UNION DES RETRAITÉS DU GABON
L'Etat
suspend les virements des pensions des retraités
Devant l'ampleur du désastre
et au regard de la sensibilité du problème dont
les conséquences sociales sont dangereuses, le
président, Samuel Ntoutoume Ndzeng, a lancé
dernièrement un "SOS Union des retraités du
Gabon" destiné à mobiliser les pouvoirs dans
l'optique de lever cette décision de suspension.
Une mesure inopportune juridiquement et qui
cause des préjudices aussi bien aux retraités
qu'à la Banque.
SI dans les jours qui
viennent, les démarches entreprises par l'Union
des retraités du Gabon n'aboutissent pas à la
levée de la suspension de la pension des
retraités de l'Etat, la situation pourrait
s'avérer dramatique pour ces derniers. En fait
de "choses qui s'arrangent" il s'agit de la
levée de la mesure de suspension des pensions
qui les frappe depuis le mois d'août dernier.
En effet, en se rendant à
leurs banques respectives pour toucher leurs
pensions, quelle ne fut pas leur surprise de
constater que leurs dus ont été bloqués! Ils ont
pensé de prime abord qu'il s'agissait d'une
plaisanterie de mauvais goût. Mais devant
l'inflexibilité des agents aux guichets, ils
vont réaliser qu'il ne s'agit nullement d'une
blague. C'est dire que pour ce mois d'août
2007,les agents retraités de la Fonction
publique n'ont pas perçu leurs émoluments de la
retraite et partant, connaîtront une période de
vie des plus difficiles.
Raison avancée par les
banquiers pour cette suspension de virement des
pensions: des instructions reçues des autorités
du ministère des Finances, et notamment de la
Trésorerie générale requérant des agents
retraités de fournir un "Certificat de vie".
A-t-on décelé dans le
registre des retraités de la Fonction publique
des "Retraités fantômes"? En tout cas, la
forme n'a pas été mise dans la démarche choisie.
Pour le président de l'Union des retraités du
Gabon (URG), M. Samuel Ntoutoume-Ndzeng, "ce
n'est que par un communiqué diffusé dans l'Union
du 06 août que l'on demandait aux retraités de
fournir à la banque le certificat de vie. Etant
entendu que la date limite pour le mois d'août
était fixée au lendemain soit le 07août 2007.
Allez-y comprendre quelque chose..."
En attendant, la vie de ces
personnes dont la plupart font partie du 3e âge
est loin d'être "rosé". En témoignent les
nouvelles de plus en plus alarmantes qui font
état de trop de désagréments auxquels
s'ajoutent, entre autres préjudices, les
maladies et les décès. "Parce que se rendre à
la banque pour percevoir son argent afin de
résoudre ses problèmes, et s'entendre dire que
votre traitement est suspendu, est une
éventualité trop traumatisante, un choc
psychologique qui peut être fatal pour certains",
reconnaît leur président.
Devant l'ampleur du désastre
et au regard de la sensibilité du problème, dont
les conséquences sociales sont considérables, le
président Samuel Ntoutoume Ndzeng a lancé
dernièrement un "SOS Union des retraités du
Gabon" destiné à mobiliser les pouvoirs dans
l'optique de lever cette décision de suspension.
Dans le même esprit, il a adressé deux recours
gracieux, aussi bien au ministre d'Etat en
charge des Finances qu'au Trésorier payeur
général afin que soit résolu cet épineux
problème. "Mais en l'état actuel des choses,
reconnaît le président de l'URG, cette démarche
si elle est légale et adaptée, n'est pas la plus
opportune; car, dans le cas du recours gracieux,
il faut attendre 120 jours pour des réponses
concrètes. Or à l'allure où vont les choses avec
le lot d'exaspération, en 120 jours beaucoup de
choses regrettables,
Peuvent se passer; notamment
la dégradation de la santé, l'expulsion des
maisons pour non satisfaction du loyer,
non-subvention aux besoins familiaux primaires
et cela intervenant à l'orée de la rentrée
scolaire, devinez les tracasseries auxquelles
nous allons faire face, si nous tenons
jusque-là... ", a ajouté Ntoutoume Ndzeng.
Dans les lettres de recours
gracieux aux responsables des Finances, tout
comme dans celle qu'il a adressée dernièrement,
au président du conseil d'administration de la
BICIG, le responsable de l'Union des retraités
du Gabon, n'a pas manqué de relever que
"cette mesure semble inopportune juridiquement,
au vu des procédures en vigueur en matière des
ayant droits prévus par la loi." En ce qui
concerne l'institution bancaire, il a reconnu
que cette décision de suspension était
"doublement préjudiciable à la Banque et à nous,
intéressés, notamment ceux qui avons bénéficié
d'un prêt à l'appui d'une
Attestation de virement irrévocable de cette
pension, délivrée par le Trésorier payeur
général."
Ntoutoume Ndzeng devait
ensuite déplorer : de constater que le service
juridique de la BICIG s'il en existe, est resté
indifférent face à cette situation et n'utilise
pas cette preuve pour faire respecter les
engagements pris par le Trésorier payeur général
au vu de cette Attestation évoquée ci-dessus."
De l'avis de l'URG, puisque
la procédure de mise a la retraite d'un agent de
l'Etat comporte un certain nombre d'actes
juridiques qui ont été régulièrement accomplis
lorsque celui-ci avait bénéficié de sa pension,
et si la Trésorerie générale constate que les
pièces antérieures sont devenues caduques, il
était judicieux qu'il saisisse son chef
hiérarchique pour qu'une décision soit prise par
un arrêté ministériel conjoint des Finances et
de la Fonction publique pour normaliser leur
situation ; le tout précédé d'une large
diffusion.
En attendant que cette
association intente une action en justice à
travers la saisine des tribunaux compétents, ses
responsables militent pour une démarche de
sauvetage afin de garantir la paix sociale.