Discours du président de la
République au Sommet sur les changements
climatiques
• Excellences,
• Mesdames, Messieurs,
Le Peuple et le Gouvernement
gabonais, par ma voix, se félicitent de
l'heureuse initiative prise par le Secrétaire
général de notre Organisation, pour cette
rencontre de haut niveau sur un sujet aussi
brûlant que les changements climatiques.
Le défi mondial des
changements climatiques représente, en effet,
l'une des menaces collectives les plus graves
auxquelles notre planète est confrontée.
Ces conséquences climatiques
constituent également une menace à la paix et à
la sécurité.
Parce que, de cela nous avons
pleinement conscience, mon pays a pris des
engagements au Sommet de la Terre à Rio en 1992.
Dix ans après, au Sommet de Johannesburg, nous
avons renouvelé ces engagements.
Nous avons de même signé et
ratifié le Protocole de Kyoto.
Je suis allé personnellement
au-delà de ces engagements et le Gabon a mis, en
créant 13 parcs nationaux, 11 % de son
territoire au service de l'humanité. Avec 75 %
de forêts de production sous aménagement durable
et ces 11 % classés en parcs nationaux, mon pays
met ainsi résolument en oeuvre une politique de
gestion rationnelle des forêts et de
conservation des ressources naturelles.
D'autres mesures ont été
prises :
• identification des
activités économiques productrices de gaz à
effet de serre
• plan d'action pour les
atténuer
• instauration de quota à
l'importation des substances appauvrissant la
couche d ozone.
• Réduction, prochainement,
des gaz des torchères.
Comme vous pouvez le
constater, ce sont là des initiatives
considérables pour préserver et régénérer les
écosystèmes.
Elles sont également, au
bénéfice de l'humanité toute entière. En effet,
le patrimoine forestier du Bassin du Congo dont
la forêt gabonaise constitue une composante
essentielle, reste l'un des massifs les mieux
préservés de la planète.
C'est là un atout
considérable contre le réchauffement climatique.
Mais paradoxe, cet atout n'enlève rien au fait
que l'Afrique reste le continent le plus exposé
aux menaces des changements climatiques. Elle
qui, de surcroît, contribue le moins aux
émissions mondiales de gaz à effet de serre.
De plus les pays africains,
en général, et le Gabon, en particulier, se
doivent comme tous les pays du monde de répondre
aussi aux aspirations légitimes de leur peuple
en matière de développement, de progrès et de
bien-être.
Des infrastructures et des
équipements - voie ferrée, ports, aéroports,
routes, centrale hydroélectrique - et j'en
passe, sont nécessaires à cet effet.
Mais notre développement ne
se fera pas contre ou sans l'environnement. Il
se fera avec lui dans un équilibre voulu,
organisé et permanent entre l'homme, la nature
et les écosystèmes.
Et nous continuerons, ce
faisant, d'apporter notre contribution dans ce
combat pour notre planète et pour humanité.
Je dis alors que la
communauté internationale doit soutenir nos
efforts. Elle doit également les prolonger par
de nouvelles mesures dont l'une des premières
est que chaque Etat membre assume la part de
responsabilité qui lui revient.
Mesdames, Messieurs,
Nos pays ont déployé de
grands efforts en matière de préservation de la
nature et de respect des écosystèmes.
Il faudrait qu'ils fassent,
en retour, l'objet d'un effort sans précédent de
solidarité et de compensation de la part des
pays industrialisés, notamment en termes de
financement accru et de renforcement des
capacités.
Ainsi, nous sollicitons un
fond de stabilisation pour rémunérer les stocks
de carbone forestiers existants. Nous souhaitons
également l'entrée de nos forêts dans les
mécanismes de marché du carbone.
Par ailleurs, la lutte contre
les changements climatiques nécessite
l'utilisation de technologies nouvelles. Les
pays développés possèdent et mettent en oeuvre
ces technologies. Il faut donc aussi qu'ils
assurent leur transfert vers les pays en
développement.
Mesdames, Messieurs,
Le financement de la lutte
contre les changements climatiques demeure une
question centrale. Il nous faut des mesures
d'incitation afin de nous permettre de
poursuivre nos efforts.
Sans cela notre sous-région
d'Afrique centrale s'expose à des difficultés
économiques et sociales et l'équilibre
écologique de la planète risque d'en pâtir.
C'est pourquoi Je lance un
vibrant appel à la communauté internationale
pour la mobilisation des ressources nécessaires
pour conduire avec efficacité ce combat.
Si cet appel est entendu, si
tous les Etats Membres ont la volonté politique
de s'engager désormais avec moins d'égoïsme et
d'exécuter nos décisions sans calcul, il sera
alors possible à l'humanité de relever ensemble
le défi des changements climatiques.
Je vous remercie.