CONSEIL NATIONAL DE L'ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR
"Orienter la nouvelle Université gabonaise"
Le Premier ministre qui
ouvrait les travaux de celte importante
rencontre a demandé aux universitaires d'aller
dans-ce sens.
LES
travaux du Conseil national de l'Enseignement
supérieur ont démarré, hier, à l'hôtel Ré-Ndama.
En présence de nombreux universitaires et de
quelques membres du gouvernement conduits par le
Premier ministre, Jean Eyéghé Ndong, qui a par
ailleurs ouvert les assises.
L'objectif de ce Conseil
national de l'Enseignement supérieur, si l'on
s'en tient aux raisons ayant présidé à sa
convocation, est de regarder l'avenir. Pour que
les changements qui s'imposent à l'Université
gabonaise ne surprennent pas ses principaux
acteurs: les enseignants et chercheurs. L'enjeu
est dans l'ouverture que commande l'évolution du
monde universitaire, lui-même, tributaire des
exigences de la société.
C'est la raison pour
laquelle, Jean Eyéghé Ndong, en ouvrant les
travaux de cette importante réunion, a déclaré
que toute la communauté universitaire attendait
le premier Conseil national de l'Enseignement
supérieur avec une grande et légitime
impatience.
Aussi, la réflexion que les
universitaires vont mener pour redéfinir et
orienter la nouvelle Université gabonaise
sera-telle en cela très importante.
Pour le Premier ministre,
deux raisons principales motivent
l'organisation de ce premier Conseil national de
l'Enseignement supérieur. La première, selon
lui, est d'ordre économique. En effet, chaque
année, l'Etat dépense, à l'extérieur du pays,
plus de quarante milliards de francs pour la
formation des jeunes Gabonais. Or, cet important
investissement n'offre pas, en termes de
rentabilité, les résultats qu'on en attend.
MONDIALISATION. La
deuxième raison, à en croire Jean Eyéghé Ndong,
réside dans la prise en compte du phénomène de
la mondialisation. Le Gabon est entré dans le
monde de la globalisation des échanges, au sein
duquel la mobilité des compétences va générer ce
que l'on peut considérer comme un nouveau genre
de colonisation. Alors, le risque est très grand
de voir, dans ces conditions, des étrangers
s'installer et prendre des décisions vitales
pour un pays souverain sans que les nationaux ne
puissent donner leur avis, parce qu'incompétents
et de ce fait écartés des instances de décision.
C'est pour prévenir ces deux
difficultés en perspective, a soutenu le Premier
ministre, que le gouvernement qu'il dirige a
donné une importante orientation : étoffer et
renforcer les établissements d'enseignement
supérieur.
Cela consiste d'une part, à
créer de nouvelles Universités dans trois villes
que sont Mouila, Port-Gentil et Oyem. '-'Chacune
de ces Universités ayant sa spécificité et sa
spécialité', a dit Jean Eyéghé Ndong qui a
précisé que plutôt que d'aller suivre, à
l'étranger, des études onéreuses et inadaptées
aux besoins du pays, les jeunes Gabonais
pourront se former chez eux, dans un contexte où
l'apprentissage les met en contact direct avec
leur terrain d'exercice professionnel. "Y a-t-il
meilleur moyen de performance et d'excellence
?", s'est interrogé le Premier ministre qui a
soutenu que cette création de nouvelles
Universités s'accompagnera, d'autre part, du
renforcement de celles déjà existantes
Libreville (UOB), Owendo (USS) et Franceville (USTM).
Il s'agit pour l'essentiel, a poursuivi le chef
du gouvernement, de les doter de nouvelles
infrastructures qui les rendront plus
fonctionnelles et plus performantes. Il a
indiqué qu'il sera bâti de nouveaux
amphithéâtres là où il faudra, de nouvelles
installations sociales, des bibliothèques seront
renforcées et modernisées. De même, le nombre de
chambres en cité universitaire devra être
augmenté.
Le Premier ministre a demandé
au Conseil national de l'Enseignement supérieur
de donner aux Universités les moyens d'atteindre
l'objectif fixé et aux universitaires un contenu
aux nouvelles Institutions créées, en termes
d'enseignement, de durée de formation et de
filières diplômantes.
En conclusion, il a félicité
les nouveaux Professeurs Adrien Sima-Eyi et
Raymond Nguema-Mvé dont les brillants succès
remportés au dernier concours du Cames
démontrent que, malgré les difficultés de toutes
sortes auxquelles elle est confrontée,
l'Université gabonaise ne se porte pas si mal.