APRÈS LA DÉCLARATION DU
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Les ONG
accusent le ministère des Mines d'être
responsable de l'incompréhension actuelle
Ce département ministériel est
celui qui aurait "dénaturé" les étapes de la
conduite de ce dossier, car l'Environnement et
l'Economie forestière auraient dû être associés.
Ce manque de coopération expliquerait notamment,
selon Marc Ona, l'absence d'une étude d'impact
du barrage hydro-électrique prévu sur l'Ivindo
et d'une étude de faisabilité sur les emplois
que générerait l'exploitation de la mine de fer
de Bélinga.
LOIN de vouloir contredire le
chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba qui a
récemment présenté les contours réels de
l'exploitation du fer de Bélinga et les
nécessités de développement y relatives, les ONG
gabonaises luttant pour la préservation de la
nature, ont tenu à préciser leurs démarches lors
du point presse organisé hier, au siège de
Brainforest.
"Nous ne souhaitons pas
engager une quelconque polémique avec les
pouvoirs publics. Nous voulons éclairer
l'opinion nationale et internationale sur
l'importance de ce projet et attirer leur
attention sur certains points", a affirmé, le
Coordinateur Environnement-Gabon et PWYP Gabon,
Marc Ona Essangui.
Ce dernier a rappelé que les
ONG ne sont pas les ennemis du développement du
pays".
Selon M. Ona, il est
question, non pas de s'opposer aux projets de
développement du Gabon, mais de proposer une
approche garantissant la sécurité de
l'exploitation de la ressource et son apport
dans l'amélioration des conditions de vie des
populations. "D'ailleurs, en tant que utilisateurs
quotidiens d'objets en fer ou contenant
du fer, nous ne pouvons pas demander
l'abandon de l'exploitation du fer! Idem
pour le bois ou toute autre ressource". Leur
unique souci est de "savoir comment cette
exploitation sera menée".
Reconnaissant au président de
la République sa volonté de mettre en place une
vraie politique de développement durable, la
Coordination voudrait que les lois nationales
(en particulier concernant les études d'impact
préalables et la législation sur les parcs)
soient respectées. Et si cela n'a pas été fait
jusqu'ici, c'est parce que "quelqu'un a fauté",
a clamé Marc Ona.
Pour ce collectif, le
responsable serait le ministère des Mines.
Partant, les ONG s'interrogent sur "les
compétences techniques et le professionnalisme
du ministère des Mines".
Pour celles-ci, soit le
personnel de ce département "est incompétent",
soit il "possède des intérêts personnels dans
ce dossier. Mais nous préférons ne pas envisager
cette possibilité car ce serait leur faire
offense et surtout cela irait à l'encontre de la
volonté du président de la République de mettre
en place un développement durable du Gabon"
soit il "est naïf" parce qu'il s'est
laissé entraîner "par son enthousiasme pour
ce grand projet".
De plus, avance la
coordination des ONG environnementales, ce
dossier aurait été traité sans l'implication des
autres départements ministériels concernés.
"Ce dossier devrait concerner non seulement les
Mines mais l'Environnement et l'Economie
Forestière". D'où l'absence d'une étude
d'impact du barrage hydroélectrique prévue sur
l'Ivindo.
En outre les ONG s'étonnent
que le ministère des Mines ait, au cours de la
rencontre du 14 septembre, mentionné des études
de faisabilité relatives à la construction du
barrage et à la création d'emplois dont
personne, hormis le département ministériel
concerné, n'avait encore entendu parler. Ces
entités souhaitent donc que "les Mines
rendent publique l'étude de faisabilité et la
source des chiffres annoncés le 14 septembre
dernier".