FAIT DIVERS
Ils
vendaient le bois d'autrui
La Police judiciaire (PJ)
vient de mettre la main sur un groupe de sept
compatriotes. Il s'agit de maxime Tandoumoulongo,
Christian lbandi, Saturnin Mombo, Sosthène
Boussougou Mabika, Yves Mouketou, Joseph Nzaou
et Constant Ondo, qui volaient des grumes au
parc de la Société d'exploitation des parcs à
bois du Gabon (SEPBG) à Owendo pour le revendre
à un exploitant français. Comment opéraient ils
? Enquête sur une transaction mafieuse qui a
causé un grand manque à gagner aux sociétés
volées.
SELON
la police judiciaire (Pi), Maxime Tandoumoulongo,
Christian Ibadi, Satu rnin Mombo, Sosthène
Boussougou Mabika, Joseph Nzaou, Yves Mouketou,
Constant Ondo et leurs deux acolytes en fuite
prénommés Franck et Judicaël ont causé un manque
à gagner de plus de vingt -huit millions de
francs aux sociétés forestières dont ils
volaient le bois pour le revendre à un ex loi
tant français du nom de jérôme Sellier.
D'après le leader du groupe
mafieux Tandoumoulongo, le circuit commercial
était bien étudié à telle enseigne que
l'acheteur ne pouvait pas découvrir qu'il
s'agissait de bois volé qui lui état proposé. A
en croire le sieur Tandoumoulongo, tout commence
en décembre 2006. Ce mois-là, l'idée de revendre
le bois déposé au parc de la Société
d'exploitation des parcs à bois du Gabon (SEPBG)
par des firmes privées, lui vient à l'esprit.
Pour réussir cette opération
frauduleuse, il lui faut des complices. C'est
ainsi qu'il met à contribution Sosthène
Boussougou Mabika, chef du parc adjoint, Joseph
Nzaou et Constant Ondo, tous deux conducteurs
d'engin, Yves Moukétou, un lieutenant des Eaux
et forêts, qui se charge de l'authentification
des bordereaux, Christian Ibadi et Saturnin
Mombo (cubeurs). II intègre également deux
Jeunes hommes prénommés E'ranck et Judicaël, vi
sont actuellement en cave. En fait un vrai gang,
sinon une maffia qui va, dès lors s'attacher à
trouver un acheteur du bois volé. Maxime
Tandoumoulongo jette son dévolu sur un
exploitant français, le nommé Jérôme Sellier, à
qui il explique, documents à l'appui, qu'il
dispose de bois qu'il fait venir de Makokou, sa
région natale. II propose le produit à M.
Sellier, qui ne se doute pas qu'il s'agit d'une
transaction frauduleuse. Aussi, l'exploitant
français va-t-il signer une sorte de contrat
avec Maxime Tandoumoulongo, qui s'est fait
accompagner pour l'occasion par certains de ses
acolytes. Le principe d'achat étant acquis, le
revendeur indélicat retourne au parc pour tout
mettre en oeuvre.
Dans ce schéma, Sosthène
Boussougou Mabika a un rôle déterminant à jouer.
II se charge d'établir des bordereaux que le
lieutenant des eaux et forêts Yves Mouketou
authentifie par la suite. Pour ne pas éveiller
la curiosité de l'acheteur, les revendeurs du
bois effacent les premières inscriptions
marquées sur les grumes. C'est Constant Ondo et
Joseph Nzaou qui se chargent de déplacer les
billes du parc, en échange des espèces sonnantes
et trébuchantes que leur propose Tandoumoulongo.
~ chaque fois qu'il livre le produit,
l'intéressé entre en possession du montant
convenu au départ. Pour circonscrire les fuites
et les appétits qui viennent en mangeant, il
s'efforce de satisfaire ses acolytes à qui il ne
communique pas le montant perçu.
Ce "petit" commerce va durer
plusieurs mois jusqu'au jour où les sociétés
propriétaires du bois volé vont se rendre compte
de la disparition permanente de grumes dans
leurs différents espaces de stockage. Pour
démanteler le fameux réseau mafieux, les
sociétés concernées ont déposé plainte à la
Police judiciaire (PJ). Une enquête menée par
cette entité a finalement permis d'arrêter les
revendeurs véreux. Quant au client "receleur"
que nous avons joint par téléphone, il a déclaré
n'avoir pas su qu'il s'agissait d'un bois volé.
"C'était un réseau mafieux bien organisé. Ils
m'ont doué avec des documents authentifiés;
a expliqué M.Jérôme Sellier.