GESTION DE LA FILIÈRE BOIS AU
GABON
Un
Observatoire pour évaluer la contribution du
secteur à l'économie nationale
Le projet de mise en place de
cet instrument a été présenté, mercredi dernier,
aux opérateurs économiques du secteur, aux ONG
et aux représentants de la société civile par
Mme Viviane Nguéma Magnagna, conseiller
économique du ministre de l'Economie forestière,
en présence du titulaire au poste, Emile Doumba.
LE ministère de l'Economie
forestière a présenté avant-hier dans la salle
de réunion dudit département, le projet de
création de l'Observatoire économique de la
filière bois (OEFB) dans notre pays. C'était en
présence, entre autres, des organisations
professionnelles et des opérateurs économiques
de ce secteur.
C'est Mme Viviane Nguema
Magnagna, conseiller économique du ministre de
l'Economie forestière, qui a édifié l'assistance
sur les objectifs réels du projet, le contexte
qui motive sa mise en place et les attentes
vis-à-vis des opérateurs économiques.
L'économie nationale étant
basée essentiellement sur la production
pétrolière, une matière première en déclin, le
gouvernement, suivant les orientations du
président de la République, a compris le
nécessitée la diversifier. Ce, en exploitant
d'autres ressources susceptibles de maintenir le
pays sur la voie du développement.
Et le secteur bois, considéré
comme étant le deuxième employeur national après
la fonction publique, est une richesse sur
laquelle l'on compte. De fait, le projet de
création de l'OEFB part du constat selon lequel
l'accès aux statistiques de base de la filière
est difficile.
Ainsi l'Observatoire
devrait-il aider à collecter, unifier et traiter
les informations pertinentes (production,
exportations,chiffres d'affaires, consommations
intermédiaires), afin de déterminer avec
précision la valeur ajoutée du secteur dans
l'économie nationale, et de pouvoir procéder à
une analyse conjoncturelle régulière. Mieux, cet
instrument devrait permettre de restituer les
informations collectées, sous une forme qui
contribuerait à nourrir la réflexion sur le
secteur, pour une meilleure visibilité (à moyen
et long termes) de l'évolution économique de ce
secteur.
Pour le patron de l'Economie
forestière, Emile Doumba, "L'objectif est de
parvenir à une projection économique à court,
moyen et long termes, grâce à un diagnostic
partagé et un processus participatif entre les
diverses parties prenantes", à savoir les
organisations non gouvernementales, la société
civile, l'administration, les opérateurs privés
et les partenaires au développement.
Il s'agit donc de mettre en
place une structure nationale co-gérée avec le
secteur privé, en vue d'apporter des
informations économiques de nature à permettre
au gouvernement d'orienter efficacement ses
décisions et d'améliorer ainsi la gouvernante du
secteur.
NÉGOCIATIONS FISCALES •
Sur la base des statistiques mises à sa
disposition, l'OEFB évaluera la contribution de
la filière bois à l'économie gabonaise. Il
proposera, ensuite, le diagnostic du secteur
réunissant les indicateurs fiables dans le but
d'une hypothèse partagée entre le secteur privé
et les administrations.
Enfin, il soumettra aux
autorités publiques et du secteur privé, un
outil d'aide à la décision, dans le cadre des
négociations fiscales, de politique de quotas à
l'exportation de grumes ou d'attribution de
nouveaux permis forestiers. Le président de la
République, a rappelé le ministre Doumba,
déclarait le 14 septembre dernier à la cité de
la Démocratie, que "l'exploitation de la
forêt doit se faire avec beaucoup de
préoccupations et de sagesse, en raison des
enjeux capitaux qu'elle renferme".
Si, au-delà des limites
nationales, cet outil ambitionne de devenir une
référence en matière d'expertise économique de
la filière bois dans la sous-région du Bassin du
Congo, l Observatoire bénéficiera du concours
d'éminents centres d'analyses économiques à
travers le monde, notamment ceux de
l'Organisation internationale du bois tropicaux
(OIBT), du Centre international de recherches
agronomiques et de développement, ainsi que de
l'Institut national de recherches agronomiques.
La contribution volontaire
des opérateurs économiques du secteur est
également importante. "Cet instrument ne doit
être nullement considéré comme un gendarme
inquisiteur de l'intimité des opérateurs"; a
assuré le ministre. Qui a informé que
l'Observatoire visera trois objectifs majeurs.
Le premier objectif est
économique compte tenu du fait le bois est, pour
le gouvernement, l'un des secteurs devant
justement prendre le relais du pétrole. Le
deuxième est écologique, en ce sens qu'il sera
le meneur instrument pour éviter une
exploitation anarchique et sauvage de notre
forêt.
Enfin, le troisième objectif
a trait aux finances, notamment pour les
forestiers, du fait que la formulation de leurs
politiques d'investissement ne peut se faire
sans une vision à moyen et long termes de ce
secteur. Les analyses et projections que les
forestiers Fourniront, permettront de mieux
cerner la santé économique globale et de les
situer par rapport aux indicateurs économiques
de la filière.
Ces analyses et projections,
seront, à en croire Emile Doumba, "une source
déterminante" pour les investisseurs potentiels.
Les opérateurs économiques, qui disposeront d'un
outil d'intelligence et d'expertise économique
qui leur permettra de mesurer leur contribution
à l'économie nationale, pourront, en définitive,
peser de tout leur poids dans la définition des
grandes orientations nationales pour lesquelles,
grâce à l'Observatoire, ils deviendront des
interlocuteurs incontournables.