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Le quotidien l'Union du 07 au 09 Avril 2007

 

CONTENTIEUX ÉLECTORAL/ APRÈS LA DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

Pour une pédagogie généralisée

Au terme des délibérations relatives au contentieux électoral, particulièrement volumineux cette fois, Mme Madeleine Mborantsuo, a déploré qu'après autant d'efforts dans le sens de l'assainissement des textes électoraux, plusieurs acteurs politiques continuent à poser des actes délictueux. D'où l'importance de renforcer la formation et la sensibilisation tous azimuts.

LES délibérations relatives au contentieux électoral, dans le cadre des élections législatives de décembre 2006, ont pris fin il y a exactement une semaine. Avec les hauts et les bas qui l'ont caractérisé. Mais ce qui aura également marqué cet événement, c'est la déclaration du président de la Cour constitutionnelle, seule juridiction compétente en matière d'élections, Mme Marie-Madeleine Mborantsuo.

Le président de la haute juridiction qui a toujours déploré les manquements l'organisation des élections dans notre pays et condamné les comportements de certains acteurs politiques, n'a pas manqué, dans sa déclaration d'attirer l'attention des uns et des autres sur la nécessité de respecter les textes. Sans doute était-elle dans sa mission de pédagogie qu'elle a d'ailleurs justifiée.

«La mission de la Cour constitutionnelle, a-t-elle dit, qui consiste à juger, entre autres, les élections politiques dans notre pays, se doit d'être juridictionnelle sans doute, mais, également pédagogique. Juridictionnelle en ce qu'elle doit dire le droit et donc rétablir la justice là où elle a été bafouée; pédagogique en ce que chaque citoyen doit se convaincre que la fin ne justifie pas les moyens lorsqu'il sollicite les suffrages du peuple et que la volonté de l'emporter sur l'adversaire ne doit pas triompher à tout prix».

La Cour a relevé que «de manière récurrente, il s'est agi de la non remise des procès-verbaux, du refus d'admettre dans les bureaux de vote les représentants des candidats, du non convoyage des résultats par les personnes habilitées, de la résidence des bureaux de vote pares directeurs de campagne et les descendants des candidats, de l'intrusion des candidats dans les bureaux de vote, de la falsification des procès-verbaux, du défaut d'isoloir dans les bureaux de vote, des violences à l'intérieur et aux abords des bureaux de vote, de la séquestration des membres des bureaux dé vote et des commissions électorales ainsi que d'autres personnes par les fameuses brigades anti-fraudes créées par certains candidats».

Au regard de tous ces griefs, on se rend compte qu'il s'agit-là, d'une manière générale, des manquements déjà dénoncés lors des consultations antérieures. Leur récurrence peut se justifier par deux raisons: le manque de volonté de bien faire et la méconnaissance des textes. Dans tous les deux cas, la pédagogie s'impose parmi les thérapies à proposer en vue de réduire les manquements tant décriés en matière d'organisation et de tenue des élections dans notre pays.

ADHESION • L'expérience montre que la Cour constitutionnelle ne doit plus être la seule à jouer ce rôle de pédagogue en matière d'élections. La pédagogie généralisée s'impose. Que faut-il entendre par là ?

On se souviendra de ce qu'au sortir du scrutin de décembre 2006, pour coller à l'actualité, certains observateurs, notamment le Gerddes-Gabon, avaient émis beaucoup d'idées tendant à améliorer l'organisation des élections dans notre pays. Parmi celles-ci, la nécessité de sensibiliser les acteurs politiques aussi bien au niveau des leaders qu'à celui des militants et des sympathisants.

La mission de pédagogie incombe à tout le monde: gouvernement, partis politiques, institutions, médias, etc. Les enseignements tirés par le président de la haute juridiction exigent que le problème soit pris en considération à tous .les niveaux et que chaque acteur s'implique dans la recherche des solutions.

Comment dans un pays où les partis politiques et autres structures dérivées pillulent, on n'a presque jamais entendu parler d'organisation de séminaires de formation, de sensibilisation ou d'information à l'intention des militants et sympathisants de telle ou telle autre formation politique ? Comment un parti politique sérieux peut décider de n'avoir des contacts avec ses militants que lors des meetings, comme c'est presque le cas dans notre pays ? Comment un gouvernement peut-il prétendre amener les citoyens à changer les mentalités sans une réelle politique d'instruction civique à grande échelle, surtout en période électorale ?

Aujourd'hui, l'heure a sonné pour que les uns et les autres se ressaisissent et cessent de toujours jeter l'anathème sur la seule Cour constitutionnelle lorsqu'elle invalide l'élection de certains candidats ou condamnent d'autres.

Comme l'a rappelé Mme Mborantsuo, "quelle que soit sa qualité, notre loi électorale n'atteindra pas les objectifs souhaités par tous, notamment la transparence électorale, sans l'adhésion totale et sincère de tous les acteurs de la vie nationale".

Source : Journal L'Union Plus du 07 au 09 Avril 2007

 



   

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