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Le quotidien l'Union du 11 Septembre 2007

 

OWENDO / AKOURNAM II

A nouveau des barricades !

Depuis hier, la circulation est compromise dans ce quartier d'Owendo où les habitants sont sujets à une poussée d'adrénaline en raison de l'état de dégradation avancée de leur route.

LES habitants d'Akournam II avaient promis de remettre "ça" si leurs revendications n'étaient pas satisfaites. Hier très tôt le main, ils ont, à nouveau, érigé des barricades sur la route, notamment à l'intersection dite "Carrefour Sanou" qui partage la voie principale en deux bretelles, dont l'une va vers la Centrale de la SEEG et l'autre à l'usine à bois de Rougier.

C'est justement à cet endroit stratégique pour asphyxier non seulement les entités économiques sus-indiquées mais également les populations qui habitent le quartier et doivent se rendre chaque matin à leur travail que les habitants ont placé le "garrot". Au coeur de leur mécontentement, l'état de dégradation très avancée de la voie qui traverse le quartier dans toute sa longueur ; problème sur lequel viennent se greffer d'autres préoccupations tout aussi vitales comme les réseaux d'eau et d'électricité.

Avec l'absence de l'eau et de l'électricité la situation de la route est l'autre grande "plaie" qui affecte le quotidien des habitants d'Akournam II. Leur exaspération devant ce état de choses avait culminé, il n'y a pas longtemps, avec un important mouvement d'humeur - le premier - qui s'était traduit, lui aussi, par l'érection des barricades sur la voie publique. Outre les barricades, les manifestants, pour démontrer leur détermination, avaient creusé de profondes tranchées.

Trois jours durant, le quartier s'était transformé en un camp retranché. La circulation des véhicules (aussi bien particuliers que clandos) étant devenue impossible, les habitants vont faire alors la dure expérience de longues marches à pied avec des charges sur la tête. Ces difficultés n'étaient pas de nature à tempérer la résolution des manifestants pour qui la situation de la route d'Akournam II relevait d'une véritable conspiration contre les populations résidentes. Pour étayer cette thèse, ils ne manquaient pas de démontrer que les routes plus récentes comme celles d'Alenakiri et d'Akournam I sont aujourd'hui bel et bien bitumées. Pour avoir bénéficié de la bienveillante attention des pouvoirs publics, elles font aujourd'hui la fierté des habitants de ces quartiers.

Mais, pourtant inscrite au même titre que ces dernières au nombre des investissements à réaliser au compte des fêtes tournantes de ... 2006, la route d'Akournam II a été, une fois encore, oubliée. Bien plus, il semble que les écueils se multiplient sur la voie menant à cette réalisation. A preuve, le frémissement vécu l'année dernière comme le début d'une vraie solution, lorsque les travaux de réfection de la route du lycée technique national Omar Bongo franchirent les limites de cet établissement, s'est estompé depuis longtemps. D'ailleurs, la timidité avec laquelle ces travaux étaient menés comportait une grille de lecture qui ne trompait personne : "Ces travaux n'iront pas loin. Vous verrez qu'ils vont bientôt s'arrêter...", disait-on désabusé. Ce pessimisme ambiant s'est concrétisé. A peine arrivés à l'entrée de l'ENIL (Ecole normale des Instituteurs de Libreville), le chantier s'arrêta.

Pourtant pour ces travaux, tous les matériaux avaient été stockés par l'entreprise adjudicataire (Socoba) en face de la gare routière d'Akournam. comme pour entretenir un peu d'espoir chez les populations, les engins avaient gratté la voie et ses accotements jusqu'à proximité de la brigade de gendarmerie, avant de disparaître pour de bon. Depuis, la colère, d'abord sourde, allait s'amplifiant à mesure que la route se dégradait chaque jour.

Et puis comme s'ils s'étaient passé le mot, les jeunes d'abord, puis les adultes ensuite, se sont engagés dans la revendication radicale qui, bien que frisant l'incivisme, bénéficie d'une adhésion tacite des populations. "Ici, la route, c'est notre talon d'Achille, nos voitures, pourtant acceptables qui nous permettent de nous rendre à notre gagne-pain en transportant les gens sont gaspillées à cause de l'état de la route. Nous les avons tant rafistolées, qu'actuellement, nous sommes à bout", lâche, dépité un enseignant. Et un autre de renchérir : "Nous ne pouvons pas accepter qu'alors que la province de l'Estuaire abrite les fêtes tournantes l'unique route d'un aussi grand quartier soit négligée."

Pour circonscrire ce premier mouvement d'humeur, les autorités avaient invité les manifestants à la compréhension. Surtout, à ce qu'il semble, d'après les confidences glanées auprès de quelques-uns, la promesse d'un début rapide des travaux dès le lendemain des manifestations leur aurait été faite. Trois semaines après la fête du 17- Août, cette promesse se révèle un belle feinte. D'où, comme ils l'avaient menacé, la présence des barricades.

Les manifestants réclament le bitumage de leur route. Car, comme d'autres quartiers de la ville d'Owendo, Ie leur dispose d'entités économiques dignes de retenir l'attention des pouvoirs publics.

 

Source : Journal L'Union Plus du 11/09/2007

 

 



   

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