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Le quotidien l'Union du 03 Avril 2007

 

COMMENTAIRE

Faire échec aux mauvaises pratiques

CEUX qui avaient cru voir les élections législatives se dérouler beaucoup mieux que par le passé, au sortir des accords d'Arambo s'en mordent sans doute les doigts aujourd'hui. Tant le scrutin des 17 et 24 décembre dernier a été loin d'atteindre les objectifs visés par la classe politique, notamment la transparence électorale et la consolidation de l'Etat de droit.

Si l'on s'en tient à l'avalanche des requêtes examinées par la Cour constitutionnelle tout au long du contentieux, plus encore aux invalidations et au nombre élevé d'annulations prononcées, on ne peut pas dire que les acteurs politiques ont scrupuleusement observé les règles électorales qu'ils se sont fixés de commun accord. Bien au contraire. Car ce scrutin législatif a été illustratif de ce que les pratiques électorales douteuses décriées par le passé, et qui ont souvent été à l'origine de la détérioration du climat politique dans notre pays, ont la vie dure. Démontrant à l'évidence qu'aucune loi ne pourrait prospérer dans notre pays si tant est qu'en amont les acteurs politiques ne manifestent aucunement la volonté de se soumettre aux exigences qui la sous-tendent.

A l'image donc des autres scrutins qui les ont précédées, les dernières élections législatives ont été également émaillées de nombreuses irrégularités: urnes pirates, gonflement des listes électorales, votes multiples, usurpations d'identité, fausses cartes d'électeurs, non remise de procès-verbaux, refus d'admettre dans les bureaux de vote les représentants de certains candidats, non convoyage des résultats par des personnes habilitées, séquestration des membres des bureaux de vote et des commissions électorales, défaut d'isoloir, falsification des procès-verbaux...

Autant de mauvaises pratiques auxquelles la haute juridiction s'est employée, fort heureusement, à faire échec. Nonobstant le fait qu'elle ne cesse depuis pas mal de temps déjà d'attirer l'attention des différents acteurs politiques sur ce que "l'exécution convenable par tout intervenant au processus électoral demeure la condition sine qua non du succès de l'entreprise électorale".

L'on note malheureusement que parmi ces intervenants, l'institution en charge d'organiser les élections n'a pas forcément brillé par l'organisation remarquable des élections. Bien au contraire, elle a fait parfois preuve d'un laxisme et d'une incurie qui ont contribué à bien des égards à fausser les résultats des urnes.

Au travers des décisions qu'elle a prises, la Cour constitutionnelle dont le souci est de faire en sorte que les élections soient honnêtes et transparentes s'emploie à son niveau à mettre fin aux actes douteux qui empoisonnent la vie politique nationale.

Source : Journal L'Union Plus du 03 Avril 2007

 



   

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