ARMEMENT NUCLÉAIRE
Aider le
public gabonais à comprendre les enjeux qui
sous-tendent la possession de "l'arme fatale"
JOHN Newhouse, qui a écrit un
livre au sujet des célèbres "Entretiens sur
la limitation des armes stratégiques"(SALT)
affirme: "Une réflexion sur les SALT est fort
instructive, moins à cause de l'importance
évidente de ces entretiens, qu'en raison du fait
que les SALT sont probablement la négociation
Épisodique la plus fascinante depuis le Congrès
de Vienne. Donc, bien que les progrès puissent
être lents et que l'affaire risque de s'enliser
provisoirement, les SALT pourront avoir sur le
système mondial une incidence comparable à celle
du Congrès de Vienne, dont le résultat a été
d'épargner à l'Europe toute grave effusion de
sang pendant un siècle. Tel est l'espoir qu on
peut mettre dans les SALT.
En effet, entre 1815 et 1955,
lorsque Kissinger écrit son livre "Nuclear
weapons and Foreign Policy"; la différence entre
ces deux époques réside dans l'existence des
armes nucléaires.
L'arme nucléaire est une arme
de destruction massive qui utilise l'énergie de
l'atome, produite soit par la fission de noyaux
atomiques lourds (uranium, plutonium dans le cas
des bombes A), soit par la fusion de noyaux
atomiques légers (hydrogène dans le cas des
bombes H).
Ses effets destructeurs sont
non seulement dus au souffle et à l'augmentation
de la température, comme pour les explosifs
classiques, mais aussi aux rayonnements.
L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par
équivalence avec celle dégagée par une tonne de
TNT.
les physiciens, en Europe,
commencent à envisager l'emploi de l'énergie
atomique et de la bombe atomique dans les années
1930 :
- la fuite des cerveaux dès
1933 après l'arrivée au pouvoir de Hitler. Mais
malgré les travaux de l'Institut de chimie
Kaiser-Wilhe de Berlin, pendant la guerre, la
bombe allemande ne vit jamais le jour.
- les découvertes et travaux
effectués au Collège de France par Frédéric et
Joliot-Curie, Hans Halban et Lew Kowarski en
1939 et 1940 sont significatifs.
- un des brevets pris à cette
époque porte sur les "Perfectionnements aux
charges explosives"
-La Commission MAUD
britannique récupère les résultats de la filière
française mais surtout le Projet Manhattan.
Dans une lettre adressée au
président des Etats-Unis, Franklin Delano
Roosevelt (le 2 août 1929), Einstein et d'autres
physiciens expliquent que l'Allemagne nazie
effectue des recherches sur la fission nucléaire
et ses applications possibles dans le domaine
militaire comme la création d'une bombe
atomique.
-14 août 1940 : le Comité
consultatif pour l'uranium demande la création
d'un projet de recherche sur le thème de la
fission nucléaire et sur ses applications
militaires. Il s'ensuit l'enrichissement de
l'uranium naturel en uranium 235 fissile; la
découverte d'un second élément fissile, le
plutonium. En 1943, il est décidé de passer au
stade du développement.
Le Projet Manhattan voit le
jour (des milliers de chercheurs, construction
de plusieurs laboratoires dont le laboratoire
national de Los Alamos (LANL) dirigé par le
physicien Robert Oppenheimer.
Le Projet Manhattan est le
nom de code du projet de recherche mené pendant
la Seconde Guerre mondiale qui permit aux
Etats-Unis, assistés par Ie Royaume-Uni, le
Canada, et des chercheurs européens, de réaliser
la première bombe atomique de l'histoire en
1945.
Le Projet Manhattan conduisit
à la conception, la production, l'explosion de
trois bombes atomiques (le 16 juillet 1945; le 6
août 1945; le 9 août 1945).
Ce projet coûta près de deux
milliards de dollars.
PROGRAMME D'ARMEMENT •
Les Etats, quels qu'ils soient, peuvent avoir
trois raisons différentes au moins de se doter
d'un programme d'armement nucléaire.
