CLR / RÉUNION DU DIRECTOIRE
VENDREDI DERNIER
Le repli
tactique du général
Jean-Boniface Assélé, de qui
l'ensemble des militants du Clr attendait des
réponses plausibles et rassurantes en vue de
mettre fin à la crise qui secoue actuellement le
parti, a préféré les reporter sine die.
LA
crise qui secoue actuellement le parti du
général ministre jean Boniface Assélé, le Centre
des libéraux réformateurs (CLR), est loin de
connaître son épilogue. Et pour cause, la
réunion du directoire de cette formation
politique élargie aux délégués des
arrondissements de Libreville, qui s'est tenue
vendredi dernier au siège du parti au Cabaret
des artistes, n'a rien apporté de bien concret
par rapport aux préoccupations des militants.
Au contraire de ce qu'ils
attendaient, cette réunion a plutôt accouché
d'une souris. Alors que les assises avaient pour
but d'aplanir un certain nombre de divergences
nées au lendemain de la tenue des élections
législatives, et du contentieux né de celles-ci,
les solutions attendues ont été tout simplement
reportées. Alimentant du coup les suspicions de
bien des militants qui interprètent cet
ajournement au pire comme une fuite en avant, au
mieux comme un repli tactique du général, avant
qu'il ne soit acculé dans ses derniers
retranchements.
Ce qui n'annihile nullement
?a détermination des céléristes qui veulent
coûte que coûte pousser leur président à
organiser un congrès en vue de revoir la
position du parti au sein de la majorité
présidentielle qui est qualifiée de "mouvance au
CLR" et surtout persuader les militants qu'ils
n'ont pas du tout été floués suite aux
conclusions de la Cour constitutionnelle ayant
conduit à l'invalidation des élections des deux
députés CLR : Gaston Midoungani dans le 2e siège
du département de la Lolo-Bouenguidi et Zéphirin
Ndekabognedjé dans le 2e siège du département de
la Zadié.
SIMPLE SLOGAN • Le
secrétaire général adjoint de cette formation
politique, Alexandre Tapoyo qui est intervenu au
cours de la réunion n'a pas manqué de rappeler
aux uns et aux autres les idéaux à la base de la
naissance de ce parti qui se situe à égale
distance des extrêmes Pour Alexandre Tapoyo,
"la reforme que prônent les libéraux, n'est rien
d'autre que la correction à apporter en vue
d'une amélioration des conditions de vie des
Gabonais, une amélioration des systèmes
de gestion et de contrôle de l'Etat, et une
meilleure valorisation de nos potentialités tant
humaines qu'intellectuelles."Ceci,
ajoute-t-il, ne doit pas être pris comme un
simple slogan ou une simple vue de l'esprit,
mais davantage comme une idéologie dont doivent
s'imprégner tous les céléristes.
Le SGA a également fait part
de l'état de quasi léthargie dans lequel se
trouve le parti. Avec une hiérarchie qui ne
visite pas les localités de l'intérieur du pays
et une direction qui ne se caractérise que par
des actions ponctuelles et individuelles de
certains responsables. A cela s'ajoute fait que
le secrétariat exécutif du parti est amputé par
l'absence de son premier responsable, M. Nzéngui
Mihindou, qui siège à la Cénap.
Sur sa lancée, Alexandre
Tapoyo, et avec lui les autres militants
céléristes, s'étonnent à la fois de ce que Jean
Boniface Assélé ne fait absolument rien pour la
promotion des militants de son parti, de la
méfiance qu'il affiche vis-à-vis de ceux qui, au
nom des intérêts du parti, prennent des
initiatives, des relations en dents de scie
entre le CLR et son grand-frère le PDG, de la
non assistance aux candidats CLR livrés à
eux-mêmes sur le terrain.
Nonobstant le fait que les
proches du généra font savoir à qui veut
l'entendre qu'il aurait pris conscience de la
nécessité d'aller au front aider ses militants,
il reste que le fossé entre la direction du
parti et sa base s'approfondit davantage. Il
incombe donc au président de le combler avant
qu'il ne soit trop tard. Car une mèche qui reste
trop longtemps allumée peut mettre le feu à la
poudrière et conduire à l'explosion. Ce que ne
souhaitent ni les céléristes, bien évidemment;
ni leurs alliés et sympathisants.