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Le quotidien l'Union du 11 Septembre 2007

 

AFFAIRE GABON - TÉLÉCOM - LIBERTIS

Le gouvernement soucieux des préoccupations du personnel

Responsables du ministère de l'Economie et des Finances et de Gabon Télécom, s'emploient à trouver des solutions aux problèmes posés par les agents en service au sein de la société de télécommunications, avant la fin du processus de privatisation prévue en fin octobre.

LE gouvernement Eyéghé Ndong, qui sort peu à de la crise politico-juridique née des manœuvres orchestrées par certains compatriotes et anciens responsables de Gabon Télécom et de Libertis, pour remettre en cause la cession de ces deux entreprises à Maroc Télécom, filiale du groupe Vivendi, est soucieux des préoccupations du personnel, dont un petit groupe a organisé un mouvement d'humeur, hier lundi 10 septembre 2007, à leur siège à Angondjé, dans la banlieue nord de Libreville.

Le ministère de l'Economie et des Finances, qui a en charge la gestion du processus de privatisation, s'est employé à assainir le climat au sein des entreprises, en enjoignant à la direction générale Gabon Télécom, notamment son directeur général, Mostapha Laarabi, de tout mettre en oeuvre pour maintenir les acquis sociaux du personnel et de trouver les solutions à leurs préoccupations. Lesquels, portent, entre autres, sur l'inscription dans le Pacte d'actionnaires de Gabon Télécom (article 4.2.8) de la clause engageant le gouvernement à ordonner à l'inspection du travail qu'elle ne s'oppose à aucun plan complémentaire de réduction d'effectifs, laquelle met, selon eux, en danger les emplois des agents. Mais aussi sur l'entrave à l'action syndicale par la Direction générale marocaine qui ne privilégie pas, selon le groupuscule de grévistes, le dialogue social, l'inexistence de la couverture médicale ainsi que la persistance du problème du non versement des cotisations CNSS, privant les travailleurs des prestations sociales auxquelles ils y ont droit.

ETONNEMENT• Une fois ces préoccupations portées à l'attention du ministre délégué auprès du ministre d'État à l' Economie et aux Finances, Alexandre Barro Chambrier, en charge du dossier, dans une correspondance datée du 7 août 2007, le ministre d'État Paul Toungui, avait reçu M. Laarabi, pour l'instruire de l'urgence de plancher sur ces questions sociales assez sensibles. L'objectif étant de maintenir les acquis sociaux du personnel et d'éviter que le climat social quelque peu apaisé au sein desdites sociétés ces derniers temps, ne s'alourdisse, avec pour conséquence directe de freiner l'élan amorcé pour obtenir de meilleures performances.

Une orientation suivie par la direction de Gabon Télécom, qui avait pris l'engagement d'examiner les voies et moyens de répondre aux attentes du personnel. Cette volonté exprimée devant le ministre d'État aux Finances a débouché sur un travail préliminaire engagé avec le gros du personnel, dont les inquiétudes fondées étaient relatives aux questions sociales, notamment, la couverture médicale. La mutuelle étant tombée en faillite depuis plusieurs mois, des discussions sérieuses ont été ouvertes avec des sociétés de courtage d'assurance, laisse entendre une source au fait du dossier.

Une perspective prometteuse pour l'ensemble du personnel qui devrait pouvoir, à nouveau, bénéficier d'ici peu des prestations sociales suspendues à cause de la situation de faillite dans laquelle était plongée l'entreprise, avant son rachat par le groupe marocain. Celle-ci étant il faut le dire, la conséquence de la mauvaise gestion et de la gabegie qui ont prévalu au sein desdites entreprises, naguère fleurons en matière de télécommunications et de téléphonie mobile dans le pays.

FAILLITE Hier, Mostafa Laarabi n'a pas caché son étonnement devant la réaction 'une vingtaine d'agents du syndicat sur les 1300 employés que compte la société. far, ces derniers ont bloqué l'accès à l'immeuble abritant le siège social de la société, empêchant ainsi un grand nombre d'agents d'exercer leur droit de travailler. Des méthodes radicalement contraires à l'état d'esprit général qui règne au sein de l'entreprise, ou, l'on indique, pourtant, que des solutions sont en voie d'être trouvées. "Tous les problèmes sont entrain d'être résolus"; a-t-il dit, comme pour rassurer le personnel.

Pour ce faire, il souhaite, tout en étant ouvert au dialogue social, crue l'on laisse l'entreprise qui gagne en crédibilité, négocier dans la sérénité avec ses partenaires et autres institutions. La période sombre ayant prévalu avant et depuis le déclenchement des manoeuvres visant l'obstruction du processus devant être lointaine. Car, après le refus des prestataires, fournisseurs, banques de discuter avec une société qui était devenue quasiment insolvable, il apparaît clairement que de gros efforts ont été faits depuis plusieurs mois pour redorer le blason terni.

Effectivement, la situation de Gabon Télécom, n'était pas saine. Loin s'en faut. Les premières constatations faites au terme du premier audit commis avaient révélé l'existence d'une entreprise en quasi -cessation de paiement. Elle ne pouvait plus régler les salaires du mois de février dernier sans la subvention de l'État, ni payer ses fournisseurs. Elle était également confrontée à des difficultés persistantes pour arrêter ses comptes, à telle enseigne, que même après la vente, il aura fallu plusieurs mois pour boucler état financier de l'année 2006. Pis, elle vivait largement au-dessus de ses moyens (véhicules de fonction, dotations téléphoniques illimitées pour certains responsables, frais de missions exorbitants pour d'autres. Sans oublier la pléthore de directeurs (26 à Gabon Télécom et 40 conseillers), les sur-effectifs persistants, des investissements en grande partie fantaisistes et une dette beaucoup plus importante que celle annoncée par les équipes dirigeantes.

Aujourd'hui, la perspective de fin du processus de privatisation d'ici fin octobre prochain, devant intervenir après l'évaluation par un Cabinet comptable du nombre exact d'abonnés Libertis, la filiale de Gabon Télécom, amène la direction générale de Gabon Télécom et le gouvernement, via le ministère de l'Economie et des Finances, à envisager le bout du tunnel dans un dossier qui aura suscité beaucoup de passions, remous et réactions diverses dans l'opinion gabonaise et même marocaine. Surtout que l'épilogue Juridique se profile avec rendu attendu de la Cour constitutionnelle dans l'affaire Gabon Télécom-Libertis.

 

Source : Journal L'Union Plus du 11/09/2007

 

 



   

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