SUITE A LA HAUSSE
GENERALISEES DES PRIX
"La situation aurait été
évitée si le gouvernement avait pris
les précautions nécessaires"
Pour le président de l'Organisation gabonaise
des consommateurs, Ibrahim Tsendjiet-Mboulov, la
publication de la liste des cent produits de
première nécessité ou la mise en œuvre d'un
"gasoil pêche" au Gabon, auraient été des
barrières bien utiles pour contrer la hausse
généralisée des prix.
LE Premier ministre a
rencontré, ce vendredi 31 août, les opérateurs
économiques dans le but de parer au plus pressé
devant la hausse généralisée des prix des
produits de première nécessité.
Un micro-trottoir réalisé
par l'Union (dans sa livraison du 31 août) avait
révélé que les consommateurs gabonais
percevaient cette rencontre comme "une réunion
de plus" de laquelle, ils n'attendaient pas
grand chose.
Pour l’Organisation
gabonaise des consommateurs (OGC), le son de
cloche n'est pas si différent. "L’heure n’est
plus aux discours", martèle Ibrahim
Tsendjiet-Mboulou, son président.
Ce dernier affirme que si
les "instructions du chef de l’Etat ( ...)
avaient été depuis longtemps respectées par
l’administration gabonaise, on aurait évité la
hausse des prix actuelle".
Il s'agit d'une situation
d'urgence", affirme M. Tsendjiet-Mboulou. Et à
situation exceptionnelle, mesures
exceptionnelles, précise-t-il.
Pour parvenir à renverser
la tendance, le président de l'OGC avance
plusieurs éléments susceptibles d'aider un
consommateur trop souvent conformiste et des
responsables du commerce à la limite du
dilettantisme.
Ibrahim Tsendjiet-Mboulou
souhaite que le gouvernement publie la liste des
cent produits de première nécessité "qui sont
sous surveillance". Cette publication permettra
au consommateur de contrôler l'évolution de la
mercuriale « comme le président de la République
" avait demandé en 2005. (Car) cette possibilité
assurerai une maîtrise de l'augmentation des
prix et le jeu de la concurrence; se fera plus
aisément".
Pour ramener le prix d'un
produit comme le poisson à des niveaux
acceptables, il faudrait mettre en œuvre l'outil
"gasoil pêche" au Gabon comme cela s'est déjà
fait dans de nombreux pays côtiers, à l'instar
du Congo-Brazza voisin.
L'absence de cet élément,
auquel s'ajoutent les augmentations successives
du prix de ce carburant, minent la trésorerie de
plusieurs armateurs exerçant le long de nos
côtes. "Du coup, au Port-môle, nombreuses sont
les structures qui ont fermé. A l'exception d’un
seul, à savoir APG", s'insurge M. Tsendjiet-Mboulou.
La publication de la liste
des cent produits de première nécessité, la mise
en œuvre d'un 'gasoil pêche" au Gabon, la
révision des certaines taxes douanières, etc,
sont autant d'instruments légaux qui
préviendront, à l'avenir, une hausse de prix,
déconcertante pour les consommateurs et évitable
dans une moindre mesure.
Car la situation présente
a désorienté le consommateur. En moyenne et
selon les marques, l'huile est passée de 750 à
plus de 1200 francs, le lait de 1600 à 2200
francs, le poisson de 1300/kg à 2300 francs/kg.
Et même certains produits qui ne sont pas liés
aux industries laitière et céréalière,
connaissent une augmentation de prix. C'est
ainsi, observe l'Organisation gabonaise des
consommateurs, que le ciment coûte aujourd'hui,
près de 6000 francs contre 5000 francs. Le
contreplaqué se vend désormais 7000 francs au
lieu de 4500 francs. A ces éléments, il convient
d'ajouter les "unités EDAN", certaines marques
de papier, etc.
Pour justifier les hausses
de prix de ce type de produits, il va encore
falloir s'attendre à ce que chacun répète son
petit refrain.