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Le quotidien l'Union du 29 et 30 Septembre 2007

 

Discours du président de la République au Sommet sur les changements climatiques

• Excellences,

• Mesdames, Messieurs,

Le Peuple et le Gouvernement gabonais, par ma voix, se félicitent de l'heureuse initiative prise par le Secrétaire général de notre Organisation, pour cette rencontre de haut niveau sur un sujet aussi brûlant que les changements climatiques.

Le défi mondial des changements climatiques représente, en effet, l'une des menaces collectives les plus graves auxquelles notre planète est confrontée.

Ces conséquences climatiques constituent également une menace à la paix et à la sécurité.

Parce que, de cela nous avons pleinement conscience, mon pays a pris des engagements au Sommet de la Terre à Rio en 1992. Dix ans après, au Sommet de Johannesburg, nous avons renouvelé ces engagements.

Nous avons de même signé et ratifié le Protocole de Kyoto.

Je suis allé personnellement au-delà de ces engagements et le Gabon a mis, en créant 13 parcs nationaux, 11 % de son territoire au service de l'humanité. Avec 75 % de forêts de production sous aménagement durable et ces 11 % classés en parcs nationaux, mon pays met ainsi résolument en oeuvre une politique de gestion rationnelle des forêts et de conservation des ressources naturelles.

D'autres mesures ont été prises :

• identification des activités économiques productrices de gaz à effet de serre

• plan d'action pour les atténuer

• instauration de quota à l'importation des substances appauvrissant la couche d ozone.

• Réduction, prochainement, des gaz des torchères.

Comme vous pouvez le constater, ce sont là des initiatives considérables pour préserver et régénérer les écosystèmes.

Elles sont également, au bénéfice de l'humanité toute entière. En effet, le patrimoine forestier du Bassin du Congo dont la forêt gabonaise constitue une composante essentielle, reste l'un des massifs les mieux préservés de la planète.

C'est là un atout considérable contre le réchauffement climatique. Mais paradoxe, cet atout n'enlève rien au fait que l'Afrique reste le continent le plus exposé aux menaces des changements climatiques. Elle qui, de surcroît, contribue le moins aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.

De plus les pays africains, en général, et le Gabon, en particulier, se doivent comme tous les pays du monde de répondre aussi aux aspirations légitimes de leur peuple en matière de développement, de progrès et de bien-être.

Des infrastructures et des équipements - voie ferrée, ports, aéroports, routes, centrale hydroélectrique - et j'en passe, sont nécessaires à cet effet.

Mais notre développement ne se fera pas contre ou sans l'environnement. Il se fera avec lui dans un équilibre voulu, organisé et permanent entre l'homme, la nature et les écosystèmes.

Et nous continuerons, ce faisant, d'apporter notre contribution dans ce combat pour notre planète et pour humanité.

Je dis alors que la communauté internationale doit soutenir nos efforts. Elle doit également les prolonger par de nouvelles mesures dont l'une des premières est que chaque Etat membre assume la part de responsabilité qui lui revient.

Mesdames, Messieurs,

Nos pays ont déployé de grands efforts en matière de préservation de la nature et de respect des écosystèmes.

Il faudrait qu'ils fassent, en retour, l'objet d'un effort sans précédent de solidarité et de compensation de la part des pays industrialisés, notamment en termes de financement accru et de renforcement des capacités.

Ainsi, nous sollicitons un fond de stabilisation pour rémunérer les stocks de carbone forestiers existants. Nous souhaitons également l'entrée de nos forêts dans les mécanismes de marché du carbone.

Par ailleurs, la lutte contre les changements climatiques nécessite l'utilisation de technologies nouvelles. Les pays développés possèdent et mettent en oeuvre ces technologies. Il faut donc aussi qu'ils assurent leur transfert vers les pays en développement.

Mesdames, Messieurs,

Le financement de la lutte contre les changements climatiques demeure une question centrale. Il nous faut des mesures d'incitation afin de nous permettre de poursuivre nos efforts.

Sans cela notre sous-région d'Afrique centrale s'expose à des difficultés économiques et sociales et l'équilibre écologique de la planète risque d'en pâtir.

C'est pourquoi Je lance un vibrant appel à la communauté internationale pour la mobilisation des ressources nécessaires pour conduire avec efficacité ce combat.

Si cet appel est entendu, si tous les Etats Membres ont la volonté politique de s'engager désormais avec moins d'égoïsme et d'exécuter nos décisions sans calcul, il sera alors possible à l'humanité de relever ensemble le défi des changements climatiques.

Je vous remercie.

Source : Journal L'Union Plus du 29 & 30/09/2007

 

 



   

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