PREMIERE RENCONTRES
AFRIQUE-EUROPE DES HUISSIERS DE JUSTICE
Diagnostic de la profession au
contact des réalités socio-juridiques des pays
africains
Les participants aux assises
de Libreville, regroupant des délégués d'une
vingtaine de pays européens et du
continent, aborderont entre autres questions
liées au statut social de leur corporation et
aux règles d'éthique et de déontologie
auxquelles elle doit s'astreindre.
EN organisant les premières
rencontres entre les huissiers de justice
d'Afrique et ceux d'Europe, la corporation
gabonaise, sous la houlette du président de la
Chambre nationale des huissiers du Gabon, Me
Eliane Oberdeno, souhaite ardemment porter ses
préoccupations au plus haut sommet de l'Etat.
Aussi a-t-elle sollicité le
patronage du président de la République, Omar
Bongo Ondimba, qui a contribué à son
organisation dans la capitale gabonaise qui,
durant trois jours, accueille une bonne centaine
de délégués venus d'une vingtaine des pays du
continent africain et d'Europe. En ouvrant ces
travaux axés autour du thème "L'huissier de
justice entre tradition et modernisme", hier au
palais de conférences de la cité de la
Démocratie, le chef du gouvernement, Jean Eyéghé
Ndong, s'est dit honoré de le représenter,
notant tout l'intérêt accordé au plus haut
sommet de l'Etat.
D'autant qu'il est de la
responsabilité de cet auxiliaire de La justice
en qui il a reconnu l'un des artisans
incontournables concourant à l'authentification
des actes de procédure et la signification
décisions dans le cadre privé et public, de
manifester, avec efficience, l'autorité même de
l'Etat s'appliquant à tous les citoyens sans
exclusive.
C'est en cela, a concédé le
Premier ministre, que la signification des
rendus de justice, par lui notamment, relève de
la continuité de l'action de la puissance
publique.
Forum d'échanges, s'il en
est, ces premières rencontres du genre revêtent,
dès lors, une importance capitale, en ce
qu'elles obligent les participants à la
réflexion sur les évolutions institutionnelles
en cours et autres mutations pour une
collaboration plus efficace avec les composantes
de chaque Etat.
Convaincu que les conclusions
auxquelles ils parviendront en proposant des
pistes pour un meilleur exercice de la
profession, rencontreront tout l'intérêt des
plus hautes autorités pour l'amélioration des
méthodes et procédures de travail au sein de
cette corporation affiliée à l'Union
internationale des huissiers de justice dont il
a salué la présence et félicité les efforts du
président, Me Jacques Isnard.
VOIES DE L'EXCELLENCE •
Pour sa part, le ministre de la justice et garde
des Sceaux, Martin Mabala, conscient des
difficultés auxquelles sont confrontés
dans cet exercice ceux qui le pratiquent dans
notre pays, notamment dans leurs rapports avec
les justiciables et bien au-delà celles
liées à la tarification de leurs actes, s'est
voulu rassurant.
"Mes services, en
collaboration avec ceux des autres ministères
compétents, déploieront leur savoir-faire, afin
qu'une réforme intervienne rapidement dans ce
domaine, en tenant compte bien évidemment des
attentes des uns et des autres", a-t-il indiqué.
Tous ces chantiers, de son
point de vue, ne pourraient avoir une issue
heureuse que si tous ceux qui sont impliqués s'y
mettent avec ardeur, dans le cadre de
l'application de la politique de concertation
permanente prônée par le président de la
République. On attend, au niveau de son
ministère, les premières conclusions de la
commission technique de suivi des travaux de
réformes des textes y relatifs.
Les échanges de Libreville, à
travers ses six ateliers animés par d'éminents
experts, s'est réjouie Me Eliane Oberdeno,
contribueront à améliorer l'expertise des
membres, ainsi qu'a leur progression sur les
voies de l'excellence et de
la compétitivité.
Au diagnostic de l'exercice
de la profession confrontée aux réalités
socio-juridiques des pays africains s'ajouteront
des questions de statut de l'huissier e justice,
des règles d'éthique et de déontologie
auxquelles il doit s'astreindre. C'est dire
l'ampleur de la tâche à laquelle se livreront
les hôtes et les membres de la corporation,
gabonaise dont une des préoccupations est la
question du statut social.
Les nombreuses imperfections
de l'acte uniforme de l'Ohada, publié le 1er
juillet 1998, a annoncé Me Oberdeno, passeront
au révélateur, afin que soient proposées des
réformes appropriées au législateur, précisant
que les modifications souhaitées tiendront
compte de l'esprit communautaire dont font
montre nos pays.
A la suite de Me Oberdeno, le
président de l'Union internationale des
huissiers de justice, Me Jacques Isnard s'est
félicité de l'environnement favorable qu'offre
le Gabon dans la tenue de ces échanges,
qualifiés par lui du plus grand événement
réunissant leurs confrères de deux pôles, en
dehors bien évidemment des congrès réguliers.
Tout le mérite de "cette
prouesse majeure", a-t-il souligné est à mettre
au crédit de la Chambre nationale gabonaise dont
la détermination de celle qui la dirige a
favorisé la venue de divers horizons de ceux qui
ont répondu présent à l'appel de Libreville.
Avec, bien évidemment, le
souci prioritaire de mieux se comprendre, dans
un cadre commun, pour un rapprochement
favorisant l'excellence. C'est en somme, un
ancrage de la profession dans une logique
d'efficacité.
Les travaux en cette deuxième
journée, se poursuivront aujourd'hui, avec
quatre ateliers et quelques interventions à
l'hôtel Laïco, précédant demain les conclusions
(conférences des présidents) assorties de
recommandations.