ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 28 Septembre 2007

 

RENOUVELLEMENT DES ASSEMBLEES MUNICIPALES ET DEPARTEMENTALES

Élections locales ou pas ?

L'incertitude plane à l'a proche de l'échéance butoir du 12 janvier 2008, d'autant qu'aucune avancée n'a été enregistrée dans la mise en oeuvre des nouvelles dispositions légales sur la transparence électorale.

LES élections en vue du renouvellement des assemblées municipales et départementales qui doivent se tenir au plus tard le 12 janvier 2008 auront-elles lieu ? La question alimente les discussions au sein des états majors politiques et conseils locaux au fur a mesure que se rapproche l'échéance, en raison du mur du silence qui entoure la mise en oeuvre des nouvelles dispositions légales en matière électorale.

Il semble effectivement que la difficulté de mise en oeuvre de la biométrie soit le principal noeud gordien, le point d'achoppement du lancement effectif de ce processus, en dépit de son acceptation par l'ensemble de la classe politique qui a discuté du 24 au 31 juillet dernier sous I'égide du président Omar Bongo Ondimba, des voies et moyens de parvenir à une plus grande transparence des élections politiques dans le pays. Des divergences sont apparues à différents nouveaux de la strate politique du pays, aussi bien du gouvernement que des milieux parlementaires et politiques, au moment où l'on espérait que les choses allaient sérieusement démarrer. Outre que le coût évalué à 8 milliards de francs, énoncé lors de la dernière réunion du 31 juillet dernier autour du chef de l'Etat, divise le gouvernement où il est jugé trop onéreux en sus du financement des opérations électorales, les modalités pas assez claires d'application de ce nouveau procédé, sont venues compliquer la donne. Si côté du ministère de l' Intérieur, maître d'oeuvre du projet, on s'active tant bien que mal à rendre possible l'application de cette décision née du consensus politique gabonais, de sérieuses réserves sont de plus en plus émises quant aux garanties que ce procédé offre. Cela, même si son expérimentation dans d'autres pays du continent (République démocratique du Congo, Mauritanie, Sénégal), a débouché sur des résultats jugés satisfaisants. D'aucuns évoquent, non sans raison, encore des problèmes liés à la préservation et protection des libertés individuelles. Le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, souvent très réservé, n'avait pas hésité sur les ondes de la radio nationale, à s'interroger sur les dispositions qui seront prises pour garantir et éviter une utilisation abusive des informations recueillies à travers ce procédé d'identification infalsifiables et unique qui prend en compte, soit les empreintes digitales, la géométrie de la main, soit l'iris et la rétine de l'oeil, le visage, etc. Avant que le débat ne soit posé, ces derniers temps, dans les couloirs des deux chambres du Parlement et même dans les milieux politiques préoccupés par l'utilisation qui fourrait en être faite, par la suite, par les détenteurs des informations recueillies, posant ainsi le problème de leur sécurisation.

DONNE ELECTORALE• Dans ce flot d'éléments ravivant cette sourde controverse politique, l'atmosphère quelque peu lourde qui règne au sein même de la commission de suivi composée de 10 membres issus de la majorité, de l'opposition et du ministère de l'Intérieur, où l'absence de consensus sur différents aspects est enregistrée, ne contribue pas non plus à faire avancer les choses. D'autant qu'en sus des problèmes entravant la poursuite de leurs travaux, des divergences subsistent autour de la question de l'authentification et du contrôle instantanés des électeurs que tentent d'obtenir le camp de l'opposition afin d'éviter que des personnes ne s'inscrivent plusieurs fois durant la période de révision qui a été écourtée. Elle nécessiterait un surplus financier de l'ordre du milliard de francs, révèle une source digne de foi, ce qui alourdiraient le budget électoral déjà considérable au moment où notre pays est tenu de respecter ses engagements auprès du Fonds monétaire international (FMI) avec lequel un accord triennal exigeant des efforts drastiques a été conclu.

Il y a aussi que dans le cadre de la révision du fichier électoral, la procédure d'enrôlement, c'est-à-dire, d'inscription des électeurs présentée comme étant plus simple par certains experts de l' Administration, ne l'est pas forcément. Pire, le camp présidentiel et l'Administration sont soupçonnés de ne pas vouloir réellement aller jusqu'au bout de la mise en place de ce procédé. Lequel, selon certains experts, bien que n'étant pas nouveau en soi dans notre pays, puisqu'il est utilisé pour l'établissement des cartes d'identité nationale et cartes de séjour, au niveau de l'empreinte digitale. Son élargissement au champ électoral susciterait de rées craintes. Il pourrait selon l'opposition, considérablement modifier la donne électorale en viabilisant la liste électorale qui a toujours été à l'origine des contestations des résultats électoraux dans le pays.

Au regard de tous ces aspects, de nombreux observateurs notent une sorte de statu quo, un manque sérieux de volonté contraire à la quête affichée par la classe politique à organiser des élections transparentes et crédibles. Car, après l'adoption par le Conseil des ministres réuni le 16 mai 2007 d'un projet d'ordonnance du 21 mai 2007, portant modification de la loi portant sur les élections politiques dans notre pays, lequel texte comporte des innovations, aucune évolution notable n'a été enregistrée dans le processus de mise en oeuvre des modifications de taille approuvées par la classe politique gabonaise. L'ordonnance est toujours attendue au Parlement pour ratification et les travaux du comité piétinent quelque peu.

L'imbroglio est total, au oint de renforcer chaque jour incertitude sur la tenue cette fin d'année du vote des conseillers municipaux et départementaux élus le 29 décembre 2002. Du coup, l'hypothèse du report du scrutin, pour cas de force majeure, est sérieusement envisagée dans certains pôles, même si du côté de la Cour, celle-ci peut difficilement prospérer dans la mesure où son président Mme Marie-Madeleine Mborantsuo avait prévenu, il y a plusieurs mois déjà, la classe politique de l'urgence de se réunir pour prendre des mesures consensuelles destinées à renforcer l'outil électoral, de manière à éviter la situation de quasi panne du processus. Celle-ci se fonde sur la difficulté rencontrée par la refonte totale de la liste électorale à partir du procédé de la biométrie, sauf à engager une opération de révision sur la base de celle ayant servi jusque-là aux dernières élections contestées qui n'est nullement écartée. La date butoir d'organisation du vote étant le 12 janvier 2008, si cette consultation électorale est maintenue, il est peu probable ales dimanches 23 ou 30 Décembre soient retenus, il ne resterait donc que le 16 décembre pour la convocation du collège électoral.

Dans une telle perspective, le temps est compte autant pour l'Administration que pour la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap). Le ministère de l' Intérieur devant boucler la phase cruciale de refonte ou révision (selon le cas) du fichier pour la bonne tenue du vote qui devrait conforter l'expérimentation de la confidentialité du vote par les deux enveloppées accolées appliquées lors des élections législatives des 17 et 25 décembre 2006, ainsi que les modifications portant sur l'accès aux médias, etc.

Source : Journal L'Union Plus du 28/09/2007

 

 



   

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