre parti, de l'attitude
pour le moins égocentrique que le principal
dirigeant du Centre des libéraux réformateurs a
affiché tout au long du processus électoral. Au
point d'être accusé, à tort ou à raison, par les
militants de sa formation politique, de se
servir du parti pour ses propres intérêts, de
faire du nombrilisme. Car, nombreux sont les
militants céléristes qui reprochent à
Jean-Boniface Assélé, le faible soutien apporté
à des jeunes cadres de son parti qui, contre
vents et marées, défendent les couleurs du parti
dans différentes localités du pays. Ils en
veulent pour preuve, l'abandon dont Gaston
Mindoungani et Zéphirin Ndékabognedjé, ont été
l'objet de la part du président du Centre des
libéraux réformateurs durant l'élection et
surtout lors de l'examen du contentieux
électoral ayant débouché sur leur renvoi devant
les électeurs de leurs deux circonscriptions
électorales.
Toutes choses qu'ils
assimilent à cette propension de plus en lus
forte du général Asselé qui, semblet-il, a tiré
la leçon des nombreuses trahisons dont il a été
l'objet- à ne prendre fait et cause dans une
bataille que lorsqu'il s'agit de ses proches
laissant les autres membres de son parti
politique se dépatouiller comme ils peuvent. En
un mot, à faire uniquement la promotion des
siens. Il en fut ainsi, lorsqu'il s'est agi de
la représentation du CLR au sein du gouvernement
formé après la présidentielle de 1998, et où il
opta pour sa propre fille en heu et place d'un
hiérarque du parti.
DANGER. Une attitude qui,
à la suite de nombreuses autres affichées
vis-à-vis des candidats dans l'Estuaire
notamment, a fini, cette fois, par faire sauter
le couvercle de la marmite déjà bouillonnante de
ce parti politique dont la cohésion subit la un
sérieux coup. La conséquence qui fut en découler
est de voir le CLR s'enfoncer dans une phase de
contestation identique à celle ayant jalonné
l'histoire du Centre des libéraux réformateurs
depuis sa création. Notamment, lorsqu'au milieu
des années 90, des hauts cadres tels que
Ingongui, Amogho, Alouba, Nyoundou, Mkoulou,
Dabany et autres avaient quitté le navire
célériste, en raison, entre autres, de
désaccords profonds intervenus entre eux et le
général Jean-Boniface Assélé. Se retrouvant dans
une situation de crise ouverte, et conscient de
ce que les mêmes causes produisent les mêmes
effets, si rien n'est fait pour solutionner les
problèmes soulevés et les griefs portés contre
le leader, il y va de l'existence même du CLR.
A ce sujet, le repli tactique
opéré par le général lors du dernier directoire
au cours duquel il a promis de répondre à toutes
ces récriminations, prouve, assurément, que
l'homme a conscience du danger réel qui plane
sur sa formation politique. Laquelle, après
l'invalidation de deux de ses élus, pourrait,
pour la première fois de son histoire, ne plus
être représentée à l'Assemblée nationale,
perdant ainsi une tribune importante pour
l'expression de cette formation, en dehors du
Sénat, où le Centre des libéraux réformateurs,
aux dires de ses détracteurs, ne ferait que de
la simple figuration. C'est donc l'avenir du
parti Il est en jeu, tout comme celui de son
leader jean-Boniface Asselé ayant perdu toute
légitimité populaire dans sa circonscription
électorale et son arrondissement après son
revers, aux dernières législatives.
Au-delà, il est évident que
la récurrence des griefs ont les militants
accablent le président célériste montre
clairement une volonté de l'homme de maintenir
la situation en l'état, notamment, en se servant
de l'appareil du parti à des fins égoïstes,
contraires aux intérêts de l'ensemble des
membres du parti. Cette fréquence ne pose pas
moins, de façon générale, la question de
l'appartenance d'un parti politique et du rôle
et des objectifs réels assignés à ces structures
dans la vie politique nationale.