FAIT DIVERS
Un
piroguier se noie près de Mandji
La semaine dernière, Jérôme
Guity, 49 ans, domicilié à Tsika, un village du
département de Ndolou, a trouvé la mort à
l'embouchure de Nimbié. Selon toute
vraisemblance, le quadragénaire, un handicapé
physique, est tombé dans l'eau au moment où il
tentait de rallier nuitamment son campement. Son
corps a été retrouvé deux jours plus tard
flottant à la surface des eaux.
IL avait l'habitude de se
déplacer à bord de sa pirogue sur la lagune
Nimbiè, qui constitue la meilleure voie entre
les cantons Doubanga et Dourembou, dans le
département de Ndolou (Mandji). Le destin a
voulu aussi qu'il y périsse.. Jérôme Guity, un
homme de quarante-neuf ans, domicilié au village
Tsika, est mort noyé, la semaine dernière, dans
le cours d'eau qui prend sa source dans la
province du Moyen-Ogooué. Son corps a été
retrouvé flottant à la surface des eaux, 48
heures plus tard.
De fait, le quadragénaire
s'est noyé alors qu'il tentait de rallier
nuitamment son campement à bord d'une pirogue
artisanale. Selon toute vraisemblance, Jérôme
Guity a sans nul doute perdu l'équilibre avant
de faire une chute fatale dans la lagune.
Dans une contrée où tout le
monde se connaît, sa mort a plongé les riverains
dans la désolation et la consternation. Et le
fait qu'il avait rendu visite à tous ses voisins
quelques heures avant sa mort n'a fait
qu'amplifier l'émotion et le chagrin.
D'après nos investigations,
le quadragénaire s'était retiré depuis un mois
dans son campement, où il faisait ses travaux
champêtres et produisait du vin de canne à
sucre. II serait sorti lé matin pour écouler son
produit et faire des petites courses. C'est donc
en voulant retourner au campement que Jérôme
Guity a trouvé la mort. II semblerait que ses
voisins du village Omengo lui auraient
déconseillé ce déplacement nocturne sur la
lagune. Mais il se serait obstiné à ramer
nuitamment, s'exposant ainsi au danger.
En fait, tout commence dans
la matinée du ter octobre dernier. Ce jour-là,
il est huit heures lorsque Jérôme décide de
quitter le campement pour se rendre dans son
village de Tsika. Dans sa pirogue: deux
dames-jeannes de 20 litres de vin de canne à
sucre. Lorsqu'il arrive à Omengo, il y marque
une escale pour rendre visite à des proches,
dont son frangin Mavioga et son beau-frère
joseph Diyouma. II profite de cette visite pour
écouler une bonne partie de son "Moussoungou".
Ensuite, il repart pour Tsika
où il va saluer tous ses proches. Pendant ce
temps, sa nièce Albertine Mboumba prépare le
repas de midi. En attendant de passer à table,
l'homme venu du campement écoule le reste - de
son vin. Il passe la journée en compagnie des
siens.
IVRESSE-MANIFESTE •.
Lorsque la maisonnée veut savoir s'il retourne
au campement le soir, le quadragénaire répond
qu'il passe plu tôt la nuit à Tsika, son village
qui lui a manqué une semaine durant. Toute chose
qui amène la famille à prendre des dispositions
pour le dîner. Mais, Guity est un homme
changeant.
A 18 h, il décide de
retourner au campement. Il quitte le village
sans prévenir ses proches dont sa nièce qui ne
constate son absence qu'à l'heure dû dîner. Car,
à 19 h, Jérôme est déjà à Omengo où il a marqué
un arrêt pour prendre un pot avec ses vieux
amis, dont son beau-frère Diyouma à qui il offre
plu sieurs tournées.
Pour terminer la soirée en
beauté, Guity ajoute deux doses de liqueur a la
quantité de vin déjà consommée la journée. Pour
des raisons de sécurité, ses potes lui demandent
de passer la nuit à Omengo et de continuer son
chemin le lendemain matin. Mais Guity ne
l'entend pas de cette oreille. Il tient coûte
que coûte à rentrer chez lui.
Devant l'insistance de ses
hôtes, il décide de se retirer subrepticement.
C'est ainsi qu'il profite d'un moment
d'inattention de ceux-ci pour aller embarquer
dans sa pirogue restée au quai. Lorsque Diyouma
s'en aperçoit, il court vers le débarcadère.
Mais Guity apaise ses inquiétudes, arguant qu'il
a l'habitude de se déplacer nuitamment sur la
lagune à bord de sa pirogue. Pourtant, il est
déjà en état d'ivresse. Joseph Diyouma le
regarde s'éloigner sur la lagune.
Le lendemain matin, une femme
se rendant au champ à bord de son embarcation
aperçoit une pirogue, flottant à la surface des
eaux. Lorsqu'elle s'en approche, elle se rend
compte qu'il s'agit de celle de Jérôme Guity.
Aussitôt, elle alerte tous les habitants du
village. Les recherches effectuées les heures
suivantes ne permettront que de localiser la
pagaie entre les abondantes légumineuses qui
poussent sur les rives. A partir de ce moment,
les riverains sont convaincus de la triste
réalité: un accident est arrivé.
Deux jours plus tard, le
corps de l'infortuné a été retrouvé à la surface
des eaux. Il a, certainement, sombré dans les
eaux après avoir perdu l'équilibre sous
l'emprise de l'alcool. Ce draine est venu
alourdir le climat dans les cantons Dourémbou et
Doubanga où les noyades sont légion. Une semaine
plus tôt en effet, c'est un Ghanéen qui a fait
une chute fatale dans la rivière Dourembou au
niveau du village de Fouanou.