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Le quotidien l'Union du 04 Avril 2007

 

ARMEMENT NUCLÉAIRE

Aider le public gabonais à comprendre les enjeux qui sous-tendent la possession de "l'arme fatale"

JOHN Newhouse, qui a écrit un livre au sujet des célèbres "Entretiens sur la limitation des armes stratégiques"(SALT) affirme: "Une réflexion sur les SALT est fort instructive, moins à cause de l'importance évidente de ces entretiens, qu'en raison du fait que les SALT sont probablement la négociation Épisodique la plus fascinante depuis le Congrès de Vienne. Donc, bien que les progrès puissent être lents et que l'affaire risque de s'enliser provisoirement, les SALT pourront avoir sur le système mondial une incidence comparable à celle du Congrès de Vienne, dont le résultat a été d'épargner à l'Europe toute grave effusion de sang pendant un siècle. Tel est l'espoir qu on peut mettre dans les SALT.

En effet, entre 1815 et 1955, lorsque Kissinger écrit son livre "Nuclear weapons and Foreign Policy"; la différence entre ces deux époques réside dans l'existence des armes nucléaires.

L'arme nucléaire est une arme de destruction massive qui utilise l'énergie de l'atome, produite soit par la fission de noyaux atomiques lourds (uranium, plutonium dans le cas des bombes A), soit par la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogène dans le cas des bombes H).

Ses effets destructeurs sont non seulement dus au souffle et à l'augmentation de la température, comme pour les explosifs classiques, mais aussi aux rayonnements. L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par équivalence avec celle dégagée par une tonne de TNT.

les physiciens, en Europe, commencent à envisager l'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique dans les années 1930 :

- la fuite des cerveaux dès 1933 après l'arrivée au pouvoir de Hitler. Mais malgré les travaux de l'Institut de chimie Kaiser-Wilhe de Berlin, pendant la guerre, la bombe allemande ne vit jamais le jour.

- les découvertes et travaux effectués au Collège de France par Frédéric et Joliot-Curie, Hans Halban et Lew Kowarski en 1939 et 1940 sont significatifs.

- un des brevets pris à cette époque porte sur les "Perfectionnements aux charges explosives"

-La Commission MAUD britannique récupère les résultats de la filière française mais surtout le Projet Manhattan.

Dans une lettre adressée au président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt (le 2 août 1929), Einstein et d'autres physiciens expliquent que l'Allemagne nazie effectue des recherches sur la fission nucléaire et ses applications possibles dans le domaine militaire comme la création d'une bombe atomique.

-14 août 1940 : le Comité consultatif pour l'uranium demande la création d'un projet de recherche sur le thème de la fission nucléaire et sur ses applications militaires. Il s'ensuit l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile; la découverte d'un second élément fissile, le plutonium. En 1943, il est décidé de passer au stade du développement.

Le Projet Manhattan voit le jour (des milliers de chercheurs, construction de plusieurs laboratoires dont le laboratoire national de Los Alamos (LANL) dirigé par le physicien Robert Oppenheimer.

Le Projet Manhattan est le nom de code du projet de recherche mené pendant la Seconde Guerre mondiale qui permit aux Etats-Unis, assistés par Ie Royaume-Uni, le Canada, et des chercheurs européens, de réaliser la première bombe atomique de l'histoire en 1945.

Le Projet Manhattan conduisit à la conception, la production, l'explosion de trois bombes atomiques (le 16 juillet 1945; le 6 août 1945; le 9 août 1945).

Ce projet coûta près de deux milliards de dollars.

PROGRAMME D'ARMEMENT • Les Etats, quels qu'ils soient, peuvent avoir trois raisons différentes au moins de se doter d'un programme d'armement nucléaire.

