ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 07 au 09 Avril 2007

 

CHRONIQUE ÉCONOMIQUE

Une institutions de façade ?

Lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite

NOTRE pays est l'un des rares en Afrique à disposer d'une panoplie d'instruments de lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite. Un ministère a été créé pour exécuter la politique gouvernementale en la matière. Il y a la Commission indépendante de lutte contre l'enrichissement illicite. La législation prévoit des moyens efficaces pour combattre la gangrène. Il y a même eu, sous l'instigation du premier président du Sénat, feu Georges Rawiri, des missions parlementaires qu'on a vu sillonner le territoire pour dénicher les prévaricateurs. Il y a la Cour des comptes, le plus sûr réservoir d'informations relatives à la gestion des deniers publics. Tout a été fait, peut-on dire.

Or, malgré la mise en musique de toutes ces institutions, les Gabonais, perplexes, attendent toujours. Où sont les conclusions des enquêtes parlementaires. Pourquoi les citoyens né disposent-ils pas des rapports de la Coures comptes ? Quel est le bilan officiel de la lutte contre l'enrichissement illicite depuis l'instauration de la Commission ? Quels sont les actes posés par le ministère ? Quant à la justice, eut-on savoir à quel niveau se situe par exemple aujourd'hui le dossier du Fodex? Les cautions ont certes été payées. Mais la suite ? En un mot, j'aimerais savoir si la corruption et l'enrichissement reculent.

J'ai été pris d'un malaise le jour où un chef d'Etat d'un pays ami, en visite chez nous, avait fait observer que les hommes d'affaires, chez lui, posaient l'argent sur la table, non en-dessous. Quelque temps auparavant, certains d'entre eux s'étaient engagés à construire de cités socio-économiques au Gabon. Mais ils avaient dû rebrousser chemin, confrontés qu'ils avaient été à l'obstacle des fameux 10% du montant de l1investissement. Une pratique qui, malgré toutes les mesures prises au plus haut niveau de l'Etat, a une espérance de vie élevée.

Dans un contexte où les comportements mafieux sont plus ou moins encouragés par l'impunité ambiante, n'est-il pas temps que la gestion des deniers publics fasse l'objet de publications régulières, notamment dans la presse nationale? Peut-être les mesures décisives initiées par le chef de l'Etat auront-elles une chance d'être appliquées. Si tant est que les détourneurs de deniers publics, les prévaricateurs avérés, les fossoyeurs de l'Etat, etc., puissent en être ébranlés.

Nous sommes dans le domaine des finances publiques. Par définition, dans un Etat qui se veut moderne, la finance publique concerne au premier chef le public. A ce titre, elle ne saurait être classée top secret, ni se réfugier derrière quelque obligation de réserve pour justifier ou cultiver son opacité. Nul n'est censé ignorer la loi, dit-on partout. Ce qu'on dit moins, c'est que, de même, nul n'est censé ignorer la loi des finances publiques: le mode de recouvrement, la répartition, la gestion, etc.

Dans un pays comme la France - dont nous nous inspirons quand la comparaison est favorable - l'obligation de réserve se justifie dans le cadre du fonctionnement d'une administration sur certains dossiers qui peuvent être sensibles: sécurité, défense, immigration, gestion des frontières, relations internationales, etc.

La Fonction publique (ou l'administration publique) est au service du peuple. Si, comme en France, le mot "public" a un sens, le peuple est donc le premier concerné, sinon le seul, par les affaires publiques. Il devrait donc être informé de la marche de l'Etat. De ce oint de vue, le législateur serait avisé d'adapter la loi, en précisant les domaines dans lesquels l'obligation de réserve doit nécessairement être appliquée. En même temps, il déclinerait clairement la partie des affaires publiques qui doivent être portées à la connaissance du public.

Actuellement galvaudée, l'obligation de réserve cache mal le souci, chez de nombreux administrateurs de crédits, de procéder à des actes délictueux en toute tranquillité et en toute impunité. Les parlementaires, qui sont avant tout les représentants du peuple, et qui par ailleurs sont censés contrôler l'action du gouvernement, devraient être assez courageux pour clarifier les concepts ;

Résumé: tout comme le citoyen a le devoir de connaître la loi, il a également le devoir civique de savoir comment son pays est géré afin qu'il puisse, dans sa souveraineté, effectuer les bons choix. Faute de quoi, il continuera à voter sur des critères extra-politiques. Ou... à s'abstenir.

Question subsidiaire: pourquoi les membres du gouvernement et autres gestionnaires de crédits sont-ils convaincus que les budgets mis à leur disposition, pour le développement, sont en réalité la contre-partie de leur allégeance au chef l'Etat ou la récompense de leur appartenance à la Majorité présidentielle ?

Source : Journal L'Union Plus du 07 au 09 Avril 2007

 



   

SUR LE SITE DE LA SEPBG À OWENDO
Les voleurs de bois

CONTENTIEUX ÉLECTORAL/ APRÈS LA DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE
Pour une pédagogie généralisée

CHRONIQUE ÉCONOMIQUE
Une institutions de façade ?

A PROPOS DU VIH/SIDA ET DE LA CIRCONSICION
Réaction du ministère de la Lutte contre le Sida

A PROPOS DU VIH/SIDA ET DE LA CIRCONSICION
Un message d'espoir trompeur

CHRONIQUE SPORTIVE
Un canular de mauvais goût

Pour moi quoi…Makaya
EH bien, on dirait qu'on n'est pas sorti de l'auberge! Ou plutôt du cybercafé