RÉUNION DE LA 7E
SESSION DU FORUM DES NATIONS UNIES SUR LES
FORETS
L'Afrique pour une position commune avant la
rencontre de New-York
Cette nécessaire ambition
devrait, selon le ministre de l'Economie
forestière, Emile Doumba, traduire les
préoccupation africaines avec les objectifs
d'ensemble relatifs aux forêts à réaliser à
l'échéance 2015.
LIBREVILLE
abrite, depuis hier, la réunion préparatoire de
la 7e session du Forum des Nations unies sur les
forêts (FNUF). Cette rencontre intervient
quelque temps après celle des pays de la
Commission des forêts d'Afrique centrale (Comifac)
tenue également dans la capitale gabonaise.
La rencontre, qui s'est
achevée hier en soirée, a permis aux parties
prenantes de dégager la position, des Etats du
bassin du Congo, en particulier sur les textes
de négociation et les autres points inscrits à
l'ordre du jour de la 7e session du FNUF prévue
dans deux semaines à New-York (Etats-Unis).
L'importance des présentes
assises résulte du fait qu'elles permettront aux
différents pays africains, non seulement de
s'accorder sur les textes de négociation soumis
à leur appréciation, mais aussi de définir les
stratégies du continent sur le FNUF 7.
Pour le Pr Jonas Nagahuédi
Mbongui Sodi, secrétaire exécutif de la Comifac,
«l'objectif de la réunion de Libreville
est de consolider et de faire
émerger, au sein du groupe Afrique, la position
panafricaine lors de ces prochaines
négociations de New-York».
Les participants, qui vont
examiner sans complaisance les points à l'ordre
du jour, doivent formuler une position commune
du groupe Afrique, de telle sorte que la 7e
session du FNUF soit une opportunité
supplémentaire pour les pays du continent de
montrer qu'ils ont atteint une réelle maturité
en matière de gestion concertée et durable de
l'écosystème forestier africain dans son
ensemble.
La prochaine rencontre de
New-York apparaît, au regard de ce qui précède,
comme une échéance capitale devant déterminer,
entre autres, l'avenir du Forum des Nations
unies sur les forêts. L'Afrique, à l'instar
d'autres régions du monde, participera également
à la prise des décisions.
Rafraîchissant la mémoire des
uns et des autres, le ministre gabonais de l'Economie
forestière, Emile Doumba, a rappelé que la
conservation et la gestion durable des forêts
étaient devenues une préoccupation majeure de la
communauté internationale depuis le Sommet de la
terre tenu à Rio de Janeiro en 1992.
Ce, au regard du rôle
essentiel que ces forêts jouent à l'échelle
planétaire dans la régulation des climats et la
protection de la biodiversité. C'est le cas,
notamment, des forêts du Bassin du Congo dans
lequel se trouve le Gabon, considéré comme la
deuxième zone forestière tropicale de la planète
après Amazonie.
DÉTERMINATION •Lors des
rencontres de Yaoundé (1999) et Brazzaville
(2005), les chefs d'Etat de l'Afrique centrale
avaient, eux aussi, affirmé à la face du monde,
leur détermination à conduire des politiques
forestières et environnementales basées sur la
gestion durable et responsable des écosystèmes
de leurs pays respectifs.
Avec les autres Etats du
continent, les pays de l'Afrique centrale ont
participé au dialogue international au sein du
"Groupe intergouvernemental sures forêts" (1995
et 1997) et du "Forum intergouvernemental sur
les forêts" (de 1997 à 2000).
«Et c'est au sein de ces
deux instances qu'ont été élaboré les plus de
230 propositions d'actions pour la gestion
durable des forêts. Celles-ci ont abouti à
l'établissement d'un Arrangement international
sur les forêts (AIF7», a fait observer Emile
Doumba, précisant que, conformément à a
résolution 2000/35 du Conseil économique et
social (CES) des Nations unies, le mandat de l'AIF
visait à promouvoir la gestion, la
conservation et le développement durable de tous
les types de forêts, et de renforcer, à ces
fins, l'engagement politique à long terme.
Aujourd'hui, le dialogue sur les forêts se
déroule principalement dans le cadre du FNUF.
Le Conseil économique et
social des Nations unies, dans la résolution
2006/49, invite la communauté internationale â
élaborer et adopter, au cours de la 7e session
du FNUF, un instrument juridiquement non
contraignant, pluriannuel pour la période
2007-2015.
OBJECTIFS. Les présentes
assises s'inscrivent donc dans le cadre de cette
résolution, et interpellent le groupe Afrique
pour la définition d'une position commune sur
l'instrument juridique considéré et l'examen du
programme de travail pluriannuel. A en croire
Emile Doumba, cette position commune devra
traduire les préoccupations africaines, en
rapport,avec les objectifs d'ensemble relatifs
aux forêts, à réaliser à l'échéance 2015.
Il s'agit, pour le premier
Objectif, de mettre fin à la réduction du
couvert forestier
dans le monde en pratiquant
une gestion forestière durable, notamment grâce
à la protection des forêts, à leur régénération,
au boisement et reboisement et redoubler
d'efforts en vue de prévenir leur dégradation.
Le deuxième objectif vise à
renforcer les avantages économiques, sociaux et
écologiques dérivés des forêts, y compris
l'amélioration des moyens de subsistance des
populations tributaires des forêts.
Enfin, le troisième objectif
vise à accroître considérablement la superficie
des forêts protégées dans le monde et celles des
forêts gérées de façon durable, et accroître la
proportion des produits forestiers provenant de
forêts sous gestion durable.
II convient de rappeler que
l'invite de la communauté forestière
internationale avait déjà été faite l'an
dernier, lors de la 6e session du FNUF. Des
avancées seraient visibles avec, notamment, la
réunion du groupe spécial d'experts tenu en
décembre dernier à New-York.
Rappelons enfin que le Forum
des Nations urnes sur les forêts est un organe
du CES des Nations unies Il a, entre autres
missions, de discuter, des expériences ainsi q~ue
des défis relatifs au développement durable des
forêts, y compris la prévention de la
déforestation. 1