- le désir de se poser en puissance mondiale, fonde sur la conviction qu'un Etat incapable de se défendre contre tous les dangers possibles ne saurait postuler à ce rang. Untel Etat achètera des armes nucléaires et essaiera d'être en mesure de frapper tout adversaire potentiel. Désireux de préserver leur statut particulier, ces Etats ne risquent guère de se lancer dans une politique de prolifération, sauf, comme en Russie, dans l'éventualité d'un effondrement de l'ordre. Ils sont également les moins vulnérables aux sanctions, parce que les autres puissances mondiales font grand cas de leur coopération dans d'autres domaines (comme l'Inde) mais il y a aussi les Etats qui se sentent menacés par des voisins ayant des populations plus importantes ou dés ressources et qui peuvent considérer les armes nucléaires comme un moyen de dissuader d'éventuels ennemis de menacer leur existence. C'est particulièrement vrai si ce puissant voisin détient lui-même des armes nucléaires.

Le seul moyen d'empêcher ces Etats de se doter d'armes nucléaires serait de leur permettre de s'assurer de solides garanties de la part des puissances nucléaires existantes. Or, celles-ci ont peu de chances d'être proposées et moins encore d'être prises au sérieux (Israël-Pakistan).

Il y a enfin les Etats décidés à détruire l'équilibre des forces dans leur région et qui considèrent les armes nucléaires comme un moyen d'intimider leurs voisins et de décourager toute intervention extérieure (Irak,Corée du Nord)

Les pays qui ont renoncé aux armes nucléaires se trouvent pour l'essentiel en Amérique latine, en Afrique ou dans le pacifique Sud hors de portée des grandes puissances nucléaires et n'ayant pas de grave différend avec celles-ci, ni entre eux.

Mais on observe la tendance inverse dans les régions explosives d'Asie et du Nord-Est, du Proche-Orient et du Golfe Persique.

Un diplomate américain au, fait des affaires étrangères (Foreign policy) et des armes nucléaires (Nuclear Weapons) demande que l'on évite la dissémination de la technologie nucléaire militaire. Il rattache la nonprolifération à d'autres objectifs et demande de distinguer les pays dont les activités ne menacent pas les intérêts américains ni la paix mondiale de ceux qui s'engagent dans un programme d'armement nucléaire dans l'intention de perturber l'équilibre existant; il convient également de distinguer les Etats prêts à adhérer à des accords de non prolifération de ceux qui sont indifférents ou favorables à la prolifération.

REDUCTION DES RISQUES. Les armes nucléaires ont réduit les risques de guerre entre les pays qui en possèdent (bien que cette allégation risque fort de perdre de sa validité si les armes en question continuent à proliférer dans des pays qui ne perçoivent pas clairement leurs effets catastrophiques, ou ne font pas grand cas de la vie humaine).

Jusqu'à l'avènement de l'ère nucléaire, les pays se faisaient la guerre parce que les conséquences de la défaite, voire du coin promis, leur paraissaient plus redoutables que celles de la guerre... les ravages d'une guerre atomique seraient certainement plus effroyables que les conséquences d'un compromis voire d'une défaite. Le paradoxe de l'ère nucléaire est que le développement du potentiel atomique c'est-à-dire l'acquisition d'un vaste pouvoir total s'accompagne inévitablement d'un déclin de l'envie de s'en servir.

Notons que les différents éléments de la puissance sont économiques, militaires ou politiques.

Certains pays ont pu se doter de capacités militaires considérables malgré une économie stagnante. Aujourd'hui cependant, il est impossible de miser durablement et exclusivement sur la puissance militaire.

Nous vivons à une époque de révolution économique et technologique liée à la rapidité vertigineuse des communications. La science a, en l'espace d'une génération, accompli des progrès considérables (Informatique, Internet et le vaste domaine de la biotechnologie).

Ainsi, la puissance à long terme d'un pays dépend-elle désormais de la mise en place d'un système d'enseignement technologique performant. "C'est le nerf de la force et de la vitalité d'une société; sans lui, tous les autres type de puissances sont condamnées à s'étioler. On ne peut donc pas admettre la prolifération des armes nucléaires et d'autres outils de destruction massive. La non-prolifération doit devenir un objectif majeur de la diplomatie, et notamment de celle des puissances nucléaires.

Source : Journal L'Union Plus du 04 Avril 2007

 



   

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