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Le quotidien l'Union du 6 Septembre 2007

 

EDITORIAL

Journalisme ou mercenariat intellectuel ?

 

 Albert YANGARI

UN certain nombre d’articles de la presse française ont complaisamment repris en écho, un incident survenu sur les Champs Elysées à Paris, dans la nuit du vendredi 31 août au samedi 1er septembre. De quoi s agit-il ? D'une affaire andine et banale mettant en cause de jeunes Africains, parmi lesquels quelques Gabonais au sortir, après une nuit joyeuse, d'une discothèque parisienne. Comme on en enregistre partout dans le monde, une altercation les opposera à des agents de la police française présents aux abords.

A partir de là, on est en droit de s'étonner de l'écho amplifié par des nombreux titres de la presse nationale et régionale ainsi que de certains organes de l’audiovisuel français. Au regard de la nature et de la banalité de l'incident, on est davantage surpris par l'ampleur qui lui a été donnée par des confrères français visiblement hypnotisés par le patronyme Bongo Ondimba que portait l'un des Gabonais interpellé.

Bien que transféré au commissariat du 8ème arrondissement, l'identité précise de ce compatriote n’a jamais été révélée par la presse française qui s est plutôt littéralement déchaînée pour entretenir l’amalgame et jeter l’opprobre sur la personne du chef de l’Etat. Lequel sera vicieusement présenté par ces confrères comme étant le père de l’interpellé tout en sachant parfaitement qu’il n’en est que le grand-père. Les intérêts du moment commandant l’impasse sur la véracité des faits pour que l’édulcoration ainsi imposée fasse prospérer le dénigrement d’un homme détesté et haï par un groupe. Et la vérité ? Et la sacralité des faits ? Elles ne peuvent naturellement surclasser les objectifs d’une mission qui ne manque pas de clarté comme celle d’avilir un homme.

Le choix de la désinformation ne souffre ici d’aucune lacune. Tout comme on ne saurait sincèrement contester le fait d’une mission. Ce n’est pas un hasard que quinze titre, dirigés par des journalistes de référence, reprennent la même information pour la traiter en des termes quasi-identiques. Là, il ya matière à se poser des questions, surtout lorsque ce traitement enjambe la sacro-sainte règle de vérification de toute information avant sa publication. Qu’un titre ou deux, pour des raisons diverses, se trompent, on peut le comprendre. Mais quinze...

Il n est pas interdit de se tromper en journalisme. Mais honnêteté intellectuelle impose au confrère de reconnaître son erreur et de rectifier le tir. Depuis trois jours, les confrères savent parfaitement qu’ils ont désinformé, mais ils s'obstinent à ne pas s’amender. C'est à ce niveau que l'on sort du journalisme pour entrer dans ce qui s'apparente à un véritable mercenariat intellectuel. Et dans ce registre, le vocable "excuse" est totalement proscrit.

Toute corporation évoluant dans un contexte juridique et politique, il est étonnant d'observer l'attitude des autorités françaises, pourtant au fait de cette désinformation ainsi que la désinvolture de la presse française. Pas une seule initiative de Paris pour se démarquer de ce qui pour nous passe pour une provocation de plus. Et qui ne devrait pas rester comme les précédentes.

C'est l'occasion de rappeler à nos propres autorités que l'honneur de la famille est avant tout l’affaire des fils. Quand le mercenariat intellectuel s’infiltre dans des rédactions étrangères pour ternir l’image, non seulement du chef de l'Etat, mais du Gabon, il appartient à la diplomatie gabonaise de refixer les bornes.

 

Source : Journal L'Union Plus du 06/09/2007

 

 



   

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Journalisme ou mercenariat intellectuel?

Pour moi quoi…Makaya
...Il n'y a pas de honte à demander des précisions à de malheureux « laquais » nègres.