- le désir de se poser en
puissance mondiale, fonde sur la conviction
qu'un Etat incapable de se défendre contre tous
les dangers possibles ne saurait postuler à ce
rang. Untel Etat achètera des armes nucléaires
et essaiera d'être en mesure de frapper tout
adversaire potentiel. Désireux de préserver leur
statut particulier, ces Etats ne risquent guère
de se lancer dans une politique de
prolifération, sauf, comme en Russie, dans
l'éventualité d'un effondrement de l'ordre. Ils
sont également les moins vulnérables aux
sanctions, parce que les autres puissances
mondiales font grand cas de leur coopération
dans d'autres domaines (comme l'Inde) mais il y
a aussi les Etats qui se sentent menacés par des
voisins ayant des populations plus importantes
ou dés ressources et qui peuvent considérer les
armes nucléaires comme un moyen de dissuader
d'éventuels ennemis de menacer leur existence.
C'est particulièrement vrai si ce puissant
voisin détient lui-même des armes nucléaires.
Le seul moyen d'empêcher ces
Etats de se doter d'armes nucléaires serait de
leur permettre de s'assurer de solides garanties
de la part des puissances nucléaires existantes.
Or, celles-ci ont peu de chances d'être
proposées et moins encore d'être prises au
sérieux (Israël-Pakistan).
Il y a enfin les Etats
décidés à détruire l'équilibre des forces dans
leur région et qui considèrent les armes
nucléaires comme un moyen d'intimider leurs
voisins et de décourager toute intervention
extérieure (Irak,Corée du Nord)
Les pays qui ont renoncé aux
armes nucléaires se trouvent pour l'essentiel en
Amérique latine, en Afrique ou dans le pacifique
Sud hors de portée des grandes puissances
nucléaires et n'ayant pas de grave différend
avec celles-ci, ni entre eux.
Mais on observe la tendance
inverse dans les régions explosives d'Asie et du
Nord-Est, du Proche-Orient et du Golfe Persique.
Un diplomate américain au,
fait des affaires étrangères (Foreign policy) et
des armes nucléaires (Nuclear Weapons) demande
que l'on évite la dissémination de la
technologie nucléaire militaire. Il rattache la
nonprolifération à d'autres objectifs et demande
de distinguer les pays dont les activités ne
menacent pas les intérêts américains ni la paix
mondiale de ceux qui s'engagent dans un
programme d'armement nucléaire dans l'intention
de perturber l'équilibre existant; il convient
également de distinguer les Etats prêts à
adhérer à des accords de non prolifération de
ceux qui sont indifférents ou favorables à la
prolifération.
REDUCTION DES RISQUES.
Les armes nucléaires ont réduit les risques de
guerre entre les pays qui en possèdent (bien que
cette allégation risque fort de perdre de sa
validité si les armes en question continuent à
proliférer dans des pays qui ne perçoivent pas
clairement leurs effets catastrophiques, ou ne
font pas grand cas de la vie humaine).
Jusqu'à l'avènement de l'ère
nucléaire, les pays se faisaient la guerre parce
que les conséquences de la défaite, voire du
coin promis, leur paraissaient plus redoutables
que celles de la guerre... les ravages d'une
guerre atomique seraient certainement plus
effroyables que les conséquences d'un compromis
voire d'une défaite. Le paradoxe de l'ère
nucléaire est que le développement du potentiel
atomique c'est-à-dire l'acquisition d'un vaste
pouvoir total s'accompagne inévitablement d'un
déclin de l'envie de s'en servir.
Notons que les différents
éléments de la puissance sont économiques,
militaires ou politiques.
Certains pays ont pu se doter
de capacités militaires considérables malgré une
économie stagnante. Aujourd'hui cependant, il
est impossible de miser durablement et
exclusivement sur la puissance militaire.
Nous vivons à une époque de
révolution économique et technologique liée à la
rapidité vertigineuse des communications. La
science a, en l'espace d'une génération,
accompli des progrès considérables
(Informatique, Internet et le vaste domaine de
la biotechnologie).
Ainsi, la puissance à long
terme d'un pays dépend-elle désormais de la mise
en place d'un système d'enseignement
technologique performant. "C'est le nerf
de la force et de la vitalité d'une société;
sans lui, tous les autres type de puissances
sont condamnées à s'étioler. On ne peut donc
pas admettre la prolifération des armes
nucléaires et d'autres outils de
destruction massive. La non-prolifération doit
devenir un objectif majeur de la diplomatie, et
notamment de celle des puissances
nucléaires.