RENOUVELLEMENT DES ASSEMBLEES
MUNICIPALES ET DEPARTEMENTALES
Élections locales ou pas ?
L'incertitude plane à l'a
proche de l'échéance butoir du 12 janvier 2008,
d'autant qu'aucune avancée n'a été enregistrée
dans la mise en oeuvre des nouvelles
dispositions légales sur la transparence
électorale.
LES élections en vue du
renouvellement des assemblées municipales et
départementales qui doivent se tenir au plus
tard le 12 janvier 2008 auront-elles lieu ? La
question alimente les discussions au sein des
états majors politiques et conseils locaux au
fur a mesure que se rapproche l'échéance, en
raison du mur du silence qui entoure la mise en
oeuvre des nouvelles dispositions légales en
matière électorale.
Il semble effectivement que
la difficulté de mise en oeuvre de la biométrie
soit le principal noeud gordien, le point
d'achoppement du lancement effectif de ce
processus, en dépit de son acceptation par
l'ensemble de la classe politique qui a discuté
du 24 au 31 juillet dernier sous I'égide du
président Omar Bongo Ondimba, des voies et
moyens de parvenir à une plus grande
transparence des élections politiques dans le
pays. Des divergences sont apparues à différents
nouveaux de la strate politique du pays, aussi
bien du gouvernement que des milieux
parlementaires et politiques, au moment où l'on
espérait que les choses allaient sérieusement
démarrer. Outre que le coût évalué à 8 milliards
de francs, énoncé lors de la dernière réunion du
31 juillet dernier autour du chef de l'Etat,
divise le gouvernement où il est jugé trop
onéreux en sus du financement des opérations
électorales, les modalités pas assez claires
d'application de ce nouveau procédé, sont venues
compliquer la donne. Si côté du ministère de l'
Intérieur, maître d'oeuvre du projet, on
s'active tant bien que mal à rendre possible
l'application de cette décision née du consensus
politique gabonais, de sérieuses réserves sont
de plus en plus émises quant aux garanties que
ce procédé offre. Cela, même si son
expérimentation dans d'autres pays du continent
(République démocratique du Congo, Mauritanie,
Sénégal), a débouché sur des résultats jugés
satisfaisants. D'aucuns évoquent, non sans
raison, encore des problèmes liés à la
préservation et protection des libertés
individuelles. Le président de l'Assemblée
nationale, Guy Nzouba Ndama, souvent très
réservé, n'avait pas hésité sur les ondes de la
radio nationale, à s'interroger sur les
dispositions qui seront prises pour garantir et
éviter une utilisation abusive des informations
recueillies à travers ce procédé
d'identification infalsifiables et unique qui
prend en compte, soit les empreintes digitales,
la géométrie de la main, soit l'iris et la
rétine de l'oeil, le visage, etc. Avant que le
débat ne soit posé, ces derniers temps, dans les
couloirs des deux chambres du Parlement et même
dans les milieux politiques préoccupés par
l'utilisation qui fourrait en être faite, par la
suite, par les détenteurs des informations
recueillies, posant ainsi le problème de leur
sécurisation.
DONNE ELECTORALE• Dans ce
flot d'éléments ravivant cette sourde
controverse politique, l'atmosphère quelque peu
lourde qui règne au sein même de la commission
de suivi composée de 10 membres issus de la
majorité, de l'opposition et du ministère de
l'Intérieur, où l'absence de consensus sur
différents aspects est enregistrée, ne contribue
pas non plus à faire avancer les choses.
D'autant qu'en sus des problèmes entravant la
poursuite de leurs travaux, des divergences
subsistent autour de la question de
l'authentification et du contrôle instantanés
des électeurs que tentent d'obtenir le camp de
l'opposition afin d'éviter que des personnes ne
s'inscrivent plusieurs fois durant la période de
révision qui a été écourtée. Elle nécessiterait
un surplus financier de l'ordre du milliard de
francs, révèle une source digne de foi, ce qui
alourdiraient le budget électoral déjà
considérable au moment où notre pays est tenu de
respecter ses engagements auprès du Fonds
monétaire international (FMI) avec lequel un
accord triennal exigeant des efforts drastiques
a été conclu.
Il y a aussi que dans le
cadre de la révision du fichier électoral, la
procédure d'enrôlement, c'est-à-dire,
d'inscription des électeurs présentée comme
étant plus simple par certains experts de l'
Administration, ne l'est pas forcément. Pire, le
camp présidentiel et l'Administration sont
soupçonnés de ne pas vouloir réellement aller
jusqu'au bout de la mise en place de ce procédé.
Lequel, selon certains experts, bien que n'étant
pas nouveau en soi dans notre pays, puisqu'il
est utilisé pour l'établissement des cartes
d'identité nationale et cartes de séjour,
au niveau de l'empreinte digitale. Son
élargissement au champ électoral susciterait de
rées craintes. Il pourrait selon l'opposition,
considérablement modifier la donne électorale en
viabilisant la liste électorale qui a toujours
été à l'origine des contestations des résultats
électoraux dans le pays.
Au regard de tous ces
aspects, de nombreux observateurs notent une
sorte de statu quo, un manque sérieux de volonté
contraire à la quête affichée par la classe
politique à organiser des élections
transparentes et crédibles. Car, après
l'adoption par le Conseil des ministres réuni le
16 mai 2007 d'un projet d'ordonnance du 21 mai
2007, portant modification de la loi portant sur
les élections politiques dans notre pays, lequel
texte comporte des innovations, aucune évolution
notable n'a été enregistrée dans le processus de
mise en oeuvre des modifications de taille
approuvées par la classe politique gabonaise.
L'ordonnance est toujours attendue au Parlement
pour ratification et les travaux du comité
piétinent quelque peu.
L'imbroglio est total, au
oint de renforcer chaque jour incertitude sur la
tenue cette fin d'année du vote des conseillers
municipaux et départementaux élus le 29 décembre
2002. Du coup, l'hypothèse du report du scrutin,
pour cas de force majeure, est sérieusement
envisagée dans certains pôles, même si du côté
de la Cour, celle-ci peut difficilement
prospérer dans la mesure où son président Mme
Marie-Madeleine Mborantsuo avait prévenu, il y a
plusieurs mois déjà, la classe politique de
l'urgence de se réunir pour prendre des mesures
consensuelles destinées à renforcer l'outil
électoral, de manière à éviter la situation de
quasi panne du processus. Celle-ci se fonde sur
la difficulté rencontrée par la refonte totale
de la liste électorale à partir du procédé de la
biométrie, sauf à engager une opération de
révision sur la base de celle ayant servi
jusque-là aux dernières élections contestées qui
n'est nullement écartée. La date butoir
d'organisation du vote étant le 12 janvier 2008,
si cette consultation électorale est maintenue,
il est peu probable ales dimanches 23 ou 30
Décembre soient retenus, il ne resterait donc
que le 16 décembre pour la convocation du
collège électoral.
Dans une telle perspective,
le temps est compte autant pour l'Administration
que pour la Commission électorale nationale
autonome et permanente (Cenap). Le ministère de
l' Intérieur devant boucler la phase cruciale de
refonte ou révision (selon le cas) du fichier
pour la bonne tenue du vote qui devrait
conforter l'expérimentation de la
confidentialité du vote par les deux enveloppées
accolées appliquées lors des élections
législatives des 17 et 25 décembre 2006, ainsi
que les modifications portant sur l'accès aux
médias, etc.