FAIT DIVERS
Un
réseau résumé des coupeurs de câbles
téléphoniques démantelé par la DGR
Deux Libanais, un Français, un
Chinois, un Indien et cinq Gabonais sont
actuellement détenus et interrogés par la
Direction générale de recherche (DGR): Ils sont
soupçonnés d'appartenir à un réseau de commerce
frauduleux des fils téléphoniques de Gabon
Télécom.
UNE partie du réseau présumé
des coupeurs de câbles téléphoniques sévit ces
derniers temps, à Libreville et Owendo, vient
d'être démantelée par les éléments de la
Direction générale des recherches (DG R).
Les dix personnes
appréhendées (deux Libanais, un Français, un
Chinois, un Indien et cinq Gabonais) sont
soupçonnées de sectionner puis de revendre le
cuivre contenu dans les câbles téléphoniques de
Gabon Télécom.
Par cet acte délictueux, ces
présumés malfrats auraient ainsi privé plus de
mille (1000) abonnés du téléphone fixe et
d'Internet et causé à Gabon Télécom des dégâts
matériels se chiffrant en millions de francs.
Selon l'enquête menée (et
toujours en cours) par la DGR, c'est une chaîne
bien organisée qui a été mise sur pied. Cela va
du sabotage des lignes jusqu'à l'exportation du
précieux métal vers l'Europe et l'Asie, les deux
principales destinations.
Selon les explications d'un
des enquêteurs, les câbles étaient sectionnés de
jour comme de nuit par des jeunes gabonais. Ces
derniers, sur commande, les vendaient à des
sujets libanais basés à Nkembo et Mindoumbé. A
leur tour, ces commerçants dont le chef de file
se nomme Mohamed Ali, les revendaient à un
certain Arnaud Christophe, sujet français,
propriétaire de la Société gabonaise des
matériaux réunis de l'Estuaire (SGMRE),
spécialisé dans l'exportation de ferraille vers
l'Europe et l'Asie. C'est ce dernier, qui serait
la branche commerciale à l'export du réseau.
L'enquête a également relevé
l'implication de ressortissants chinois venus à
l'origine, faire de l'agriculture. Mais par
manque d'activités, certains se seraient
recyclés dans le commerce frauduleux du cuivre.
L'un deux aurait déjà été déféré au parquet de
Libreville.
COMFLICITE ? • Lors des
différentes interrogations les présumés coupeurs
de câbles ont évidemment niés les faits qui leur
sont reprochés. Ils arguent que les rouleaux de
cuivre qui ont été découverts chez eux, ne
provenaient pas des lignes téléphoniques de
Gabon Télécom, mais plutôt de la récupération
faite auprès de sociétés de la place ou dans la
décharge publique de Mindoubé.
Les câbles de Gabon Télécom
ne nous intéressent pas il n'y a rien dedans.
Pas de cuivre. Nous ne vendons pas ça "s'est
justifié le ventripotent Mohamed Ali.
Selon Arnaud Christophe et
son associé indien, sa société implantée au
Gabon depuis 6 ans, n'a jamais rencontré, dans
le passé ce genre de problèmes. Ses revendeurs
(les deux ressortissants libanais) lui auraient
toujours garanti que le matériel livré n'avait
aucune provenance douteuse.
Sauf que des câbles
appartenant à Gabon Télécom ont bel et bien été
découverts dans sa société par les enquêteurs..
Ces gens (ndlr : les
revendeurs libanais) nous ont garanti que dans
cette marchandise, il n y avaitpasdeprobléne5.
Comme sont souvent des gens qui ont des marchés
avec nous, des petits contrats, on leur a fait
confiance " a expliqué l'entrepreneur français
installé depuis 23 ans au Gabon.
Toutefois, l'existence à
proprement parler d'un lien étroit et de nature
délictuelle entre ces différentes personnes,
reste encore à prouver dans les faits.
Le suspect arrêté en flagrant
délit, il y a deux semaines à Sainte-Marie (lire
l'Union du mardi 11 septembre) nie
catégoriquement appartenir à ce réseau. Il dit
avoir voulu tout simplement aider des soeurs
commerçantes, en récupérant des câbles déjà
sectionnés, qu'elles utiliseraient pour attacher
le... manioc.
Les enquêtes qui se
poursuivent, vont très certainement confirmer ou
infirmer les déclarations des présumés
coupables. Selon certains agents, le réseau
pourrait s'étendre jusqu'à l'intérieur du pays.
Des sources parlent même de
la complicité, voire de l'implication de
certains agents de Gabon Télécom.
Le cerveau des revendeurs
libanais et un certain Fofana, auraient affirmé
- avant de se rétracter - qu'ils étaient
régulièrement livrés par... des agents de Gabon
Télécom.
Affaire à suivre.