ASSEMBLÉE NATIONALE/CLÔTURE
DES TRAVAUX DU GROUPE PDG
"La
lutte contre la vie chère doit être conduite en
considérant l'économie dans sa globalité"
La hausse des prix étant liée
à des causes exogènes, le ministre délégué aux
Finances, Charles Mba; préconise une prise en
charge de l'économie gabonaise par les
nationaux.
AU deuxième et dernier jour
des travaux de la rentrée politique du groupe
parlementaire PDG à l'Assemblée nationale, le
ministre délégué auprès du ministre de l'Economie,
des Finances, du Budget et de la Privatisation,
Charles Mba s'est présenté hier en matinée, et
pour la seconde fois consécutive, devant les
députés et les sénateurs du parti au pouvoir
pour répondre cette fois-ci à la question :
"Comment lutter contre la vie chère et garantir
la qualité des produits".
"C'est un sujet de grande
importance" a déclaré le député Barnabé Indoumou
Mandoungou qui faisait office de modérateur. Ce
sujet a du reste fait l'actualité, il y a peu, à
la suite de la montée vertigineuse des prix des
produits de première nécessité à l'échelle
planétaire. Et, pour mieux cerner la question
ainsi soumise à sa réflexion, le ministre
Charles Mba a tout d'abord présenté l'état de
l'économie nationale qui est marquée ces
dernières année, a-t-il dit, par une croissance
irrégulière du fait de la baisse de la
production pétrolière. Même si, souligne-t-il,
certains indices laissent penser à une relative
vigueur de l'appareil productif, au regard du
Produit intérieur brut (PIB) qui a enregistré
une hausse des dépenses d'investissement
imputable en grande partie à la croissance des
investissements hors pétrole. Mais aussi à la
consolidation du dynamisme de la consommation
des ménages due à l'augmentation du SMIG en
2006, en dépit de la hausse de certains produits
de consommation. Autant d'indices, accompagnés
de bien d'autres encore qui laissent en effet
faire penser à la vigueur de l'appareil
productif.
Pour autant, l'activité
économique mondiale qui connaît une dégradation,
a pour conséquence immédiate le ralentissement
de la croissance économique mondiale avec pour
incidence l'augmentation des produits importés.
Il s'en est suivie la perte du pouvoir d'achat
que confirme du reste l'augmentation de FIHPC
(l'Indice harmonisé des prix à la consommation)
des ménages.
REVELATION• Comment alors
lutter contre la vie chère dans un environnement
économique international marqué par une crise
financière ? Tout en expliquant ce phénomène qui
pour lui est le fait d'éléments conjoncturels ou
externes, mais aussi de l'étroitesse du marché
gabonais, Charles Mba a décliné un certain
nombre de mesures, notamment sociales, pour y
faire face.
L'une d'elles a consisté à
prendre des textes réglementaires et législatifs
pour encadrer le régime des prix consécutivement
à la signature de la trêve sociale en 2004 entre
les Syndicats et le gouvernement. cette mesure
avait consisté pour l'administration à fixer le
seuil maxima des prix.
Aussi, l'Etat avait-il pris
également quelques autres mesures préventives et
coercitives pour garantir la qualité des
produits consommés sur le marché. Autre mesure
prise par le gouvernement: le blocage des prix
du carburant à la pompe en accordant à la Sogara
une subvention de l'ordre de 108 milliards de
francs sans lesquels, on s'en doute, le prix du
carburant à la pompe aurait été plus élevé qu'il
ne l'est actuellement.
Pour le ministre délégué aux
Finances, "la lutte contre la vie chère ou même
l'inflation doit être conduite en considérant
l'économie dans sa globalité et intégrée dans le
cadre de la lutte contre le sous-développement,
c'est-à-dire cintre le chômage, le sous-emploi,
la fuite des capitaux... D'autant que pour lui
cette lutte contre la vie chère doit être aussi
la lutte pour la valorisation des ressources
nationales.
A la suite de l'exposé du
membre du gouvernement, la parole est revenue
aux parlementaires et au public. L'on retiendra
pour l'essentiel les révélations faites par un
certain nombre de députés sur le fait que l'Etat,
qui dépense plusieurs milliards dans le cadre du
financement de la gratuité de l'eau et de
électricité, ne vérifie pas si les ayants droit
sont bien pourvus en eau et en électricité, il a
été constaté que dans certains quartiers
sous-intégrés plusieurs bénéficiaires passent
des journées entières sans approvisionnement de
ce précieux liquide alors que l'enveloppe
dégagée ne diminue guère. Ils ont même fait des
révélations, lesquelles font état de ce que des
compteurs d'eau tournent quelquefois sans même
qu'on ait ouvert les robinets d'eau. Comment
cela est-il possible ? Le ministre a, tout
simplement, pris acte.