A partir de
là, on est en droit de s'étonner de l'écho
amplifié par des nombreux titres de la
presse nationale et régionale ainsi que de
certains organes de l’audiovisuel français.
Au regard de la nature et de la banalité de
l'incident, on est davantage surpris par
l'ampleur qui lui a été donnée par des
confrères français visiblement hypnotisés
par le patronyme Bongo Ondimba que portait
l'un des Gabonais interpellé.
Bien que
transféré au commissariat du 8ème
arrondissement, l'identité précise de ce
compatriote n’a jamais été révélée par la
presse française qui s est plutôt
littéralement déchaînée pour entretenir
l’amalgame et jeter l’opprobre sur la
personne du chef de l’Etat. Lequel sera
vicieusement présenté par ces confrères
comme étant le père de l’interpellé tout en
sachant parfaitement qu’il n’en est que le
grand-père. Les intérêts du moment
commandant l’impasse sur la véracité des
faits pour que l’édulcoration ainsi imposée
fasse prospérer le dénigrement d’un homme
détesté et haï par un groupe. Et la vérité ?
Et la sacralité des faits ? Elles ne peuvent
naturellement surclasser les objectifs d’une
mission qui ne manque pas de clarté comme
celle d’avilir un homme.
Le choix de
la désinformation ne souffre ici d’aucune
lacune. Tout comme on ne saurait sincèrement
contester le fait d’une mission. Ce n’est
pas un hasard que quinze titre, dirigés par
des journalistes de référence, reprennent la
même information pour la traiter en des
termes quasi-identiques. Là, il ya matière à
se poser des questions, surtout lorsque ce
traitement enjambe la sacro-sainte règle de
vérification de toute information avant sa
publication. Qu’un titre ou deux, pour des
raisons diverses, se trompent, on peut le
comprendre. Mais quinze...
Il n est pas
interdit de se tromper en journalisme. Mais
honnêteté intellectuelle impose au confrère
de reconnaître son erreur et de rectifier le
tir. Depuis trois jours, les confrères
savent parfaitement qu’ils ont désinformé,
mais ils s'obstinent à ne pas s’amender.
C'est à ce niveau que l'on sort du
journalisme pour entrer dans ce qui
s'apparente à un véritable mercenariat
intellectuel. Et dans ce registre, le
vocable "excuse" est totalement proscrit.
Toute
corporation évoluant dans un contexte
juridique et politique, il est étonnant
d'observer l'attitude des autorités
françaises, pourtant au fait de cette
désinformation ainsi que la désinvolture de
la presse française. Pas une seule
initiative de Paris pour se démarquer de ce
qui pour nous passe pour une provocation de
plus. Et qui ne devrait pas rester comme les
précédentes.
C'est
l'occasion de rappeler à nos propres
autorités que l'honneur de la famille est
avant tout l’affaire des fils. Quand le
mercenariat intellectuel s’infiltre dans des
rédactions étrangères pour ternir l’image,
non seulement du chef de l'Etat, mais du
Gabon, il appartient à la diplomatie
gabonaise de refixer les bornes.