COMMENTAIRE
Faire
échec aux mauvaises pratiques
CEUX qui avaient cru voir les
élections législatives se dérouler beaucoup
mieux que par le passé, au sortir des accords d'Arambo
s'en mordent sans doute les doigts aujourd'hui.
Tant le scrutin des 17 et 24 décembre dernier a
été loin d'atteindre les objectifs visés par la
classe politique, notamment la transparence
électorale et la consolidation de l'Etat de
droit.
Si l'on s'en tient à
l'avalanche des requêtes examinées par la Cour
constitutionnelle tout au long du contentieux,
plus encore aux invalidations et au nombre élevé
d'annulations prononcées, on ne peut pas dire
que les acteurs politiques ont scrupuleusement
observé les règles électorales qu'ils se sont
fixés de commun accord. Bien au contraire. Car
ce scrutin législatif a été illustratif de ce
que les pratiques électorales douteuses décriées
par le passé, et qui ont souvent été à l'origine
de la détérioration du climat politique dans
notre pays, ont la vie dure. Démontrant à
l'évidence qu'aucune loi ne pourrait prospérer
dans notre pays si tant est qu'en amont les
acteurs politiques ne manifestent aucunement la
volonté de se soumettre aux exigences qui la
sous-tendent.
A l'image donc des autres
scrutins qui les ont précédées, les dernières
élections législatives ont été également
émaillées de nombreuses irrégularités: urnes
pirates, gonflement des listes électorales,
votes multiples, usurpations d'identité, fausses
cartes d'électeurs, non remise de
procès-verbaux, refus d'admettre dans les
bureaux de vote les représentants de certains
candidats, non convoyage des résultats par des
personnes habilitées, séquestration des membres
des bureaux de vote et des commissions
électorales, défaut d'isoloir, falsification des
procès-verbaux...
Autant de mauvaises pratiques
auxquelles la haute juridiction s'est employée,
fort heureusement, à faire échec. Nonobstant le
fait qu'elle ne cesse depuis pas mal de temps
déjà d'attirer l'attention des différents
acteurs politiques sur ce que "l'exécution
convenable par tout intervenant au processus
électoral demeure la condition sine qua non du
succès de l'entreprise électorale".
L'on note malheureusement que
parmi ces intervenants, l'institution en charge
d'organiser les élections n'a pas forcément
brillé par l'organisation remarquable des
élections. Bien au contraire, elle a fait
parfois preuve d'un laxisme et d'une incurie qui
ont contribué à bien des égards à fausser les
résultats des urnes.
Au travers des décisions
qu'elle a prises, la Cour constitutionnelle dont
le souci est de faire en sorte que les élections
soient honnêtes et transparentes s'emploie à son
niveau à mettre fin aux actes douteux qui
empoisonnent la vie politique nationale.