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Le quotidien l'Union du 10 Avril 2007

 

FAIT DIVERS

Le ministère de la Justice roulé dans la farine par des hommes d'affaires libanais

En 2004, !e gouvernement, par l'entremise du ministère de !a Justice, a signe une convention de trois-cent cinquante millions de francs avec Logicom, une société d'hommes d'affaires libanais, pour la mise en œuvre du projet d'informatisation du casier Judiciaire, de la chaîne pénale et pour combler l'insuffisance du matériel de travail des juridictions du pays. Dans ce schéma, quatre-vingt douze ordinateurs avec accessoires ont été livrés aux ayants droit. Mais ces équipements se sont révélés défectueux après seulement quelques mois d'usage. Récit d'une transaction qui a ouvert, à ses auteurs, les portes de la prison.

BILAL Dagher Ngouamassana et Hassan Charkawi, un compatriote d'origine libanaise et un Libanais, responsables de la société Logicom, viennent d'être placés sous mandat de dépôt. Ils sont poursuivis pour faux en écriture de commerce. Selon une source judiciaire, les deux hommes 'affaires tout comme leur acolyte Tarek Ngouamassana, actuellement en fuite au Liban - ont livré, en 2005, des ordinateurs de seconde main au ministère de la justice. Ce matériel qui n'aurait coûté qu'une dizaine de millions de francs à Beyrouth, s'est révélé défectueux après quelques mois seulement d'usage.

Sous la pression des autorités judiciaires, les responsables de Logicom ont été contraints d'acheter, sur place à Libreville, des ordinateurs neufs pour remplacer les mauvais appareils livrés auparavant. Mais les intéressés restent redevables vis-à-vis de l'Etat de la somme de 298 millions de francs, toutes les dépenses effectuées se chiffrant à cinquante-sept millions de francs seulement. C'est pour avoir commis un faux en écriture de commerce (fausses factures ) que Bilal Dagher Ngouamassana et Hassan Charkawi sont traduits en justice. Ils ont été placés sous mandat de dépôt, vendredi dernier, en attendant l'arrestation de leur acolyte Tarek Ngouamassana.

D'après une source proche du tribunal de première instance de Libreville, tout commence en 2004. Cette année-là, le gouvernement signe une convention de trois-cent cinquante millions de francs avec Logicom pour la mise en oeuvre du projet d'informatisation du casier judiciaire, de la chaîne pénale et pour combler le déficit en matériel de travail pour les juridictions du pays.

Une fois en possession de la somme, Logicom dépêche au Liban Hassan Charkawi A Beyrouth, l'homme d'affaires obtient du matériel informatique de seconde main à dix millions de francs seulement. Les taxes douanières se montent à quatre millions de francs environ, selon une source autorisée. Après toutes les dépenses, il reste dans les caisses de Logicom la bagatelle de 298 millions de francs.

Bilai Dagher Ngouamassa, Tarek Ngouamassa et Hassan Charkawi se partagent équitablement ce pactole, soit soixante-dix millions à chacun. Pourtant, les choses ne se passent pas comme ils le souhaitent. Les ordinateurs livrés tombent en panne, les uns après les autres. Toute chose qui étonne, à juste titre, leurs utilisateurs.

CONCUSSION. Ce problème figure parmi les dossiers qui attendent le nouveau ministre de la justice. A l'issue d'une séance de travail avec l'ensemble des chefs de juridictions, le parquet de la République de Libreville s'est chargé, avec la collaboration de la Direction générale de recherches (DGR) d'interpeller tour à tour les opérateurs économiques ayant été bénéficiaires des marchés accordés par le ministère de la justice. C'est ainsi que des sommations sont faites aux responsables de Logicom pour fournir d'autres nouveaux matériels informatiques. Deux semaines plus tard, les nouveaux appareils sont livrés au parquet et acheminés ensuite au ministère de la justice.

Dans la foulée, les autorités judiciaires ouvrent une enquête, laquelle permet finalement de découvrir la supercherie des hommes dirigeants de Logicom. Ceux-ci auraient aussi floué la douane gabonaise en présentant de fausses factures. D'où évidemment la décision des autorités de poursuivre les intéressés pour faux en écriture de commerce. En somme, Bilal Dagher Ngouamassa et Tarek Ngouamassa, ont des comptes à rendre à la justice du pays dont ils ont pris la nationalité. " S'ils avaient fait les choses correctement, nous ne serions pas arrivés jusque-là. Ce n'est pas normal qu'on vienne défier la justice de cette manière ", a relevé un agent en service au palais de justice de Libreville.

L'un des responsables de Logicom a déclaré avoir versé des pots-de-vin d'un montant de vint millions de francs à l'ancien directeur de cabinet du ministre de la justice sortant. Ce dernier a été mis en examen mais laissé en liberté provisoire. En fait, l'une des causes des grèves qu'a connues le milieu judiciaire de notre pays résultait de l'insuffisance des moyens financiers qui font défaut à la mise en place de l'informatisation du casier judiciaire et de la chaîne pénale.

Source : Journal L'Union Plus du 10 Avril 2007

 



   

FAIT DIVERS
Justice et arnaque

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COMMENTAIRE
Nombrilisme

Pour moi quoi...Makaya
POUR l'efficacité, rien n'est garanti. Mon même "mougoye" de l'autre jour m'a