APPUI AU RENFORCEMENT DES
CAPACITÉS DES PARCS NATIONAUX
Le
Galbon en passe de rater le don GEF
Alors qu'un délai de 18 mois
avait été donné par la Banque mondiale aux
autorités gabonaises pour remplir les
conditionnalités inhérentes à l'obtention de ce
don, rien n indique à l'approche de la dame
limite, le 28 septembre prochain, que le Gabon
va remplir cette obligation.
LA Banque mondiale a consenti
au Gabon un prêt de politique de développement
(DPL) dont on ignore jusqu'ici le montant.
Celui-ci vise l'appui au renforcement des
capacités et la gestion des parcs nationaux. En
outre, notre pays a été élu pour l'obtention, au
titre du don GEF du Fonds pour l'environnement
mondial (FEM), d'un montant de 10 millions de
dollars (environ 5 milliards de francs).
Si l'argent est disponible à
la Banque mondiale aussi bien le prêt DPL que le
don GEF ), sa mise à disponibilité aux autorités
gabonaises est soumise à un certain nombre de
conditionnalités. Pour ce qui est du prêt du
DPL, la Banque mondiale a demandé aux autorités
gabonaises de l'inscrire dans la loi de
finances. Ce qui semble-t-il avait été fait,
sauf que lors de la révision de cette loi des
finances, ce volet a curieusement disparu sans
que l'on en sache véritablement les raisons. En
dépit des observations qui ont été faites quant
à cette inscription budgétaire, les choses ne
sont pas encore rentrées dans l'ordre. Et les
conséquences de cette lenteur peuvent coûter au
Gabon la perte de ce prêt d'autant plus que pour
des raisons presque similaires, la partie
gabonaise avait demandé extension de ce prêt.
COQUILLE• Cette
conditionnalité n'est pas la seule à être exigée
par la Banque mondiale, car le Gabon est tenu de
recruter un assistant technique pour la gestion
financière et comptable. A ce qu'il semblerait,
celui-ci a été identifié, il ne reste plus que
la signature de la convention en vue de la
finalisation de cette conditionnalité. Il y a
aussi comme conditionnalité, le règlement des
arriérés des anciens projets (un reliquat de 50
millions de francs), la mise en place du plan
socio-environnement, la finalisation des termes
de références et des contrats avec les ONG
partenaires d'exécution du projet et surtout la
création de 'Agence nationale des parcs
nationaux qui est non seulement une des
conditionnalités pour le prêt DPL, mais
constitue la principale en ce qui concerne le
don GEF.
La création de l'Agence
nationale des parcs nationaux doit se traduire
par la promulgation de la loi sur les parcs
nationaux dont le vote au Parlement avait fait
l'objet de la mise en place d'une commission
paritaire entre le Sénat et l'Assemblée
nationale. Etant donné que la loi avait été
votée dans les deux chambres en des termes non
identiques. Mais depuis on attend toujours la
promulgation qui tarde à venir. On parle d'une
coquille qui se serait glissée dans le texte et
qui serait à l'origine du blocage. En effet,
dans le texte proposé par le ministère de l'Economie
forestière et voté au Parlement, l'article 31 de
la mouture ministérielle fait état de ce que "le
Comité de gestion est présidé par le ministre en
charge des parcs nationaux..." Une disposition
qui heurte, à l'évidence, les dispositions de
l'article 41 de la loi 11/82 portant régime
juridique des établissements publics, des
sociétés d'Etat, des sociétés d'économie mixte
et des sociétés à participation financière
publique, laquelle dispose que la présidence du
conseil d'administration ou du conseil de
gérance d'un établissement public, d'une société
d'Etat, d'une société d'économie mixte ou d'une
société à participation financière publique est
incompatible avec l'exercice des fonctions
gouvernementales lorsque la tutelle technique ou
financière de ms organismes relève du
département dont le ministre ou secrétaire
d'Etat en cause, a la charge..."
RESPECTER LES EXIGENCES•
Soit, mais pourquoi jusque-là le Parlement
n'a-t-il pas encore résolu ce couac afin que la
Gabon entre en possession de ce don dont on
imagine l'importance pour la gestion des parcs
nationaux ? A quelques trois semaines de
l'expiration du délai imparti, peut-on croire à
un miracle ? En tout cas si le Gabon veut
véritablement l'aide de la Banque mondiale et le
don GEF, il se doit de toute évidence de tout
faire pour respecter les exigences de ses
partenaires au développement.
Il n'y a pas très longtemps,
le ministre de l'Economie forestière déclinait
aux députés et aux sénateurs la politique que
compte mener son département dans les cinq
prochaines années, il s'agissait du programme
forêt, pêche environnement (PFPE) qui avait été
élaboré pour corriger les dysfonctionnements des
filières bois, pêche et environnement de la
première phase menée en 2004 avec un certain
nombre de partenaires à savoir la Banque
mondiale, la Banque africaine de développement (BAD),
l'Union européenne (UE) et l'Agence française de
développement (AFD). Cette correction visait au
dire du ministre l'impulsion d'une nouvelle
dynamique pour à la fois contribuer à la
diversification de l'économie gabonaise et
favoriser la création d'un grand nombre
d'emplois. L'on sait que la décision prise par
le président de la République en vue de la
création d'aires protégées est salutaire en ceci
qu'une mine d'emplois pourrait en découler.
Pourvu qu'on en prenne conscience.